Aristophane

Aristophane

444 av. J.-C. — 384 av. J.-C.

Athènes

LettresAvant J.-C.Grèce antique classique, Ve-IVe siècle av. J.-C.

Aristophane est le principal représentant de la comédie grecque ancienne, auteur d'une quarantaine de pièces dont onze nous sont parvenues. Ses œuvres mêlent satire politique, critique sociale et fantaisie poétique. Il a mis en scène avec humour les conflits de son époque, notamment la guerre du Péloponnèse.

Citations célèbres

« Sous les plaisanteries se cachent souvent de graves vérités. »
« La vieillesse est un second enfance. »

Faits marquants

  • Né vers 444 av. J.-C. à Athènes
  • A écrit environ 40 pièces de théâtre, dont 11 conservées
  • Les Nuées (423 av. J.-C.) tourne en dérision Socrate et les sophistes
  • Lysistrata (411 av. J.-C.) met en scène des femmes refusant la guerre du Péloponnèse
  • Mort vers 384 av. J.-C., contemporain de Socrate et Platon

Œuvres & réalisations

Les Acharniens (Acharneis) (425 av. J.-C.)

Première comédie conservée, qui remporte le premier prix aux Lénéennes. Un paysan athénien conclut une paix séparée avec Sparte, témoignant du désir de paix populaire face aux partisans de la guerre.

Les Cavaliers (Hippeis) (424 av. J.-C.)

Satire féroce du démagogue Cléon, représenté sous les traits d'un vendeur de saucisses. La pièce remporte le premier prix et constitue l'attaque politique la plus directe qu'Aristophane ait jamais écrite.

Les Nuées (Nephelai) (423 av. J.-C.)

Comédie qui tourne en dérision Socrate et les sophistes, accusés de corrompre la jeunesse par leur enseignement relativiste. Bien que n'ayant obtenu que la troisième place, c'est l'une des œuvres les plus connues et les plus débattues d'Aristophane.

Les Guêpes (Sphèkes) (422 av. J.-C.)

Satire du système judiciaire athénien et de la passion des vieux citoyens pour les jurys populaires, facilement manipulables par les démagogues. La pièce met en scène un conflit de générations entre un père juré obsessionnel et son fils réformateur.

La Paix (Eirene) (421 av. J.-C.)

Comédie représentée quelques jours avant la signature de la Paix de Nicias, dans laquelle un paysan s'envole sur un scarabée géant pour libérer la déesse Paix prisonnière de la guerre. Elle exprime le soulagement populaire devant la fin des hostilités.

Lysistrata (411 av. J.-C.)

Chef-d'œuvre pacifiste dans lequel les femmes grecques des deux camps font la grève du sexe pour contraindre leurs maris à faire la paix. Pièce d'une audace exceptionnelle, jouée en pleine reprise des hostilités après le désastre sicilien.

Les Oiseaux (Ornithes) (414 av. J.-C.)

Considérée comme la plus poétique des comédies d'Aristophane, deux Athéniens convaincuent les oiseaux de fonder une cité idéale entre la terre et les dieux. La pièce est une utopie fantaisiste autant qu'une satire de l'impérialisme athénien.

Les Grenouilles (Batrachoi) (405 av. J.-C.)

Comédie dans laquelle Dionysos descend aux Enfers pour ramener Euripide mais finit par choisir Eschyle après un débat littéraire. La pièce est un document précieux sur la critique littéraire antique et remporta un succès tel qu'elle fut rejouée.

Anecdotes

Aristophane a osé se moquer ouvertement de Cléon, le démagogue athénien le plus puissant de son époque, dans sa comédie Les Cavaliers (424 av. J.-C.). Cléon était si redouté que personne ne voulait fabriquer le masque le représentant pour la pièce — Aristophane dut se maquiller lui-même pour jouer le rôle.

Dans sa pièce Lysistrata (411 av. J.-C.), Aristophane imagine que les femmes d'Athènes et de Sparte refusent toute relation amoureuse avec leurs maris tant que la guerre du Péloponnèse ne sera pas terminée. Cette fantaisie audacieuse, jouée en plein conflit, est considérée comme l'un des premiers textes pacifistes de l'histoire littéraire.

Aristophane était visiblement fasciné par son contemporain Socrate, qu'il caricature dans Les Nuées (423 av. J.-C.) comme un charlatan flottant dans les airs, enseignant à ses élèves à raisonner de façon tordue. Platon rapporte que Socrate assistait lui-même à la représentation, debout dans le théâtre pour que le public puisse comparer l'original à la caricature.

Dans Les Grenouilles (405 av. J.-C.), Aristophane met en scène le dieu Dionysos descendant aux Enfers pour ramener le poète Euripide. Il y intègre un véritable débat littéraire entre Eschyle et Euripide, jugés sur la qualité de leurs vers avec une balance — une façon unique de faire de la critique littéraire en comédie.

Aristophane est l'un des rares auteurs antiques dont l'œuvre nous est parvenue en quantité significative : onze comédies complètes sur la quarantaine qu'il aurait écrites. Cette conservation exceptionnelle s'explique par l'usage de ses pièces dans l'enseignement grammatical grec et byzantin pendant des siècles.

Sources primaires

Les Nuées (Nephelai) (423 av. J.-C.)
Socrate : 'Je marche dans les airs et je contemple le soleil.' Strepsiade : 'Et depuis ton panier, tu méprises les dieux ?' Socrate : 'Je ne pourrais pas découvrir les phénomènes célestes si je ne suspendais ma pensée dans les hauteurs.'
Lysistrata (411 av. J.-C.)
Lysistrata : 'Nous devons nous abstenir de tout — écoutez-moi — de tout rapport avec nos maris. Pourquoi me regardez-vous ? Où allez-vous ? Vous froncez les sourcils et vous secouez la tête ? Que signifie ce changement de couleur ? Pourquoi ces larmes ? Accepterez-vous ou non ?'
Les Grenouilles (Batrachoi) (405 av. J.-C.)
Eschyle : 'Dis-moi quel principe tu estimes le plus dans un poète.' Euripide : 'L'habileté et la sagesse, et que nous rendions les hommes meilleurs dans leurs cités.' Eschyle : 'Si tu n'as pas accompli cela, mais que tu as fait des hommes honnêtes des pervers, quelle peine mérites-tu ?'
La Paix (Eirene) (421 av. J.-C.)
Trygée : 'Ô Paix très chère, ô toi la plus douce des divinités, comme ton visage m'est cher ! Comme il est doux, comme il exhale une odeur suave ! Une odeur qui me va droit au cœur, une odeur de liberté, de fêtes, de théâtre, de mariage !'
Les Cavaliers (Hippeis) (424 av. J.-C.)
Chœur : 'Allons, vieux peuple, couronné de violettes — car tu mérites bien de l'être — écoute le plus beau des hommes et le plus dévoué à tes intérêts. Il affirme avoir à cœur quelque chose d'utile pour la ville.'

Lieux clés

Théâtre de Dionysos, Athènes

Lieu où furent créées toutes les comédies d'Aristophane, adossé au flanc sud de l'Acropole, pouvant accueillir jusqu'à 17 000 spectateurs. C'est ici que la démocratie athénienne se rassemblait pour rire, mais aussi pour réfléchir aux critiques politiques du poète.

Agora d'Athènes

Place publique centrale de la cité où se côtoyaient marchands, philosophes, politiciens et citoyens — le cœur de la vie démocratique athénienne que mettait en scène Aristophane. C'est là que Socrate enseignait en déambulant, cible favorite des satires comiques.

Acropole d'Athènes

Colline sacrée dominant la ville, ornée du Parthénon construit sous Périclès, symbole de la puissance et de la gloire athénienne qu'Aristophane célébrait autant qu'il critiquait ses dirigeants. Elle apparaît dans Lysistrata comme lieu de l'occupation des femmes.

Égine (île)

Île proche d'Athènes où Aristophane possédait vraisemblablement des terres, selon des sources antiques. Cette propriété rurale reflète l'attachement du poète au monde paysan et à la vie simple loin des intrigues politiques de la cité.

Sparte (Lacédémone)

Cité rivale d'Athènes, ennemie principale pendant la guerre du Péloponnèse, constamment évoquée dans les comédies d'Aristophane comme repoussoir ou, parfois, comme modèle de simplicité. Dans Lysistrata, les femmes spartiates s'allient aux Athéniennes pour obtenir la paix.

Colline de la Pnyx, Athènes

Lieu de réunion de l'Assemblée du peuple (Ekklesia) athénienne, où les citoyens votaient les lois et décisions militaires. Aristophane y set plusieurs scènes politiques et se servait de ce cadre familier à son public pour amplifier ses satires.

Voir aussi