Aretê de Cyrène

Arétê de Cyrène

PhilosophiePhilosopheAvant J.-C.Grèce antique, Ve-IVe siècle avant J.-C., période classique contemporaine de Platon et Aristote

Philosophe grecque du Ve siècle av. J.-C., fille d'Aristippe de Cyrène, fondateur de l'école cyrénaïque. Elle aurait enseigné la philosophie et dirigé l'école après son père, formant notamment son fils Aristippe le Jeune. Rare exemple de femme philosophe reconnue dans l'Antiquité grecque.

Faits marquants

  • Fille d'Aristippe de Cyrène, fondateur de l'école cyrénaïque (IVe siècle av. J.-C.)
  • Aurait enseigné la philosophie à Cyrène, ville grecque d'Afrique du Nord (actuelle Libye)
  • Mère d'Aristippe le Jeune, dit Métrodidacte ('enseigné par sa mère'), ce qui témoigne de son rôle pédagogique
  • Diogène Laërce lui attribue une quarantaine d'ouvrages, aujourd'hui perdus
  • Considérée comme l'une des rares femmes philosophes reconnues dans l'Antiquité

Œuvres & réalisations

Traités philosophiques (perdus) (IVe siècle av. J.-C.)

Diogène Laërce mentionne qu'Arétê aurait rédigé des œuvres philosophiques. Aucune n'a survécu, mais leur existence atteste d'une activité intellectuelle écrite remarquable pour une femme de l'Antiquité.

Enseignement oral de la doctrine cyrénaïque (IVe siècle av. J.-C.)

Arétê transmit oralement les principes du cyrénaïsme — la recherche du plaisir présent et la maîtrise des passions — à plus d'une centaine de disciples selon les sources antiques.

Formation d'Aristippe le Jeune (Mètrodidaktos) (IVe siècle av. J.-C.)

Sa contribution la plus durable fut l'éducation philosophique de son fils Aristippe le Jeune, qui perpétua l'école cyrénaïque. Son surnom 'enseigné par sa mère' est un témoignage unique dans l'histoire de la philosophie antique.

Anecdotes

Selon Diogène Laërce, Arétê de Cyrène aurait enseigné la philosophie à plus de cent dix élèves au cours de sa vie. Ce chiffre, bien que difficile à vérifier, témoigne de la réputation intellectuelle qu'elle s'était forgée dans le monde grec antique, à une époque où l'enseignement philosophique était presque exclusivement réservé aux hommes.

Son fils, Aristippe le Jeune, reçut une telle éducation philosophique de sa mère qu'il fut surnommé 'Mètrodidaktos', c'est-à-dire 'celui qui a été enseigné par sa mère'. Ce surnom, transmis par l'Antiquité, est un témoignage rare de la reconnaissance accordée à une femme en tant qu'éducatrice philosophique.

Arétê est mentionnée comme ayant rédigé des ouvrages philosophiques, ce qui la place parmi les très rares femmes de l'Antiquité grecque dont on retient une activité d'écriture intellectuelle. Diogène Laërce cite son nom parmi les philosophes ayant laissé des écrits, même si aucun de ses textes n'a survécu jusqu'à nous.

Elle aurait pris la direction de l'école cyrénaïque après la mort de son père Aristippe, assurant ainsi la transmission d'une pensée philosophique centrée sur le plaisir présent et la maîtrise de soi. Cette succession est exceptionnelle : dans l'Antiquité grecque, la direction d'une école philosophique passait rarement à une femme.

Sources primaires

Vies et doctrines des philosophes illustres, Livre II — Diogène Laërce (IIIe siècle apr. J.-C.)
Aristippe eut une fille nommée Arétê, qui fut elle-même mère d'Aristippe le Jeune, surnommé Mètrodidaktos parce qu'il avait été instruit par sa mère.
Stromates, Livre IV — Clément d'Alexandrie (Fin IIe – début IIIe siècle apr. J.-C.)
Arétê de Cyrène, fille d'Aristippe, fut philosophe et enseigna à de nombreux disciples les doctrines de son père.
Épistles socratiques (corpus pseudo-épistolaire) (Époque hellénistique (IIIe-Ier siècle av. J.-C.))
Parmi les correspondants d'Aristippe mentionnés dans ce corpus, Arétê apparaît comme interlocutrice philosophique, ce qui reflète sa position au sein de l'école cyrénaïque.

Voir aussi