Banshee
Le Hurleur
Irlande
La Banshee est un esprit féminin du folklore irlandais médiéval dont les lamentations nocturnes annoncent la mort imminente d'un membre d'une famille irlandaise de souche. Son nom gaélique, Bean Sídhe, signifie « femme des tertres féeriques ».
Faits marquants
- La Banshee apparaît dans les textes irlandais médiévaux dès le VIIIe siècle comme gardienne de certaines familles nobles.
- Elle est associée aux grandes familles irlandaises de pure souche gaélique, notamment celles dont le nom commence par Ó ou Mac.
- Elle se manifeste sous trois aspects : jeune femme, matrone ou vieille hag (la Cailleach), selon les régions d'Irlande.
- Ses lamentations (keening) sont décrites comme un mélange de gémissements, de chants funèbres et de pleurs stridents.
- La tradition du keening, chant funèbre féminin réel, est intimement liée à la figure mythologique de la Banshee.
Œuvres & réalisations
L'une des premières occurrences littéraires d'une figure préfigurant la Banshee, avec la description d'une femme prophétisant la mort d'un roi irlandais par ses lamentations.
Plus ancien manuscrit irlandais conservé, il contient des récits mythologiques fondamentaux incluant des descriptions de figures féminines surnaturelles pleureuses issues du monde des Tuatha Dé Danann.
Compilation monumentale des chroniques irlandaises médiévales qui relate plusieurs événements associés à des présages surnaturels, dont des lamentations de Banshees avant la mort de grands rois.
Première collecte systématique et scientifique des traditions orales irlandaises sur les êtres féeriques, incluant des témoignages détaillés sur la Banshee tels qu'ils étaient encore vivants au début du XIXe siècle.
Étude universitaire de référence qui analyse exhaustivement les sources médiévales et modernes sur la Banshee, établissant sa place centrale dans la culture irlandaise sur plus de quinze siècles.
Anecdotes
Le nom gaélique Bean Sídhe, « femme des tertres féeriques », désigne un être surnaturel intimement lié aux grandes familles irlandaises d'origine celtique. Selon la tradition, seules les familles portant des patronymes commençant par Ó ou Mac pouvaient entendre ses cris, ce qui en faisait un signe réservé à l'aristocratie gaélique.
Les chroniques médiévales irlandaises mentionnent la Banshee dès le VIIIe siècle dans le Leabhar Gabhála Éireann. On y décrit des femmes-esprits associées aux Tuatha Dé Danann, les divinités celtiques préchrétiennes, qui pleuraient les héros tombés au combat.
La Banshee se manifestait sous plusieurs apparences : parfois une vieille femme décharnée aux yeux rouges d'avoir trop pleuré, parfois une belle jeune femme aux cheveux d'argent. Cette dualité reflète la conception celtique de la mort comme passage entre deux états, ni tout à fait terrifiante ni bienveillante.
La famille O'Brien, descendante du roi Brian Boru — qui mourut à la bataille de Clontarf en 1014 —, était réputée pour avoir sa propre Banshee attitrée, appelée Aibell. Cette figure protectrice et pleureuse illustre comment la Banshee pouvait aussi être perçue comme une gardienne fidèle du lignage.
Contrairement à une idée reçue, la Banshee n'est pas une cause de mort mais une annonciatrice. Dans certains récits du XIIe siècle, plusieurs Banshees pleurant ensemble signalaient la mort d'un grand roi ou d'un saint, multipliant ainsi l'ampleur du deuil collectif.
Sources primaires
Les récits des Tuatha Dé Danann évoquent des femmes divines aux pleurs prophétiques, associées aux tumuli et aux collines sacrées, messagères entre le monde des vivants et celui des morts.
Avant la mort du roi Conaire Mór, une femme aux longs cheveux et aux vêtements multicolores apparaît en pleurant devant le hostel, signe funeste que les annalistes médiévaux associeront explicitement à la figure de la Bean Sídhe.
À la mort de Brian Boru à Clontarf, les chroniqueurs rapportent que des lamentations surnaturelles furent entendues dans la nuit, attribuées par le peuple à Aibell, la Banshee protectrice des O'Brien.
Les femmes des Tuatha Dé Danann poussent des cris rituels (keening) sur les morts du champ de bataille, pratique qui s'enracine dans le même substrat mythologique que celui de la Banshee.
Lieux clés
Colline sacrée associée à Aibell, la Banshee protectrice des O'Brien. C'est ici qu'aurait résidé l'esprit qui pleura la mort de Brian Boru en 1014.
Tumulus néolithique réinterprété par les Celtes comme une entrée vers le Sídhe, le monde souterrain des êtres féeriques. Ces sites sont le territoire mythologique de la Banshee.
Siège symbolique des rois suprêmes d'Irlande, lieu de convergence des traditions mythologiques gaéliques où la frontière entre monde des vivants et monde des fées s'amincit selon les croyances médiévales.
Les rives du Shannon sont associées dans le folklore à des apparitions de la Banshee lavant des linceuls, version irlandaise de la figure de la Lavandière de nuit présente dans d'autres traditions celtiques.
Région d'Irlande rurale restée longtemps gaélophone où les récits de Banshee se sont conservés avec le plus de vigueur, transmis oralement de génération en génération.
Galerie
The Poets and poetry of Ireland : with historical and critical essays and notes
Wikimedia Commons, Public domain — Williams, Alfred M. (Alfred Mason), 1840-1896, ed
The naval history of the Civil War
Wikimedia Commons, Public domain — Porter, David D. (David Dixon), 1813-1891






