Attila(500 — 453)

Attila

Empire hunnique

7 min de lecture

MilitaireChef militaireMonarqueAntiquitéVe siècle (434-453)

Attila était le roi des Huns de 434 à 453. Il conquit un vaste empire en Europe de l'Est et centrale, menaçant directement l'Empire romain d'Occident par ses invasions répétées. Il est resté célèbre comme l'un des plus grands guerriers de l'Antiquité tardive.

Questions fréquentes

Attila fut le roi des Huns de 434 à 453, unificateur des tribus nomades des steppes. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il bâtit le plus vaste empire d'Europe depuis Rome, en imposant des tributs colossaux à Constantinople et en menaçant directement l'Empire romain d'Occident. Moins un simple barbare qu'un stratège redoutable, il reste dans les mémoires comme le Fléau de Dieu, surnom que lui donnèrent les chroniqueurs chrétiens. Sa célébrité tient à la fois à ses conquêtes fulgurantes et à l'effroi qu'il inspirait.

Faits marquants

  • 434 : devient roi des Huns et unifie les différentes tribus hunniques
  • 441-443 : première invasion de l'Empire romain d'Occident, razzias en Balkans
  • 450-451 : invasion de la Gaule, bataille des Champs Catalauniques contre Aetius et les Wisigoths
  • 452 : invasion de l'Italie, sac de plusieurs villes romaines
  • 453 : mort d'Attila, fin de la menace hunnique immédiate

Œuvres & réalisations

Unification des peuples hunniques (434-445)

Attila unifia les différentes tribus hunniques sous son autorité unique après l'élimination de son frère Bléda, créant le plus vaste empire d'Europe depuis Rome.

Système de tributs imposé à l'Empire romain d'Orient (435-450)

Attila négocia des traités imposant des tributs considérables à Constantinople, notamment le traité de Margus (435) puis celui d'Anatolius (447) qui tripla le tribut annuel à 2100 livres d'or.

Campagne des Balkans (441-447)

Série de campagnes dévastatrices contre l'Empire d'Orient, au cours desquelles Attila ravagea plus de 70 cités et s'approcha de Constantinople, démontrant la puissance militaire hunnique.

Invasion de la Gaule (451)

Grande campagne militaire en Gaule romaine, culminant avec le siège d'Orléans et la bataille des champs Catalauniques, l'un des affrontements les plus importants de l'Antiquité tardive.

Invasion de l'Italie (452)

Dernière grande campagne d'Attila, marquée par la destruction d'Aquilée et le sac de plusieurs cités du nord de l'Italie, interrompue par la rencontre avec le pape Léon Ier.

Organisation diplomatique de l'empire hunnique (434-453)

Attila développa un réseau diplomatique sophistiqué, recevant des ambassades et envoyant des émissaires auprès des deux empires romains, montrant une vision politique au-delà de la simple conquête militaire.

Anecdotes

Lors de la bataille des champs Catalauniques en 451, Attila fit dresser un immense bûcher de selles en bois au centre de son camp, prêt à s'y jeter plutôt que d'être capturé vivant. Cette précaution montre à quel point la défaite face à la coalition romano-wisigothe fut inattendue pour le roi des Huns.

Attila mourut dans des circonstances surprenantes pour un tel guerrier : lors de sa nuit de noces avec Ildico, une jeune femme germanique, en 453. Selon l'historien Jordanès, il succomba à une hémorragie nasale massive dans son sommeil, probablement aggravée par l'excès de boisson lors du banquet.

L'évêque de Paris, sainte Geneviève, aurait convaincu les Parisiens de ne pas fuir devant l'avancée d'Attila en 451. Elle leur assura que la ville serait épargnée, et effectivement Attila bifurqua vers Orléans sans attaquer Paris. Cet épisode fit de Geneviève la patronne de Paris.

Selon la légende rapportée par Priscus, Attila vivait avec une simplicité étonnante. Alors que ses convives mangeaient dans des plats d'or et d'argent, il utilisait lui-même une simple écuelle de bois et ne buvait que dans une coupe en bois, montrant un mépris ostensible du luxe.

Le pape Léon Ier rencontra Attila en 452 près du fleuve Mincio, en Italie du Nord, et réussit à le convaincre de rebrousser chemin. Les raisons exactes de ce retrait restent débattues : la diplomatie du pape, une épidémie dans l'armée hunnique et le manque de ravitaillement ont probablement tous joué un rôle.

Sources primaires

Histoire des guerres contre les Vandales (Priscus de Panion) (vers 450)
La table d'Attila était couverte de mets servis sur des plats d'argent et d'or, mais lui-même ne mangeait que de la viande posée sur une planche de bois. En toute chose il se montrait sobre : sa coupe était de bois tandis que les convives buvaient dans des gobelets d'or.
Getica (Jordanès) (551)
Au milieu de la nuit, Attila, alourdi par le vin et le sommeil, fut étouffé par le sang qui d'ordinaire lui coulait du nez. On le retrouva mort au matin, Ildico pleurant sous son voile auprès du corps de son époux.
Chronique de Prosper d'Aquitaine (vers 455)
Attila fut reçu par le saint pape Léon sur la rive du Mincio. Le roi fut si touché par la présence du pontife qu'il ordonna la fin des hostilités et se retira au-delà du Danube, promettant la paix.
Chronique de l'évêque Hydace (vers 468)
Les Huns, conduits par leur roi Attila, envahirent les Gaules et ravagèrent de nombreuses cités. Mais vaincus dans les plaines de Catalaunum par le patrice Aétius et le roi Théodoric, ils se retirèrent.

Lieux clés

Plaine de Hongrie (Pannonie)

Centre de l'empire hunnique, la grande plaine hongroise servait de base à Attila. C'est là qu'il établit son camp royal, décrit en détail par l'ambassadeur Priscus.

Champs Catalauniques (près de Châlons-en-Champagne)

Lieu de la grande bataille de 451 où Attila affronta la coalition du général romain Aétius et du roi wisigoth Théodoric. Cette défaite marqua l'arrêt de l'expansion hunnique en Gaule.

Aquilée (Italie du Nord)

Grande cité romaine du nord-est de l'Italie, complètement détruite par Attila en 452. Selon la tradition, les réfugiés d'Aquilée fondèrent ensuite Venise dans les lagunes voisines.

Orléans

Ville assiégée par Attila en 451 lors de son invasion de la Gaule. L'évêque Aignan organisa la résistance et Aétius arriva à temps pour forcer Attila à lever le siège.

Constantinople

Capitale de l'Empire romain d'Orient, menacée par Attila lors de ses campagnes balkaniques de 441-447. L'empereur Théodose II dut payer un lourd tribut annuel pour acheter la paix.

Voir aussi