Philosophe, biographe et moraliste grec vivant sous l'Empire romain (v. 46-120 apr. J.-C.). Auteur des célèbres Vies parallèles, il compare grands hommes grecs et romains. Ses Œuvres morales font de lui une référence majeure de la pensée antique.
Plutarque(40 — 120)
Plutarque
Rome antique
9 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« L'âme est une voyageuse qui passe dans le monde comme dans une auberge.»
« Ce n'est pas l'histoire que j'écris, mais des vies.»
« La flatterie est un aliment doux mais nuisible.»
Faits marquants
- Né vers 46 apr. J.-C. à Chéronée en Béotie (Grèce)
- Rédige les Vies parallèles, biographies couplées de 50 personnages grecs et romains
- Auteur des Œuvres morales (Moralia), recueil de 78 traités philosophiques et éthiques
- Prêtre d'Apollon à Delphes vers la fin de sa vie
- Mort vers 120 apr. J.-C. ; son œuvre influence profondément la Renaissance européenne
Œuvres & réalisations
Recueil de 23 paires de biographies comparant un grand homme grec et un grand homme romain (Alexandre/César, Solon/Publicola…). Œuvre fondamentale qui influença profondément la Renaissance européenne et la vision moderne de l'Antiquité.
Ensemble de 78 traités couvrant l'éthique, la philosophie, la religion, la politique et la science. Ces textes font de Plutarque une source essentielle pour comprendre la pensée morale et la vie quotidienne gréco-romaine.
Traité philosophique dédié à un ami, exposant les moyens de parvenir à la sérénité intérieure. Plutarque y développe une sagesse pratique fondée sur le platonisme, accessible à un large public cultivé.
Recueil de discussions tenues lors de banquets, mêlant questions scientifiques, philosophiques et anecdotes historiques. Document précieux sur les pratiques intellectuelles et sociales de l'élite gréco-romaine du Ier siècle.
Traité pédagogique longtemps attribué à Plutarque, préconisant une éducation alliant nature, habitude et raison. Il influença durablement les théories éducatives de l'Antiquité tardive et de la Renaissance.
Dialogue philosophique et dramatique mêlant un complot politique thébain et une réflexion sur la nature du démon de Socrate. Témoignage important de la spiritualité néoplatonicienne de Plutarque.
Anecdotes
Plutarque fut nommé prêtre du sanctuaire d'Apollon à Delphes, probablement vers 95 apr. J.-C., et il exerça cette fonction avec une grande dévotion jusqu'à la fin de sa vie. Il contribua activement à la restauration du prestige de l'oracle, rédigeant plusieurs traités philosophiques sur la nature des prophéties delphiques.
Pour rédiger ses Vies parallèles, Plutarque entreprit de nombreuses recherches dans des bibliothèques grecques et romaines, mais il avoua lui-même dans sa Vie de Démosthène qu'il lisait difficilement le latin. Il dut donc s'appuyer sur des sources grecques et sur l'aide d'amis romains pour compléter ses portraits de personnages latins.
Plutarque resta profondément attaché à sa ville natale de Chéronée, en Béotie, refusant les honneurs et les postes qui l'auraient éloigné de cette cité modeste. Il écrivit : 'Je vis dans une petite ville et je l'habite de bon gré afin qu'elle ne devienne pas encore plus petite.' Cette fidélité à ses racines est souvent citée comme un témoignage de sa sagesse.
L'Empereur Trajan aurait accordé à Plutarque, selon une tradition tardive, les ornements consulaires et lui aurait demandé de ne prendre aucune décision administrative en Illyrie sans sa consultation. Bien que l'authenticité de ce récit soit discutée par les historiens modernes, il témoigne de la haute estime dans laquelle les Romains tenaient ce philosophe grec.
Dans ses Propos de table, Plutarque rapporte des discussions animées tenues lors de banquets réunissant philosophes, médecins et lettrés. Ces textes révèlent un homme curieux de tout, débattant aussi bien de l'origine de la sympathie entre certains animaux que de la question de savoir si l'eau ou le feu fut inventé en premier — reflet d'une culture encyclopédique typique de son époque.
Sources primaires
Ce n'est pas des histoires que j'écris, mais des vies ; et ce n'est pas toujours dans les actions les plus éclatantes que se manifestent la vertu ou le vice, mais souvent un fait léger, un mot, une plaisanterie font mieux connaître le caractère d'un homme que les batailles où il périt des milliers d'hommes.
Ce n'est pas dans les lieux, ni dans les pays étrangers, ni dans les changements d'état qu'il faut chercher le repos de l'âme, mais en nous-mêmes.
L'homme sensé doit faire de chaque chose un usage utile. L'ennemi est utile à ceux qui savent en tirer parti et qui regardent l'inimitié elle-même comme une école de vigilance.
Solon fut le premier à donner aux Athéniens la loi qui défend de parler en mal des morts. Il y a de la piété à respecter ceux qui ne sont plus, de la justice à épargner ceux qui sont absents, et d'une bonne politique de ne pas perpétuer les haines.
La philosophie est la seule discipline qui nous enseigne à faire ce qu'il faut faire, à honorer les dieux, à respecter les parents, à chérir les anciens, à obéir aux lois, à se soumettre aux gouvernants et à aimer ses amis.
Lieux clés
Ville natale de Plutarque, à laquelle il resta profondément attaché toute sa vie malgré ses voyages. Il y enseigna, y accueillit des disciples et y rédigea l'essentiel de son œuvre.
Site du célèbre sanctuaire d'Apollon où Plutarque fut prêtre pendant les dernières décennies de sa vie. Il y consacra plusieurs œuvres philosophiques sur la nature de la divination et des oracles.
Ville où Plutarque étudia la philosophie sous la direction d'Ammonios, fréquentant l'Académie platonicienne. Il y acquit les fondements de sa pensée philosophique et de sa vaste culture littéraire.
Capitale de l'Empire que Plutarque visita à plusieurs reprises pour enseigner, rencontrer des notables et effectuer des recherches. Ses séjours romains lui permirent de collecter des sources sur les grands hommes latins qu'il mit en parallèle avec les Grecs.
Objets typiques

Support d'écriture principal de l'Antiquité, sur lequel Plutarque rédigeait et consultait ses sources. Ses œuvres, très volumineuses, nécessitaient des dizaines de rouleaux pour être copiées et diffusées.

Outil courant pour la prise de notes rapide lors de recherches ou de discussions philosophiques. Plutarque les utilisait probablement pour noter des anecdotes et citations avant de les intégrer dans ses œuvres.

Source de lumière indispensable pour les séances de lecture et d'écriture nocturnes. Dans l'Antiquité, les lettrés comme Plutarque travaillaient fréquemment à la lueur de telles lampes après le coucher du soleil.

Objet cultuel emblématique du sanctuaire d'Apollon à Delphes, où la Pythie rendait ses oracles assise sur un trépied au-dessus d'une fissure de la roche. En tant que prêtre de Delphes, Plutarque en fit l'objet de plusieurs traités philosophiques.

Vase plat utilisé lors des cérémonies religieuses pour verser des offrandes liquides aux dieux. Plutarque, en sa qualité de prêtre, présidait régulièrement de tels rituels à Delphes et en décrivit la signification dans ses écrits.

Plutarque se réclamait de la philosophie platonicienne et possédait vraisemblablement des représentations de son maître à penser. Sa bibliothèque et son cadre de travail étaient ornés d'images des philosophes qu'il admirait.
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Vie quotidienne
Matin
Plutarque se levait tôt, comme le voulait la coutume antique. Il commençait sa journée par des ablutions rituelles puis des prières et libations aux dieux, notamment à Apollon dont il était prêtre. Il consacrait ensuite la première partie de la matinée à la lecture de rouleaux de papyrus, prenant des notes sur ses tablettes de cire.
Après-midi
L'après-midi était dédié à l'enseignement et aux discussions philosophiques avec ses disciples et les visiteurs de passage à Chéronée. Plutarque tenait une petite école dans sa demeure, commentant Platon et discutant des questions morales et religieuses. Les jours de grand sanctuaire, il se rendait à Delphes pour remplir ses fonctions sacerdotales.
Soir
Les soirées de Plutarque étaient souvent occupées par des banquets philosophiques (symposia), réunissant amis, intellectuels et personnalités de passage. On y débattait de sujets variés — religion, science, histoire — dans une atmosphère cultivée et conviviale. Il rédigeait ensuite, à la lueur de sa lampe à huile, les conversations et réflexions de la journée.
Alimentation
Plutarque était végétarien par conviction philosophique et morale, refusant de tuer des animaux pour se nourrir, position qu'il défendit dans son traité 'Du végétarisme'. Son alimentation se composait principalement de légumes, légumineuses, fromages, olives, figues et pain d'orge — nourriture commune de la Grèce antique. Le vin, toujours coupé d'eau, était consommé avec modération lors des repas et des symposia.
Vêtements
Plutarque portait la tenue habituelle des hommes cultivés gréco-romains de son époque : un chiton (tunique de lin) recouvert d'un himation (grand manteau de laine drapé) en blanc ou en teintes naturelles. Lors de ses fonctions sacerdotales à Delphes, il revêtait des vêtements rituels purifiés, de couleur blanche, conformément aux prescriptions religieuses. Sa tenue était sobre et digne, en accord avec ses idéaux philosophiques de tempérance.
Habitat
Plutarque vivait dans une maison aisée de Chéronée, ville modeste de Béotie. Sa demeure comprenait probablement une bibliothèque bien fournie, un jardin et une salle de réception où il accueillait élèves et visiteurs. Fidèle à sa philosophie, il préférait ce cadre familier à la richesse et au prestige que lui auraient offerts Rome ou Athènes.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Esthétique gréco-romaine impériale : architecture de marbre, lumière dorée méditerranéenne et palette de teintes chaudes évoquant le monde intellectuel et spirituel de Plutarque.
Ambiance sonore
Ambiance sonore du monde gréco-romain du Ier-IIe siècle : cadre sacré de Delphes et vie quotidienne d'un lettré béotien, entre rituels religieux et discussions philosophiques.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Vies parallèles (Βίοι Παράλληλοι)
v. 100-120 apr. J.-C.
Œuvres morales (Ἠθικά — Moralia)
v. 80-120 apr. J.-C.
De la tranquillité de l'âme (Περὶ εὐθυμίας)
v. 90-100 apr. J.-C.
Propos de table (Συμποσιακά)
v. 100-110 apr. J.-C.
De l'éducation des enfants (Περὶ παίδων ἀγωγῆς)
v. 80-100 apr. J.-C.
Sur le signe de Socrate (Περὶ τοῦ Σωκράτους δαιμονίου)
v. 100-115 apr. J.-C.






