Anton Bruckner(1824 — 1896)

Anton Bruckner

empire d'Autriche, Cisleithanie

6 min de lecture

MusiqueCompositeur/tricePédagogueXIXe siècleEurope romantique de la seconde moitié du XIXe siècle, marquée par l'essor de la grande symphonie post-beethovénienne et l'influence de Richard Wagner sur la musique germanique.

Compositeur et organiste autrichien de la période romantique, Anton Bruckner est célèbre pour ses neuf symphonies monumentales et ses œuvres sacrées. Profondément catholique, il a marqué la musique symphonique par son ampleur et sa ferveur religieuse.

Questions fréquentes

Anton Bruckner (1824–1896) est un compositeur et organiste autrichien, figure majeure du romantisme tardif. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a poussé la symphonie à des dimensions monumentales après Beethoven, en y intégrant une ferveur religieuse profonde. Moins connu que Wagner ou Brahms, il a pourtant marqué l'histoire par ses neuf symphonies, dont la Septième et la Huitième, et par ses œuvres sacrées comme le Te Deum. Sa musique, ample et lumineuse, fait dialoguer la tradition liturgique et l'orchestre moderne, ce qui la rend unique.

Faits marquants

  • Né en 1824 à Ansfelden (Autriche), mort en 1896 à Vienne
  • Organiste de la cathédrale de Linz à partir de 1856, réputé pour ses talents d'improvisation
  • Professeur de composition et d'orgue au Conservatoire de Vienne à partir de 1868
  • Auteur de neuf symphonies, la Neuvième restée inachevée à sa mort
  • Compositeur de grandes œuvres sacrées : trois messes et un Te Deum (1884)

Œuvres & réalisations

Symphonie n° 4 « Romantique » (1874-1880)

L'une de ses symphonies les plus jouées, évoquant chevauchées et forêts par ses appels de cors. Elle illustre son style ample et lumineux.

Symphonie n° 7 en mi majeur (1881-1883)

Œuvre de la consécration, dont l'adagio fut composé en hommage à Wagner mourant. Sa création à Leipzig en 1884 fit enfin connaître Bruckner.

Symphonie n° 8 en ut mineur (1884-1890)

Vaste fresque sonore souvent considérée comme son chef-d'œuvre symphonique, par son ampleur et sa puissance.

Symphonie n° 9 en ré mineur (1887-1896)

Dédiée « au bon Dieu », elle resta inachevée à sa mort. Son finale manquant en fait une œuvre testamentaire bouleversante.

Te Deum (1884)

Grande œuvre sacrée pour solistes, chœur et orchestre, expression flamboyante de sa foi catholique. Bruckner l'estimait parmi ses plus réussies.

Messe n° 3 en fa mineur (1867-1868)

Imposante messe pour solistes, chœur et orchestre, sommet de sa musique religieuse à la croisée de la tradition liturgique et du symphonisme.

Quintette à cordes en fa majeur (1879)

Rare incursion de Bruckner dans la musique de chambre, dont l'adagio est particulièrement admiré.

Anecdotes

Anton Bruckner était d'une humilité extrême et d'une grande maladresse sociale. Lorsqu'il dirigeait, il lui arrivait de glisser un pourboire dans la main d'un chef d'orchestre célèbre comme Hans Richter pour le remercier, ne comprenant pas qu'on ne paie pas ainsi un maître. L'anecdote, rapportée par Richter lui-même, montre sa naïveté désarmante.

Bruckner souffrait d'une véritable obsession du chiffre et du dénombrement : il comptait compulsivement les fenêtres des bâtiments, les perles des lustres ou les notes de ses partitions. Cette manie, que les médecins d'aujourd'hui rapprochent d'un trouble obsessionnel, le poussait aussi à dater et numéroter méticuleusement tout ce qu'il écrivait.

Si attaché à la perfection qu'il révisait sans cesse ses symphonies, Bruckner a laissé plusieurs versions de presque chacune d'elles. Cela vient en partie de ses doutes personnels, mais aussi des conseils pressants d'élèves et d'amis qui le poussaient à couper et modifier ses œuvres, créant un casse-tête pour les chefs d'orchestre encore aujourd'hui.

Fervent admirateur de Richard Wagner, Bruckner lui dédia sa Troisième Symphonie. La légende raconte qu'il aurait demandé à Wagner laquelle de ses deux symphonies proposées il préférait, et qu'il oublia ensuite laquelle avait été choisie, écrivant à Wagner : « la symphonie où la trompette commence le thème ? »

Sa Neuvième Symphonie, qu'il dédia « au bon Dieu » (« dem lieben Gott »), resta inachevée à sa mort en 1896. Bruckner travailla au finale jusqu'à son dernier jour, et on retrouva des esquisses sur sa table de travail. L'œuvre est aujourd'hui jouée le plus souvent en trois mouvements.

Sources primaires

Dédicace de la Neuvième Symphonie (1896)
Bruckner dédia sa dernière symphonie « dem lieben Gott » (« au bon Dieu »), témoignant de la ferveur catholique qui imprégnait toute son œuvre.
Lettre de Bruckner à Richard Wagner (1873)
Désireux de dédier sa Troisième Symphonie à Wagner, Bruckner lui écrivit pour lui demander son accord, l'appelant son « maître inaccessible et célèbre dans le monde entier ».
Te Deum, partition autographe (1884)
Bruckner inscrivit en tête de son Te Deum la formule de gratitude envers Dieu, œuvre qu'il considérait comme l'une de ses plus accomplies et qu'il proposait comme finale possible de sa Neuvième.

Lieux clés

Ansfelden

Village de Haute-Autriche où Anton Bruckner naquit en 1824, fils d'un instituteur et organiste de village.

Monastère de Saint-Florian

Abbaye augustinienne où Bruckner fut choriste, puis organiste ; lieu fondateur de sa vie spirituelle et musicale, où il repose aujourd'hui sous l'orgue.

Linz

Ville où Bruckner fut organiste de la cathédrale à partir de 1855 et composa ses premières grandes œuvres.

Vienne

Capitale autrichienne où Bruckner enseigna au Conservatoire et à l'université, composa la plupart de ses symphonies, et mourut en 1896.

Leipzig

Ville allemande où la création triomphale de sa Septième Symphonie en 1884 lui apporta la consécration internationale.

Bayreuth

Cité wagnérienne où Bruckner se rendit en pèlerinage musical, vouant une admiration sans bornes à Richard Wagner.

Voir aussi