Art Blakey(1919 — 1990)

Art Blakey

États-Unis

6 min de lecture

MusiqueXXe siècleÂge d'or du jazz américain (be-bop, hard bop) de l'après-guerre à la fin du XXe siècle

Batteur de jazz américain, figure majeure du hard bop. Il fonde et dirige pendant plus de trente ans les Jazz Messengers, formation qui révéla de nombreux jeunes musiciens devenus des grands noms du jazz.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est qu'Art Blakey (1919-1990) n'était pas seulement un batteur phénoménal : il fut le fondateur et le pilier des Jazz Messengers, un groupe qui a servi de tremplin à des générations de musiciens. Contrairement à un simple chef d'orchestre, Blakey voyait son groupe comme une école : il recrutait de très jeunes talents — comme Wayne Shorter, Lee Morgan ou Wynton Marsalis —, les formait sur scène, puis les laissait voler de leurs propres ailes. Ce qui distingue Blakey, c'est cette double casquette de musicien explosif et de passeur infatigable, qui a façonné le son du hard bop pendant plus de trente ans.

Faits marquants

  • Né en 1919 à Pittsburgh (Pennsylvanie) et mort en 1990 à New York
  • Cofonde les Jazz Messengers en 1954-1955, qu'il dirige jusqu'à sa mort
  • Pionnier du hard bop, style mêlant be-bop, blues et gospel
  • Forme des générations de musiciens : Wayne Shorter, Freddie Hubbard, Wynton Marsalis, etc.
  • Se convertit à l'islam dans les années 1940 et adopte le nom d'Abdullah Ibn Buhaina

Œuvres & réalisations

Les Jazz Messengers (fondation) (1955)

Plus qu'un orchestre, une école du jazz dirigée pendant trente-cinq ans, qui révéla des dizaines de futurs grands noms.

A Night at Birdland (1954)

Concerts live captés au Birdland, considérés comme un acte de naissance enregistré du hard bop.

Orgy in Rhythm (1957)

Album d'exploration des percussions, où Blakey réunit plusieurs batteurs et puise dans les rythmes africains et afro-cubains.

Moanin' (1958)

Album emblématique au thème gospel question-réponse signé Bobby Timmons ; un immense succès, notamment en France.

The Big Beat (1960)

Album avec le trompettiste Lee Morgan et le saxophoniste Wayne Shorter, parmi les meilleures recrues des Messengers.

Free for All (1964)

Sommet d'intensité et d'énergie du hard bop, témoin de la fougue de la batterie de Blakey.

Anecdotes

Enfant à Pittsburgh, Art Blakey apprend d'abord le piano et joue dans les clubs dès l'adolescence. Il aimait raconter qu'un soir, un patron de boîte de nuit l'aurait forcé à céder le piano à un autre musicien (le futur grand Erroll Garner) et à passer derrière la batterie. Vraie ou enjolivée, l'histoire dit bien comment ce pianiste est devenu l'un des plus grands batteurs du jazz.

Vers la fin des années 1940, Blakey s'intéresse à l'islam et aux cultures d'Afrique. Il adopte le nom d'Abdullah Ibn Buhaina, et ses musiciens le surnommeront affectueusement « Bu » pendant toute sa carrière.

Pendant plus de trente-cinq ans, Blakey recrute de très jeunes musiciens dans ses Jazz Messengers, leur offre leur première grande scène, puis les laisse voler de leurs propres ailes une fois mûrs. Wayne Shorter, Lee Morgan, Freddie Hubbard, Benny Golson ou Wynton Marsalis y ont fait leurs classes : on surnomme le groupe « l'université du hard bop ».

Blakey est célèbre pour un coup de batterie spectaculaire, un long roulement de caisse claire qui enfle comme une vague (le « press roll ») pour relancer les solistes. Son jeu était si puissant qu'on disait pouvoir l'entendre jusqu'au fond des clubs, même sans microphone.

En 1959, le cinéaste français Roger Vadim fait appel à Blakey et aux Jazz Messengers pour une partie de la musique de son film « Les Liaisons dangereuses ». Le jazz américain rencontre ainsi le cinéma français, et les Messengers seront accueillis triomphalement lors de leurs tournées en France.

Sources primaires

Album live « A Night at Birdland, Vol. 1 », Blue Note (21 février 1954)
Présenté sur scène comme « the fabulous Art Blakey Quintet », Blakey y dirige Clifford Brown, Lou Donaldson, Horace Silver et Curly Russell : l'un des premiers documents enregistrés du hard bop naissant.
Propos d'Art Blakey sur les Jazz Messengers (entretiens et presse jazz) (années 1970-1980)
« I'm gonna stay with the youngsters. When these get too old, I'll get some younger ones. » (Je reste avec les jeunes ; quand ceux-là seront trop vieux, j'en prendrai d'autres plus jeunes.)
Citation attribuée à Art Blakey sur le pouvoir de la musique (non daté)
« Music washes away the dust of everyday life. » (La musique balaie la poussière du quotidien.)
Documentaire « Art Blakey: The Jazz Messenger » de Dick Fontaine (1987)
Film qui suit Blakey en tournée et le montre transmettre son métier aux jeunes musiciens des Jazz Messengers, témoignage direct de son rôle de passeur.

Lieux clés

Pittsburgh (Pennsylvanie, États-Unis)

Ville natale de Blakey, où il apprend la musique et débute comme pianiste avant de passer à la batterie.

Birdland, New York

Club mythique nommé d'après Charlie « Bird » Parker, où Blakey enregistre en 1954 des concerts fondateurs du hard bop.

Studio de Rudy Van Gelder, Englewood Cliffs (New Jersey)

Studio légendaire du label Blue Note où Blakey et les Messengers gravèrent nombre de leurs albums.

Afrique de l'Ouest

Région que Blakey explore à la fin des années 1940, nourrissant son intérêt pour l'islam et les rythmes africains.

New York (États-Unis)

Capitale du jazz où Blakey vécut l'essentiel de sa carrière et où il mourut en 1990.

Voir aussi