Arminius(16 av. J.-C. — 21)

Arminius

Rome antique

6 min de lecture

MilitairePolitiqueAntiquitéAntiquité romaine, époque du principat d'Auguste (début du Ier siècle ap. J.-C.)

Chef de guerre de la tribu germanique des Chérusques. En 9 ap. J.-C., il anéantit trois légions romaines commandées par Varus dans la forêt de Teutoburg, stoppant durablement l'expansion romaine à l'est du Rhin.

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Questions fréquentes

Arminius était un chef de guerre de la tribu germanique des Chérusques (né vers 16 av. J.-C., mort en 21 ap. J.-C.). Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a infligé à Rome l'une de ses pires défaites en anéantissant trois légions dans la forêt de Teutoburg en 9 ap. J.-C., stoppant durablement l'expansion romaine à l'est du Rhin. Ce qui le rend singulier, c'est qu'il connaissait parfaitement l'armée romaine pour y avoir servi comme officier auxiliaire, ce qui lui permit de retourner ses compétences contre son ancien employeur.

Faits marquants

  • Né vers 16 av. J.-C. au sein de l'aristocratie chérusque
  • Sert comme officier auxiliaire dans l'armée romaine et obtient la citoyenneté romaine et le rang équestre
  • En 9 ap. J.-C., écrase trois légions de Publius Quinctilius Varus à la bataille de Teutoburg
  • Affronte ensuite les campagnes de Germanicus (14-16 ap. J.-C.) sans être définitivement vaincu
  • Meurt vers 21 ap. J.-C., assassiné par des membres de sa propre parenté

Œuvres & réalisations

Coalition des tribus germaniques (vers 8-9 ap. J.-C.)

Arminius réussit à fédérer plusieurs tribus rivales (Chérusques, Bructères, Marses…) contre Rome, exploit politique rare chez les Germains.

Victoire de la forêt de Teutoburg (9 ap. J.-C.)

Destruction de trois légions romaines, l'une des plus grandes défaites de l'histoire de Rome, qui fixa durablement la frontière au Rhin.

Résistance aux campagnes de Germanicus (15-16 ap. J.-C.)

Lors des batailles d'Idistaviso et du Mur des Angrivariens, Arminius parvient, malgré des revers, à empêcher la reconquête romaine de la Germanie.

Victoire sur Maroboduus (vers 19 ap. J.-C.)

Arminius défait le puissant roi marcoman Maroboduus, affirmant son ascendant sur les peuples germaniques de la région.

Héritage du mythe national germanique (postérité)

Redécouvert à la Renaissance sous le nom d'« Hermann », Arminius devint au XIXe siècle un symbole de l'unité allemande, célébré par le monument du Hermannsdenkmal.

Anecdotes

Avant de devenir l'ennemi de Rome, Arminius servit dans l'armée romaine comme officier auxiliaire et reçut même la citoyenneté romaine ainsi que le rang de chevalier. Il connaissait donc parfaitement les tactiques de l'adversaire qu'il allait vaincre.

En l'an 9 ap. J.-C., Arminius attira les légions de Varus dans la forêt de Teutoburg en feignant une révolte lointaine. Les Romains, étirés sur des kilomètres dans un terrain boisé et marécageux, furent massacrés pendant trois jours : Varus se suicida en se jetant sur son épée.

L'historien Suétone rapporte que l'empereur Auguste, en apprenant la catastrophe, se cogna la tête contre les murs en s'écriant : « Quintilius Varus, rends-moi mes légions ! ». Les numéros de ces trois légions (XVII, XVIII et XIX) ne furent plus jamais réattribués.

Le propre beau-père d'Arminius, le chef pro-romain Ségeste, le dénonça à Rome et tenta de le livrer. Arminius enleva alors la fille de Ségeste, Thusnelda, qui devint sa femme : enceinte, elle fut plus tard capturée par les Romains et exhibée lors du triomphe de Germanicus.

Arminius ne fut pas tué par les Romains mais assassiné vers 21 ap. J.-C. par des membres de sa propre parenté, qui craignaient qu'il ne cherche à devenir roi des Germains. Tacite écrit qu'il fut « sans conteste le libérateur de la Germanie ».

Sources primaires

Tacite, Annales, livre II (vers 116 ap. J.-C.)
Il fut sans conteste le libérateur de la Germanie ; il défia le peuple romain non à ses débuts, comme d'autres rois et chefs, mais en pleine puissance de l'Empire.
Velleius Paterculus, Histoire romaine, livre II (vers 30 ap. J.-C.)
Arminius, fils de Sigimer, chef de cette nation, jeune homme noble, vaillant de sa main, vif d'esprit, d'une intelligence supérieure à celle d'un barbare.
Suétone, Vie d'Auguste, XXIII (vers 121 ap. J.-C.)
On rapporte qu'il fut si abattu qu'il se laissa pousser la barbe et les cheveux pendant des mois, et qu'il se cognait parfois la tête contre les portes en criant : « Varus, rends-moi mes légions ! »
Dion Cassius, Histoire romaine, livre LVI (début du IIIe siècle ap. J.-C.)
Les Romains avançaient au milieu des bois, abattant des arbres, construisant des routes et jetant des ponts là où il le fallait. Une pluie violente et un vent fort les dispersèrent et les rendirent incapables de marcher.

Lieux clés

Forêt de Teutoburg (Kalkriese)

Site présumé de l'embuscade de 9 ap. J.-C. où Arminius anéantit trois légions romaines ; des fouilles à Kalkriese y ont mis au jour armes et ossements.

Territoire des Chérusques (Germanie)

Région boisée entre la Weser et l'Elbe où vivait la tribu d'Arminius, cœur de la résistance germanique à Rome.

Rome

Capitale de l'Empire où le jeune Arminius servit dans l'armée et reçut la citoyenneté, et où sa femme Thusnelda fut exhibée lors du triomphe de Germanicus.

Rhin (frontière romaine)

Fleuve qui devint, après Teutoburg, la frontière durable entre l'Empire romain et la Germanie libre.

Idistaviso (vallée de la Weser)

Plaine près de la Weser où Arminius affronta les légions de Germanicus en 16 ap. J.-C. lors des campagnes punitives romaines.

Voir aussi