Médecin, physicien et journaliste devenu l'une des figures les plus radicales de la Révolution française. Fondateur du journal L'Ami du peuple, il fut député montagnard à la Convention avant d'être assassiné dans son bain par Charlotte Corday en 1793.
Jean-Paul Marat(1743 — 1793)
Jean-Paul Marat
France
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Naît en 1743 à Boudry (principauté de Neuchâtel) et exerce comme médecin avant la Révolution
- Fonde en 1789 le journal L'Ami du peuple, voix radicale des sans-culottes
- Élu député de Paris à la Convention nationale en 1792, siège avec les Montagnards
- Acquitté par le Tribunal révolutionnaire en avril 1793 lors de son procès
- Assassiné le 13 juillet 1793 dans sa baignoire par Charlotte Corday
Œuvres & réalisations
Essai politique dénonçant le despotisme et appelant les peuples à se défier des tyrans : un texte annonciateur de ses combats révolutionnaires.
Recherches en physique par lesquelles Marat espérait être reconnu par l'Académie des sciences, qui rejeta ses travaux.
Brochure publiée au début de la Révolution exposant ses idées de réformes en faveur du peuple.
Journal fondé et rédigé par Marat, principale tribune des sans-culottes et instrument majeur de son influence politique.
Ouvrage juridique dans lequel Marat propose une réforme du droit pénal, plus humaine et favorable aux accusés pauvres.
Anecdotes
Avant de devenir révolutionnaire, Marat était un médecin et un physicien reconnu : il a soigné les écuries du comte d'Artois (frère du roi) et mené des expériences sur le feu, l'électricité et la lumière. Vexé que l'Académie des sciences refuse de reconnaître ses travaux, il en garda une rancune tenace contre les savants officiels.
Marat souffrait d'une maladie de peau très douloureuse (sans doute une dermatite chronique attrapée pendant ses années de clandestinité dans les égouts et caves de Paris). Pour soulager ses démangeaisons, il passait de longues heures dans sa baignoire, où il continuait à écrire ses articles : c'est là que Charlotte Corday le poignarda le 13 juillet 1793.
Son journal L'Ami du peuple lui valut de nombreux ennemis. Plusieurs fois menacé d'arrestation, Marat dut se cacher pendant des mois et changer sans cesse de domicile, ce qui aggrava sa maladie. Il signait souvent ses textes simplement « l'Ami du peuple », surnom devenu son identité publique.
Charlotte Corday, jeune Normande proche des Girondins, obtint un rendez-vous en prétendant livrer les noms de députés à dénoncer. Reçue dans la salle de bain, elle le frappa d'un seul coup de couteau au cœur. Arrêtée sur place, elle fut guillotinée quatre jours plus tard.
Après sa mort, Marat devint un véritable martyr de la Révolution : le peintre Jacques-Louis David réalisa un tableau célèbre, La Mort de Marat, et son corps fut un temps transféré au Panthéon en 1794, avant d'en être retiré en 1795 quand la Terreur fut désavouée.
Sources primaires
« Cinq à six cents têtes coupées vous auraient assuré le repos, la liberté et le bonheur. » Marat y défend des mesures expéditives contre les ennemis de la Révolution.
Ouvrage politique dans lequel Marat dénonce le despotisme et appelle les peuples à se défier des tyrans et de leurs complots contre la liberté.
Brochure publiée au début de la Révolution, où Marat expose ses idées sur les réformes nécessaires et la défense des droits du peuple.
« J'ai tué un homme pour en sauver cent mille. » Déclaration attribuée à Charlotte Corday lors de son procès devant le Tribunal révolutionnaire.
Lieux clés
Ville natale de Marat, dans l'actuelle Suisse, où il naît en 1743 dans une famille modeste.
Quartier où Marat vécut et travailla, au cœur du club des Cordeliers. C'est dans son appartement qu'il fut assassiné.
Assemblée où Marat siégea comme député montagnard de Paris à partir de 1792, défendant des positions radicales.
Ville où Marat exerça la médecine et publia plusieurs ouvrages politiques, dont Les Chaînes de l'esclavage, avant la Révolution.
Monument où les cendres de Marat furent transférées en 1794 comme martyr de la Révolution, avant d'en être retirées en 1795.
Objets typiques

Baignoire en cuivre de forme allongée dans laquelle Marat travaillait pour soulager sa maladie de peau. C'est là qu'il fut assassiné, ce qui en fit un objet emblématique de sa mort.

Feuille imprimée et diffusée par Marat pour dénoncer les ennemis de la Révolution et défendre les sans-culottes. Son arme principale d'influence politique.

Arme achetée par Charlotte Corday au Palais-Royal, avec laquelle elle poignarda Marat d'un seul coup au cœur le 13 juillet 1793.

Instruments avec lesquels Marat rédigeait ses articles, parfois posés sur une planche au-dessus de sa baignoire. Symbole du journaliste infatigable.

Appareils utilisés par Marat avant la Révolution pour ses expériences sur le feu, l'électricité et la lumière, qu'il espérait faire reconnaître par l'Académie des sciences.

Insigne bleu-blanc-rouge porté par les révolutionnaires pour afficher leur attachement à la nation et à la Révolution.
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Vie quotidienne
Matin
Pendant ses années de clandestinité, Marat se réveillait souvent dans des caves ou des logements de fortune, surveillant les arrestations. Il commençait tôt à lire les nouvelles de Paris et à préparer les articles de son journal.
Après-midi
Ses journées étaient consacrées à l'écriture acharnée de L'Ami du peuple : rédaction de dénonciations, lecture du courrier des lecteurs et rencontres avec des militants des clubs révolutionnaires.
Soir
Le soir, il poursuivait son travail d'imprimerie et de diffusion, parfois jusque tard dans la nuit, malgré la fatigue et les douleurs de sa maladie de peau.
Alimentation
Malade et souvent reclus, Marat se nourrissait sobrement ; sa santé fragile et son mode de vie clandestin laissaient peu de place aux repas réguliers. On rapporte qu'il prenait surtout des aliments simples.
Vêtements
À la fin de sa vie, Marat portait des vêtements modestes, parfois un simple linge ou un peignoir, en raison de sa maladie ; il avait renoncé aux habits soignés de sa période de médecin de cour.
Habitat
Après une jeunesse voyageuse (Suisse, Angleterre, France) et une période confortable comme médecin, il vécut ses dernières années dans des logements modestes du quartier des Cordeliers à Paris, où il fut assassiné.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Les Chaînes de l'esclavage
1774
Découvertes sur le feu, l'électricité et la lumière
1779-1782
Offrande à la patrie
1789
L'Ami du peuple
1789-1793
Plan de législation criminelle
1780






