Compositeur franco-suisse (1892-1955), membre du Groupe des Six, Arthur Honegger est l'auteur de Pacific 231 et du Roi David. Son œuvre mêle modernisme et spiritualité.
Arthur Honegger(1892 — 1955)
Arthur Honegger
Suisse, France
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je ne suis pas un musicien qui fait de la musique pour faire de la musique.»
Faits marquants
- Né le 10 mars 1892 au Havre, de parents suisses
- Intègre le Groupe des Six en 1920 aux côtés de Milhaud, Poulenc et Auric
- Compose Pacific 231 en 1923, évocation musicale d'une locomotive
- Écrit Le Roi David (1921), oratorio qui lui vaut une renommée internationale
- Décède à Paris le 27 novembre 1955
Œuvres & réalisations
Psaume dramatique pour récitant, chœurs et orchestre sur un texte de René Morax. Chef-d'œuvre révélant Honegger au monde entier, il illustre parfaitement sa capacité à marier spiritualité chrétienne et modernisme musical.
Pièce orchestrale inspirée des locomotives à vapeur, symbole du machinisme et de l'énergie de l'ère industrielle. Œuvre phare du modernisme des années 1920, elle fit scandale et admiration lors de sa création parisienne.
Opéra en un acte sur un livret de Jean Cocteau d'après Sophocle. Œuvre néoclassique qui confirme la place d'Honegger dans l'avant-garde artistique parisienne des années 1920.
Pièce orchestrale inspirée du sport collectif, expression de la vitalité et de l'énergie humaine. Elle témoigne de l'intérêt d'Honegger pour les forces brutes de la vie moderne.
Oratorio dramatique sur un texte de Paul Claudel, pour solistes, chœurs et orchestre. Œuvre monumentale mêlant spiritualité, théâtralité et lyrisme, devenue l'un des monuments de la musique chorale du XXe siècle.
Composée sous l'Occupation, cette symphonie pour orchestre à cordes dégage une tension dramatique profonde, souvent interprétée comme un témoignage musical de la résistance intérieure face à la barbarie.
Œuvre puissante en trois mouvements (Dies Irae, De Profundis, Dona Nobis Pacem), expression musicale des horreurs de la Seconde Guerre mondiale et d'un appel à la paix. Considérée comme son testament spirituel.
Anecdotes
En 1923, Honegger compose Pacific 231, une pièce orchestrale inspirée par les locomotives à vapeur qu'il adorait observer. Le titre fait référence à la classification américaine d'une locomotive de grande puissance (2 essieux avant, 3 essieux moteurs, 1 essieu arrière). Pourtant, Honegger lui-même précisa que son objectif n'était pas d'imiter le bruit d'un train, mais d'exprimer une sensation visuelle et physique de puissance mécanique.
Malgré sa naissance au Havre en 1892, Honegger se considérait avant tout Suisse, de parents suisses alémaniques originaires de Zurich. Il conserva toujours sa nationalité helvétique et effectua son service militaire en Suisse, ce qui l'éloigna brièvement de Paris pendant la Première Guerre mondiale. Cette double identité franco-suisse influença toute sa carrière et ses relations artistiques.
En 1920, le critique musical Henri Collet publia dans le journal Comoedia un article intitulé 'Les cinq Russes, les six Français et Erik Satie', donnant naissance au nom du 'Groupe des Six'. Honegger fut regroupé avec Darius Milhaud, Francis Poulenc, Georges Auric, Louis Durey et Germaine Tailleferre sous cette étiquette, bien qu'il confessât n'avoir que peu de points communs musicaux avec ses collègues.
Le Roi David, créé en 1921 dans un petit théâtre populaire suisse à Mézières, fut d'abord écrit en trois semaines pour une pièce de théâtre de René Morax. Conçu à l'origine pour un ensemble réduit, l'œuvre fut remaniée en oratorio en 1923 et connut un succès international foudroyant. C'est cette partition qui valut à Honegger sa réputation mondiale et révéla son talent à marier modernisme et spiritualité chrétienne.
Pendant l'Occupation allemande de Paris (1940-1944), Honegger choisit de rester en France malgré sa nationalité suisse qui lui aurait permis de partir. Il composa sa Symphonie n°2 pour cordes en 1941, œuvre sombre et tendue, perçue par beaucoup comme une métaphore de la résistance spirituelle face à la barbarie. Cette décision de rester auprès du peuple français fut saluée après la Libération.
Sources primaires
Je n'ai pas voulu peindre un train, ni même une locomotive. J'ai voulu exprimer une impression visuelle et une jouissance physique par la musique. Pacific 231 est une transposition sonore d'une sensation, non d'une réalité mécanique.
J'ai toujours eu une grande passion pour les locomotives. Ce sont pour moi des êtres animés que j'aime comme d'autres aiment les femmes ou les chevaux. Pacific 231 traduit l'impression visuelle et la jouissance physique d'une locomotive lancée en pleine vitesse.
Six jeunes compositeurs français — Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Germaine Tailleferre, Georges Auric et Francis Poulenc — forment un groupe dont l'esthétique commune est la réaction contre l'impressionnisme et le retour à la clarté.
Psaume dramatique en trois parties, poème de René Morax, musique d'Arthur Honegger. Première représentation au Théâtre du Jorat, Mézières (Vaud), le 11 juin 1921, sous la direction d'Ernest Ansermet.
Votre texte m'a saisi d'emblée par sa force poétique et sa profondeur spirituelle. Pour Jeanne d'Arc au bûcher, je cherche une musique qui soit à la fois accessible au peuple et ambitieuse dans sa forme — populaire et savante tout ensemble.
Lieux clés
Ville natale d'Arthur Honegger, où il naît le 10 mars 1892. Cité portuaire industrielle et cosmopolite, elle marque ses premières années et forge son rapport à la modernité mécanique.
Honegger s'installe à Paris dès 1911 et y vivra la majeure partie de sa vie, notamment dans le quartier de Pigalle. La capitale est le cœur de son activité créatrice, de ses rencontres artistiques et de ses succès.
Lieu de la création du Roi David le 11 juin 1921. Ce théâtre populaire suisse accueillit l'œuvre qui lança la carrière internationale d'Honegger et révéla son génie au monde musical.
Ville où fut créée Jeanne d'Arc au bûcher le 12 mai 1938. Honegger entretenait des liens profonds avec la Suisse, ses racines familiales et musicales y étant solidement ancrées.
Établissement où Honegger étudie à partir de 1911. Il y reçoit une formation rigoureuse qui forge son langage musical, entre tradition classique et ouverture aux nouvelles esthétiques.
Objets typiques

Instrument central dans la vie créatrice d'Honegger, sur lequel il esquissait et travaillait ses compositions quotidiennement. Il l'utilisait pour tester harmonies et structures avant d'orchestrer ses partitions.

Source d'inspiration directe de son œuvre la plus célèbre, Pacific 231. Honegger observait les locomotives avec passion, fasciné par leur puissance mécanique, leur rythme et leur souffle.

Honegger rédigeait toutes ses partitions à la main sur du papier à musique réglé. Ses manuscrits, conservés dans les archives, témoignent d'une écriture musicale soignée et d'une pensée très structurée.

Honegger était un amateur enthousiaste de rugby, au point de composer un mouvement symphonique intitulé Rugby (1928) pour célébrer l'énergie et la dynamique collective de ce sport.

Outil indispensable au compositeur pour régler les tempos de ses œuvres. Honegger accordait une importance capitale aux questions de rythme et de pulsation dans ses compositions symphoniques.

Appareil emblématique des années 1920-1940 permettant d'écouter les premiers enregistrements musicaux. Honegger suivait attentivement les enregistrements de ses contemporains et de ses propres œuvres.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Honegger se levait tôt et commençait à composer dès les premières heures du matin, période où il estimait avoir l'esprit le plus disponible. Il s'installait à son piano ou à son bureau de travail pour noter ses idées musicales avant que les obligations de la journée ne l'en éloignent.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la révision de ses partitions, aux répétitions et aux rencontres professionnelles. Il fréquentait les cafés parisiens — notamment ceux de Montparnasse et de Pigalle — où il retrouvait ses collègues du Groupe des Six, des poètes comme Jean Cocteau ou Paul Claudel, et des interprètes.
Soir
Les soirées étaient souvent dédiées aux concerts, aux premières musicales et aux représentations parisiennes. Honegger assistait aux créations de ses contemporains et participait activement à la vie musicale de la capitale. Il rentrait tard, après de longues discussions artistiques dans les salons ou les brasseries.
Alimentation
Comme beaucoup de Parisiens de l'entre-deux-guerres, Honegger prenait ses repas dans des brasseries ou des restaurants du quartier. Sa cuisine quotidienne était simple — pain, fromage, charcuterie, plats bistrotiers — agrémentée d'un verre de vin aux repas, selon les habitudes françaises de l'époque.
Vêtements
Honegger adoptait la mise élégante mais sobre du compositeur parisien bourgeois : costume sombre, chemise blanche, cravate nouée avec soin. Sur les photographies d'époque, il apparaît en veston et col soigné, reflet d'un milieu artistique qui tenait à une image sérieuse et respectable.
Habitat
Honegger vécut à Paris dans des appartements du quartier de Pigalle et Montmartre, zone alors favorisée par les artistes et musiciens. Son logement comprenait un piano à queue — indispensable à son travail — et une bibliothèque musicale bien fournie. Il partagea sa vie avec la pianiste et compositrice Andrée Vaurabourg, qu'il épousa en 1926.






