Aspasie de Milet
Aspasie
469 av. J.-C. — 399 av. J.-C.
Milet
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Œuvres & réalisations
Aspasie dirigea à Athènes une école de rhétorique et de philosophie pratique, fréquentée par des hommes politiques, des philosophes et leurs épouses. Cicéron et Platon la reconnaissent comme l'enseignante de Périclès en art oratoire, ce qui en fait l'une des premières femmes reconnues comme professeure de philosophie dans l'histoire occidentale.
Dans le Ménexène, Platon attribue à Aspasie la rédaction du célèbre discours funèbre que Périclès aurait prononcé en l'honneur des soldats morts. Même si la paternité exacte est débattue, ce texte témoigne de la tradition antique reconnaissant à Aspasie des compétences rhétoriques de très haut niveau.
L'orateur et philosophe Eschine de Sphettos, disciple de Socrate, écrivit un dialogue intitulé 'Aspasie' dans lequel il rapportait ses méthodes d'enseignement par questionnement. Cicéron en cite des extraits montrant Aspasie utilisant une technique proto-maïeutique pour guider ses interlocuteurs.
Plutarque et plusieurs sources antiques attribuent à Aspasie une influence déterminante sur la politique étrangère de Périclès, notamment lors de la guerre de Samos. Bien que non quantifiable, cette influence intellectuelle constitue une contribution réelle à l'histoire politique de l'Athènes classique.
Anecdotes
Aspasie était la seule femme autorisée à participer aux discussions philosophiques à Athènes. Socrate lui-même se rendait chez elle avec ses élèves pour l'écouter discourir sur la rhétorique et la vertu, fait attesté par Xénophon dans ses Mémorables. Cette reconnaissance de la part du plus grand philosophe athénien témoigne d'une intelligence exceptionnelle, dans une société où les femmes étaient généralement exclues de la vie intellectuelle.
Aspasie fut jugée pour impiété (asebeia) vers 432 av. J.-C., probablement pour des raisons politiques liées à ses adversaires cherchant à atteindre Périclès. Lors de son procès, Périclès prit lui-même la parole pour la défendre et, selon Plutarque, fondit en larmes devant les juges — geste extraordinaire pour un homme politique réputé pour son impassibilité. Elle fut finalement acquittée.
Platon, dans son dialogue le Ménexène, attribue à Aspasie la rédaction de l'oraison funèbre que Périclès prononça en l'honneur des soldats athéniens morts à la guerre. Cicéron mentionne également ses talents d'enseignante en rhétorique, rapportant qu'elle utilisait une méthode originale fondée sur le dialogue et la maïeutique pour aider ses interlocuteurs à clarifier leur pensée.
Après la mort de Périclès en 429 av. J.-C., emporté par la grande peste d'Athènes, Aspasie devint la compagne de Lysicles, un marchand de bétail qui aspira à une carrière politique. Selon Plutarque, grâce à l'enseignement d'Aspasie et à sa fréquentation, cet homme sans grande culture devint un orateur habile et un stratège respecté d'Athènes — illustration vivante de son talent pédagogique.
Aspasie était une étrangère (xenos) originaire de Milet en Ionie, ce qui lui interdisait légalement d'épouser un citoyen athénien. La loi sur la citoyenneté adoptée par Périclès lui-même en 451 av. J.-C. stipulait que seuls les enfants de deux parents athéniens pouvaient être citoyens. Pourtant, Périclès vivait ouvertement avec elle et l'honorait publiquement, allant jusqu'à obtenir une dérogation exceptionnelle du peuple athénien pour que leur fils Périclès le Jeune reçoive la citoyenneté.
Sources primaires
Socrate dit : 'Je t'enverrai chez Aspasie, qui t'expliquera cela mieux que moi.' Il fréquentait lui-même sa maison avec ses disciples et la consultait sur des questions d'éducation et de vertu.
Socrate : 'J'ai entendu hier Aspasie composer une oraison funèbre [...] Elle m'a rappelé que c'était elle qui avait enseigné la rhétorique à Périclès, bien supérieur selon elle à tous les autres orateurs.'
Périclès aimait Aspasie avec une tendresse extraordinaire [...] Chaque jour en partant et en rentrant chez lui, il la saluait et l'embrassait. Les philosophes lui rendaient visite et lui amenaient leurs femmes pour l'entendre.
Aspasie, dans un dialogue qu'Eschine le Socratique lui attribue, questionne tour à tour une femme et son mari avec art, pour les amener à reconnaître ce qui est véritablement bon dans leur vie commune.
On rapporte qu'Aspasie de Milet acquit une telle réputation en philosophie et en rhétorique que les plus grands hommes d'Athènes recherchaient son entretien et lui soumettaient leurs discours.
Lieux clés
Cité grecque d'Asie Mineure où Aspasie naquit vers 469 av. J.-C. Milet était un grand centre intellectuel ionien, patrie de philosophes comme Thalès, Anaximandre et Anaximène, ce qui explique en partie la haute culture d'Aspasie.
Quartier résidentiel d'Athènes où Aspasie s'installa avec Périclès vers 445 av. J.-C. et où elle tint son école de rhétorique. C'est là que Socrate, Phidias, Hérodote et d'autres grands esprits venaient participer à ses discussions.
Place publique centrale d'Athènes, cœur politique, commercial et intellectuel de la cité. Aspasie ne pouvait pas y intervenir officiellement en tant que femme étrangère, mais son influence s'y faisait sentir indirectement à travers les discours de Périclès et les conversations de Socrate.
Colline sacrée où fut érigé le Parthénon sous la direction de Phidias, ami d'Aspasie. Périclès et Aspasie furent tous deux accusés par leurs ennemis d'avoir profané ce lieu saint — Phidias par les ornements du temple, Aspasie par ses propos impies.
Principal tribunal populaire d'Athènes où se tint le procès d'Aspasie pour impiété vers 432 av. J.-C. C'est devant ce tribunal que Périclès prit la parole pour la défendre avec des larmes — fait remarquable pour un homme politique réputé pour son impassibilité.
Objets typiques
Support d'écriture principal dans l'Antiquité grecque, utilisé pour conserver et transmettre les textes philosophiques et littéraires. Aspasie, reconnue pour son érudition exceptionnelle, avait nécessairement accès à ces rouleaux et les utilisait dans son enseignement de la rhétorique.
Meuble central du symposion grec où les convives s'allongeaient pour débattre, philosopher et se divertir. Aspasie présidait des symposions mixtes — fait rarissime à Athènes — où philosophes, artistes et hommes politiques venaient l'entendre.
Petite tablette de bois ou d'ivoire enduite de cire, sur laquelle on écrivait au stylet pour noter des idées ou brouillonner des discours. Indispensable à toute personne enseignant la rhétorique comme Aspasie.
Grande pièce de laine drapée constituant la tenue féminine grecque classique. En tant qu'hétaïre de haut rang, Aspasie portait probablement des tissus de qualité et des drapés raffinés, distinctifs de sa position sociale particulière.
Flacon contenant l'huile parfumée utilisée pour les soins du corps et les rituels. Objet du quotidien féminin grec et symbole du soin apporté à l'apparence, important pour une hétaïre comme Aspasie dont le statut reposait aussi sur son élégance.
Coupe basse à deux anses utilisée pour boire le vin coupé d'eau lors des symposions. Aspasie présidait ces réunions intellectuelles où la kylix circulait de convive en convive, accompagnant les débats philosophiques.
Brûle-parfum utilisé dans les cérémonies religieuses et la vie quotidienne pour honorer les dieux. Aspasie fut précisément accusée d'impiété (asebeia), ce qui rend les objets du culte domestique particulièrement significatifs dans son histoire.
Programmes scolaires
Vie quotidienne
Matin
Aspasie se levait tôt dans sa demeure athénienne, commençant sa journée par des soins du corps avec huiles parfumées, conformément aux usages grecs. À la différence des citoyennes enfermées dans le gynécée, elle disposait d'une grande liberté de mouvement en tant qu'hétaïre. Elle recevait parfois des élèves le matin pour des leçons particulières de rhétorique.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la réflexion, à la lecture de rouleaux de philosophie et à la préparation des débats du soir. Des visiteurs — philosophes, hommes politiques, artistes — venaient la consulter ou débattre avec elle. Périclès, en rentrant du conseil ou de l'assemblée, passait la voir selon la coutume rapportée par Plutarque.
Soir
Le soir, Aspasie présidait ou participait à des symposions — banquets philosophiques mixtes, rares à Athènes. Les convives, allongés sur des klinai, débattaient de rhétorique, de vertu et de politique autour de vin coupé d'eau. Ces soirées étaient le cœur de son influence intellectuelle sur la vie athénienne.
Alimentation
Alimentation méditerranéenne typique du Ve siècle : pain d'orge ou de froment, olives, fromage de chèvre, figues, miel. La viande, réservée aux jours de fête et de sacrifice, apparaissait lors des banquets. Le vin de l'Égée, coupé d'eau selon l'usage grec, accompagnait les symposions.
Vêtements
Aspasie portait le peplos ou le chiton, longues pièces de lin ou de laine drapées et fixées par des fibules. En tant qu'hétaïre de haut rang fréquentant l'élite athénienne, elle se distinguait par la qualité de ses tissus, probablement teints en couleurs vives, et par de discrets ornements en or. Elle était voilée pour sortir dans l'espace public.
Habitat
La maison d'Aspasie, dans le quartier du Céramique, était une demeure aisée organisée autour d'une cour à péristyle. Contrairement aux maisons ordinaires où les femmes étaient confinées, son foyer fonctionnait comme un lieu semi-public ouvert aux discussions intellectuelles. Les murs étaient probablement décorés de céramiques peintes et les sols de mosaïques simples.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie
Aspasia

Aviat - Portrait de Madame Aspasie Caron (1893)

French: Portrait de jeune femme assise sur un sofa violetlabel QS:Lfr,"Portrait de jeune femme assise sur un sofa violet"

French: Portrait de jeune femme debout, à mi-corpslabel QS:Lfr,"Portrait de jeune femme debout, à mi-corps"

"Portrait de Marguerite d'Orléans"
Aspasie Pio-Clementino Inv272

1Alcibiade 2 Pericles 3 Alexandre 4 Aspasie - Pouqueville François Charles Hugues Laurent - 1835
Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure, des artistes vivans
Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure, des artistes vivans
Plaque Rue Aspasie Jules Caron - Arcueil (FR94) - 2022-05-15 - 1
Style visuel
Style de la Grèce classique du Ve siècle av. J.-C. : blancs de marbre, ocres méditerranéens, rouge-figures de la céramique attique, lumière vive de l'Égée.
Prompt IA
Classical Greek visual style, 5th century BC Athens, Golden Age of Pericles. Soft marble whites and warm Mediterranean ochres, terracotta reds from painted ceramics, deep Aegean blue sky. Draped figures in fine linen and wool peplos, elegant sandals, simple gold jewelry. Architecture of colonnaded stoa and sunlit courtyards. Aesthetic inspired by red-figure Athenian pottery, classical sculpture, and the frescoes of ancient Greek symposion scenes. Balanced, harmonious composition evoking intellectual refinement and Mediterranean light.
Ambiance sonore
L'atmosphère sonore de la maison d'Aspasie mêle les échanges intellectuels animés des symposions à la rumeur de l'agora athénienne et aux sons du quotidien grec classique.
Prompt IA
Ancient Greek city ambience, 5th century BC Athens. Sounds of a philosophical gathering in a private home: animated intellectual discussions in Greek, the soft clink of kylix wine cups, the gentle strumming of a kithara lyre in the background. Outside: the distant bustle of the Athenian agora, merchants calling, sandals on marble and stone pavement, the cries of seagulls from the port of Piraeus carried by the wind, water from a courtyard fountain, the crackling of olive oil lamps at nightfall.
Source du portrait
Wikimedia Commons — CC BY 3.0 — Daigaz — 2009
Aller plus loin
Références
Œuvres
Enseignement de la rhétorique
vers 445–399 av. J.-C.
Oraison funèbre (attribuée par Platon)
vers 430 av. J.-C.
Dialogue socratique (rapporté par Eschine de Sphettos)
vers 430–399 av. J.-C.
Influence sur la politique athénienne
vers 445–429 av. J.-C.




