Biographie

Général français de la Révolution (1756-1793), il commande l'armée du Nord après la trahison de Dumouriez et meurt au combat lors du siège de Condé-sur-l'Escaut. Panthéonisé en 1793, ses cendres en sont retirées à la Restauration.

Auguste Marie Henri Picot de Dampierre(1756 — 1793)

Auguste Marie Henri Picot de Dampierre

France

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MilitairePolitiqueChef militaireXIXe siècleRévolution française et guerres révolutionnaires (1789-1799)

Questions fréquentes

Dampierre est un général français de la Révolution, mort en 1793 à Condé-sur-l'Escaut. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne le paradoxe d'un noble d'Ancien Régime qui choisit de servir la République jusqu'au sacrifice. Après la trahison de Dumouriez en avril 1793, il prend en urgence le commandement de l'armée du Nord et meurt au combat un mois plus tard. La Convention le panthéonise pour son dévouement, honneur rare qui sera annulé à la Restauration.

Faits marquants

  • Né en 1756, issu de la noblesse, il embrasse la cause révolutionnaire
  • Prend le commandement de l'armée du Nord en avril 1793 après la trahison de Dumouriez
  • Tué au combat le 8 thermidor (27 mai 1793) lors du siège de Condé-sur-l'Escaut
  • Ses cendres sont transférées au Panthéon en août 1793 par décret de la Convention
  • Retiré du Panthéon en 1814 lors de la Restauration monarchique

Œuvres & réalisations

Commandement de l'armée du Nord (avril-mai 1793) (5 avril – 8 mai 1793)

Prise en charge de l'armée du Nord dans une situation de crise totale après la trahison de Dumouriez. Dampierre stabilisa le front et maintint la cohésion des troupes républicaines face à la coalition austro-prussienne.

Réorganisation des troupes après la défection de Dumouriez (Avril 1793)

Travail de fond pour rétablir la discipline et l'approvisionnement d'une armée démoralisée, en liaison constante avec le Comité de salut public. Cette mission impossible en peu de semaines força l'admiration de la Convention.

Opérations militaires autour de Condé-sur-l'Escaut et Valenciennes (Avril-mai 1793)

Tentatives d'offensive pour desserrer l'étreinte des coalisés autour des places fortes du Nord. Ces actions, menées dans des conditions difficiles, retardèrent la progression autrichienne et donnèrent un temps précieux à la République.

Panthéonisation posthume (Juillet 1793)

La Convention vota le transfert de ses cendres au Panthéon, consacrant son sacrifice comme exemple de dévouement républicain. Cet honneur, retiré à la Restauration, illustre la dimension politique du destin posthume des héros révolutionnaires.

Anecdotes

Lorsque Dumouriez trahit la République en passant aux Autrichiens le 5 avril 1793, la Convention se retrouva sans chef pour l'armée du Nord. Dampierre, jusqu'alors lieutenant général peu connu du grand public, fut désigné en urgence pour prendre le commandement. Il hérita d'une armée démoralisée, à court de munitions, menacée sur son flanc droit — un défi immense relevé avec un sang-froid remarqué par ses contemporains.

Le 8 mai 1793, lors du siège de Condé-sur-l'Escaut, Dampierre inspectait ses lignes à cheval lorsqu'un boulet de canon autrichien le frappa mortellement. Selon les témoignages de ses aide de camps, il refusait de se tenir à l'abri, estimant que le général en chef se devait d'être visible de ses troupes pour maintenir leur courage.

En juillet 1793, la Convention nationale vota la panthéonisation de Dampierre, le plaçant au rang des grands serviteurs de la patrie aux côtés de Voltaire et Mirabeau. Ironie de l'histoire : lors de la Restauration monarchique, ses cendres furent retirées du Panthéon — son nom, associé aux armées révolutionnaires, était devenu politiquement indésirable pour les Bourbons revenus au pouvoir.

Dampierre appartenait à la noblesse d'Ancien Régime et avait servi dans l'armée royale avant la Révolution. Contrairement à beaucoup de ses pairs qui émigrèrent, il choisit de rester en France et de servir la République, illustrant la fracture au sein de la noblesse militaire française face aux événements de 1789.

Sources primaires

Décret de la Convention nationale nommant Dampierre général en chef de l'armée du Nord (5 avril 1793)
La Convention nationale, considérant la nécessité de pourvoir au commandement en chef de l'armée du Nord après la défection du général Dumouriez, décrète que le général Dampierre est nommé général en chef de ladite armée.
Dépêche de Dampierre au Comité de salut public, Archives nationales (AF II 59) (Avril 1793)
L'armée est dans un état de désorganisation que je ne puis vous dissimuler. Les soldats manquent de souliers, les subsistances sont insuffisantes et l'ennemi presse sur notre gauche. Je ferai tout ce qui est humainement possible pour maintenir nos positions.
Procès-verbal de la séance de la Convention nationale annonçant la mort de Dampierre (10 mai 1793)
Le représentant du peuple Delacroix annonce à la Convention que le général Dampierre, général en chef de l'armée du Nord, est décédé des suites de ses blessures reçues devant Condé-sur-l'Escaut. La Convention décrète que la patrie lui a bien mérité.
Décret de panthéonisation voté par la Convention nationale (Juillet 1793)
La Convention nationale décrète que les cendres d'Auguste Marie Henri Picot de Dampierre seront transférées au Panthéon, en reconnaissance de ses services rendus à la patrie et de son sacrifice pour la défense de la République.

Lieux clés

Condé-sur-l'Escaut

Ville fortifiée du Nord où Dampierre mourut le 8 mai 1793, frappé par un boulet de canon autrichien alors qu'il inspectait ses troupes. Ce lieu symbolise son sacrifice pour la défense de la République.

Panthéon de Paris

Monument parisien où les cendres de Dampierre furent transférées en 1793 pour honorer son sacrifice, avant d'en être retirées sous la Restauration — reflet des bouleversements politiques de l'époque.

Valenciennes

Place forte du Nord et quartier général de l'armée du Nord que Dampierre prit en charge après la trahison de Dumouriez. C'est depuis cette ville qu'il tenta de réorganiser les troupes républicaines.

Paris — siège de la Convention nationale

Lieu où la Convention nomma Dampierre général en chef et où furent prises les décisions politiques encadrant ses opérations militaires. La salle du Manège, puis les Tuileries, furent le centre du pouvoir républicain.

Voir aussi