Jean-Paul Marat(1743 — 1793)

Jean-Paul Marat

France

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PolitiqueMilitaireLettresMédecinTemps modernesRévolution française, fin du XVIIIe siècle

Médecin, physicien et journaliste devenu l'une des figures les plus radicales de la Révolution française. Fondateur du journal L'Ami du peuple, il fut député montagnard à la Convention avant d'être assassiné dans son bain par Charlotte Corday en 1793.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Marat est bien plus qu'un simple révolutionnaire : médecin, physicien et journaliste, il devient la voix des sans-culottes parisiens à travers son journal L'Ami du peuple, qu'il fonde en 1789. Pour comprendre cela, il faut se rappeler que la Révolution française n'est pas un bloc uni : Marat incarne l'aile la plus radicale, celle des Montagnards, qui réclame des mesures expéditives contre les ennemis de la Révolution. Ce qui le distingue d'autres figures comme Robespierre, c'est son rôle de tribun populaire, écrivant dans la clandestinité et dénonçant sans relâche les « traîtres », jusqu'à son assassinat par Charlotte Corday en 1793.

Faits marquants

  • Naît en 1743 à Boudry (principauté de Neuchâtel) et exerce comme médecin avant la Révolution
  • Fonde en 1789 le journal L'Ami du peuple, voix radicale des sans-culottes
  • Élu député de Paris à la Convention nationale en 1792, siège avec les Montagnards
  • Acquitté par le Tribunal révolutionnaire en avril 1793 lors de son procès
  • Assassiné le 13 juillet 1793 dans sa baignoire par Charlotte Corday

Œuvres & réalisations

Les Chaînes de l'esclavage (1774)

Essai politique dénonçant le despotisme et appelant les peuples à se défier des tyrans : un texte annonciateur de ses combats révolutionnaires.

Découvertes sur le feu, l'électricité et la lumière (1779-1782)

Recherches en physique par lesquelles Marat espérait être reconnu par l'Académie des sciences, qui rejeta ses travaux.

Offrande à la patrie (1789)

Brochure publiée au début de la Révolution exposant ses idées de réformes en faveur du peuple.

L'Ami du peuple (1789-1793)

Journal fondé et rédigé par Marat, principale tribune des sans-culottes et instrument majeur de son influence politique.

Plan de législation criminelle (1780)

Ouvrage juridique dans lequel Marat propose une réforme du droit pénal, plus humaine et favorable aux accusés pauvres.

Anecdotes

Avant de devenir révolutionnaire, Marat était un médecin et un physicien reconnu : il a soigné les écuries du comte d'Artois (frère du roi) et mené des expériences sur le feu, l'électricité et la lumière. Vexé que l'Académie des sciences refuse de reconnaître ses travaux, il en garda une rancune tenace contre les savants officiels.

Marat souffrait d'une maladie de peau très douloureuse (sans doute une dermatite chronique attrapée pendant ses années de clandestinité dans les égouts et caves de Paris). Pour soulager ses démangeaisons, il passait de longues heures dans sa baignoire, où il continuait à écrire ses articles : c'est là que Charlotte Corday le poignarda le 13 juillet 1793.

Son journal L'Ami du peuple lui valut de nombreux ennemis. Plusieurs fois menacé d'arrestation, Marat dut se cacher pendant des mois et changer sans cesse de domicile, ce qui aggrava sa maladie. Il signait souvent ses textes simplement « l'Ami du peuple », surnom devenu son identité publique.

Charlotte Corday, jeune Normande proche des Girondins, obtint un rendez-vous en prétendant livrer les noms de députés à dénoncer. Reçue dans la salle de bain, elle le frappa d'un seul coup de couteau au cœur. Arrêtée sur place, elle fut guillotinée quatre jours plus tard.

Après sa mort, Marat devint un véritable martyr de la Révolution : le peintre Jacques-Louis David réalisa un tableau célèbre, La Mort de Marat, et son corps fut un temps transféré au Panthéon en 1794, avant d'en être retiré en 1795 quand la Terreur fut désavouée.

Sources primaires

L'Ami du peuple (journal de Marat) (1790-1793)
« Cinq à six cents têtes coupées vous auraient assuré le repos, la liberté et le bonheur. » Marat y défend des mesures expéditives contre les ennemis de la Révolution.
Les Chaînes de l'esclavage (1774)
Ouvrage politique dans lequel Marat dénonce le despotisme et appelle les peuples à se défier des tyrans et de leurs complots contre la liberté.
Offrande à la patrie (1789)
Brochure publiée au début de la Révolution, où Marat expose ses idées sur les réformes nécessaires et la défense des droits du peuple.
Acte d'accusation et interrogatoire de Charlotte Corday (1793)
« J'ai tué un homme pour en sauver cent mille. » Déclaration attribuée à Charlotte Corday lors de son procès devant le Tribunal révolutionnaire.

Lieux clés

Boudry (principauté de Neuchâtel)

Ville natale de Marat, dans l'actuelle Suisse, où il naît en 1743 dans une famille modeste.

Paris (domicile rue des Cordeliers)

Quartier où Marat vécut et travailla, au cœur du club des Cordeliers. C'est dans son appartement qu'il fut assassiné.

Convention nationale (Paris)

Assemblée où Marat siégea comme député montagnard de Paris à partir de 1792, défendant des positions radicales.

Londres

Ville où Marat exerça la médecine et publia plusieurs ouvrages politiques, dont Les Chaînes de l'esclavage, avant la Révolution.

Panthéon (Paris)

Monument où les cendres de Marat furent transférées en 1794 comme martyr de la Révolution, avant d'en être retirées en 1795.

Voir aussi