Augustin d’Hippone
Augustin d’Hippone
354 — 430
Rome antique
Théologien et philosophe chrétien du IVe siècle, évêque d'Hippone en Afrique du Nord. Auteur des Confessions et de La Cité de Dieu, il est l'un des Pères de l'Église latine les plus influents de l'histoire du christianisme.
Citations célèbres
« Notre cœur est sans repos jusqu'à ce qu'il trouve son repos en toi. »
« Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne repose pas en toi. »
« Aime et fais ce que tu veux. »
Faits marquants
- 354 : Naissance à Thagaste (actuelle Algérie)
- 386 : Conversion au christianisme après une longue quête intellectuelle
- 396 : Devient évêque d'Hippone
- 397-400 : Rédige les Confessions, première autobiographie spirituelle de l'Occident
- 430 : Mort à Hippone lors du siège vandale
Œuvres & réalisations
Récit autobiographique en treize livres retraçant le chemin spirituel d'Augustin de sa naissance à sa conversion. Considéré comme le premier grand texte autobiographique de la littérature occidentale, il est encore lu et étudié aujourd'hui dans le monde entier.
Vaste œuvre apologétique en vingt-deux livres rédigée en réponse au sac de Rome de 410. Augustin y développe une théologie de l'histoire opposant la cité terrestre, fondée sur l'amour de soi, à la cité céleste, fondée sur l'amour de Dieu ; ce texte fonda la pensée politique médiévale.
Traité théologique en quinze livres sur le mystère de la Trinité chrétienne, qui cherche à en trouver des traces dans la structure de l'âme humaine. Œuvre majeure de la théologie latine, elle influença profondément la scolastique médiévale.
La plus volumineuse des œuvres d'Augustin, composée de sermons et commentaires sur chacun des 150 Psaumes bibliques. Elle révèle sa méthode d'interprétation allégorique des Écritures et sa piété profonde.
Manuel d'herméneutique biblique et de rhétorique chrétienne définissant comment interpréter et communiquer les Écritures. Ce texte fondateur fixa les règles de la prédication et de l'exégèse pour tout le Moyen Âge.
Révision critique de l'ensemble de son œuvre écrite, dans laquelle Augustin revient sur ses textes pour en corriger les erreurs ou nuancer les positions. Document unique dans l'Antiquité témoignant de son souci de rigueur intellectuelle jusqu'à la fin de sa vie.
Anecdotes
Avant sa conversion, Augustin mena une vie dissolue et entretint une concubine pendant quinze ans, avec qui il eut un fils, Adéodat. Dans ses Confessions, il raconte avoir prié : « Seigneur, donnez-moi la chasteté et la continence, mais pas encore. » Cette formule révèle avec humour et honnêteté son combat intérieur entre désir et foi.
Augustin fut d'abord séduit par le manichéisme, une religion dualiste qui opposait le bien et le mal comme deux forces égales. Il y adhéra pendant neuf ans avant d'en découvrir les contradictions intellectuelles grâce à un débat avec l'évêque manichéen Faustus de Milève, dont il fut très déçu par la pauvreté des arguments.
Sa conversion définitive eut lieu en 386, dans un jardin de Milan, lorsqu'il entendit une voix d'enfant répéter « Tolle, lege » (prends et lis). Il ouvrit les épîtres de Paul au hasard et fut foudroyé par le passage lu. Il fut baptisé l'année suivante par Ambroise de Milan lors de la nuit de Pâques 387.
Lorsque les Wisigoths de Alaric pillèrent Rome en 410, beaucoup accusèrent les chrétiens d'avoir affaibli l'Empire en abandonnant les dieux anciens. Augustin rédigea alors La Cité de Dieu, une œuvre monumentale de vingt-deux livres pour réfuter cette accusation et proposer une nouvelle vision de l'histoire humaine fondée sur la Providence divine.
Augustin mourut en août 430 alors que les Vandales assiégeaient Hippone. Il était âgé de soixante-quinze ans et avait dirigé son diocèse pendant trente-quatre ans. Selon son biographe Possidius, il fit inscrire les psaumes de la pénitence sur les murs de sa chambre pour les lire jusqu'à ses derniers instants, pleurant continuellement.
Sources primaires
Notre cœur est sans repos jusqu'à ce qu'il trouve sa paix en toi. Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne repose pas en toi.
Deux amours ont donc bâti deux cités : l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu, la cité terrestre ; l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi, la cité céleste.
Nous voyons maintenant comme dans un miroir et en énigme, mais alors nous verrons face à face. Maintenant je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme je suis connu.
Ce que tu ne peux pas, confesse-le ; ce que tu peux, accomplis-le. Ce que tu n'as pas encore, demande-le. Car sans moi vous ne pouvez rien faire.
C'est pour cela que nous prions, afin que notre désir s'exerce et se dilate pour pouvoir recevoir ce que nous sommes préparés à obtenir.
Galerie
Triunfo del Sacramento - Francisco de Herrera el Mozo
Wikimedia Commons, Public domain — Francisco Herrera the Younger
Münster, St.-Lamberti-Kirche, Westportal -- 2017 -- 9787
Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Dietmar Rabich
Xanten Dom statue Saint Augustine
Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Ad Meskens You are free to use this picture for any purpose as long as you credit its author, Ad Meskens. Example:

