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O almoço brasileiro (le grand déjeuner du Brésil)
Au Brésil du XXe siècle, le repas principal est l'almoço de midi, bâti sur un socle invariable : riz blanc et haricots (arroz e feijão), autour duquel gravitent une viande, une farofa (farine de manioc grillée) et une salade. Ce socle se décline selon le milieu et l'occasion : frugal et sec dans le sertão du Nordeste, débordant et carné lors des feijoadas dominicales, raffiné et francisé dans les réceptions de l'élite. Le café (cafezinho) ponctue la journée du matin au soir, et le doce (sucrerie) clôt les repas de fête. Chateaubriand, né dans la Paraíba pauvre et mort en magnat à São Paulo, a parcouru toute cette échelle, du charque séché au sertão jusqu'aux dîners diplomatiques.
Signature : Le salage et le séchage des viandes (carne-de-sol, carne-seca)
Fil rouge de la cuisine brésilienne et de la trajectoire de Chateaubriand : faute de réfrigération, on conservait le bœuf en le couvrant de gros sel et en le faisant sécher au vent du sertão. Cette viande salée nourrit aussi bien le pauvre du Nordeste que la feijoada de fête. C'est le geste fondateur qui relie l'enfant d'Umbuzeiro au baron de presse.

Assis Chateaubriand à table

1892 — 1968

4 recettes d’époque