Azraël est l'ange de la mort dans les traditions islamique et juive. Il est chargé de séparer l'âme du corps au moment du trépas et de consigner les naissances et les décès dans un grand livre céleste.
Azrael
Azraël
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Mentionné dans les traditions islamiques (hadîths) comme l'un des quatre grands archanges
- Dans le judaïsme médiéval, son rôle est détaillé dans des textes comme le Zohar (XIIIe siècle)
- Il est décrit comme une créature cosmique gigantesque ayant un pied sur la Terre et l'autre sur la mer
- Dans l'islam, il est associé à la sourate As-Sajda (Coran 32:11) qui évoque l'ange chargé de reprendre les âmes
- Son nom signifie littéralement 'aide de Dieu' en hébreu (עזראל, Ezra'el)
Œuvres & réalisations
Le texte sacré de l'Islam mentionne le 'Malak al-Mawt' (Ange de la Mort) sans le nommer Azraël explicitement. Ces versets constituent la source théologique fondatrice de la figure dans la tradition islamique.
Ce recueil de hadîths authentifiés contient les principales descriptions d'Azraël et du processus de séparation de l'âme, constituant la référence normative pour les musulmans sunnites sur la mort et le rôle de l'ange.
Ce chef-d'œuvre de la pensée islamique médiévale consacre un livre entier à la mort et à l'agonie avec l'intervention d'Azraël. Il synthétise toute la tradition antérieure et diffuse une image cohérente de l'ange dans la piété populaire.
Le Talmud babylonien codifie le Malakh ha-Mavet dans le judaïsme rabbinique, avec des récits mettant en scène l'Ange de la Mort face à des figures comme Moïse ou David, textes fondateurs de la tradition juive eschatologique.
Ce texte central de la Kabbale médiévale décrit l'ange de la mort avec une richesse symbolique inédite dans le judaïsme, parfois identifié à Azraël ou à Samaël, influençant durablement la mystique juive et chrétienne.
Le grand poème mystique persan de Jalâl al-Dîn Rûmî contient des méditations poétiques sur la mort et la rencontre avec l'Ange, dont la célèbre parabole du fuyard rattrapé par Azraël en Inde, contribuant à diffuser cette figure dans toute la culture persane et ottomane.
Anecdotes
Le nom Azraël (en arabe : عزرائيل, 'Izrā'īl) n'apparaît pas explicitement dans le Coran, qui le désigne simplement comme 'Malak al-Mawt', l'Ange de la Mort. C'est dans la littérature des hadîths et dans les commentaires coraniques médiévaux (tafsîr) qu'Azraël est nommé et décrit pour la première fois avec précision, témoignant d'un processus de codification progressive au fil des siècles.
Selon plusieurs traditions islamiques rapportées dans des ouvrages de hadîths, Azraël serait d'une taille prodigieuse : ses pieds posés sur la Terre, sa tête toucherait les cieux. Son corps tout entier serait couvert d'yeux et de langues, autant qu'il existe d'âmes humaines à recenser, chacun s'éteignant à la mort de la personne correspondante.
Dans la mystique juive, notamment la Kabbale médiévale et le Zohar (XIIIe siècle), l'ange de la mort est parfois assimilé à Samaël ou à Azraël. Il tiendrait une épée dont la pointe distille une goutte d'amertume qui provoque le dernier souffle. Cette image a profondément marqué l'iconographie funéraire européenne du Moyen Âge.
Une légende islamique célèbre, reprise dans de nombreux recueils médiévaux, raconte qu'un homme aperçoit Azraël à la cour d'un calife. Saisi de terreur, il demande au vent de l'emporter jusqu'en Inde pour lui échapper. Mais Azraël confie au calife qu'il avait justement rendez-vous avec cet homme... en Inde. Cette parabole illustre l'inexorabilité de la mort et circule dans toute la littérature morale arabe et persane.
Le théologien et philosophe Al-Ghazâlî (1058–1111), dans son monumental 'Ihyâ 'Ulûm al-Dîn' (Revivification des sciences religieuses), consacre de longs développements à Azraël et au processus de séparation de l'âme du corps. Il décrit comment l'ange agit différemment selon la vertu du défunt : avec douceur pour les croyants pieux, avec rigueur pour les impies, contribuant à forger une image très précise de cette figure dans la piété islamique médiévale.
Sources primaires
Dis : 'L'Ange de la Mort qui est chargé de vous recueillir vous rappellera à lui, puis vous serez ramenés vers votre Seigneur.'
Le Prophète dit : 'Lorsque l'âme du croyant s'apprête à quitter le corps, des anges aux visages lumineux descendent du ciel... et l'Ange de la Mort vient s'asseoir à sa tête et dit : Ô belle âme, sors vers le pardon et la satisfaction de Dieu.'
L'Ange de la Mort se tient au chevet du malade et tient en main une épée dégainée, au bout de laquelle pend une goutte de fiel. Quand le mourant la voit, il tremble et ouvre la bouche ; la goutte tombe et il meurt.
Sache que les anges sont présents au moment de l'agonie. Azraël, chargé de saisir les âmes, prend celle du croyant avec la même délicatesse qu'on retire un cheveu de la pâte, tandis qu'il arrache celle de l'impie comme on extirpe les épines d'un tissu mouillé.
Il est le Dominateur suprême au-dessus de Ses serviteurs. Il envoie sur vous des gardiens jusqu'à ce que la mort de l'un d'entre vous survienne : Nos envoyés le rappellent à Nous, sans négliger quoi que ce soit.
Lieux clés
Lieu saint pour les trois religions abrahamiques, Jérusalem est au cœur des cosmologies eschatologiques liées à Azraël. La tradition islamique situe notamment au Mont du Temple un point de contact entre le monde des vivants et celui des morts.
Ce site de Jérusalem, troisième lieu saint de l'Islam, est lié au Voyage nocturne du Prophète (Mi'râj) durant lequel celui-ci rencontre les anges du ciel, dont l'Ange de la Mort ; il constitue un ancrage géographique de la cosmologie islamique.
La Maison de la Sagesse de Bagdad, aux VIIIe–Xe siècles, fut le principal foyer de synthèse intellectuelle où les traditions angélologiques juives, chrétiennes, perses et grecques fusionnèrent, contribuant à forger la figure codifiée d'Azraël.
Cité de coexistence entre chrétiens, juifs et musulmans (XIe–XIIIe siècles), Tolède fut un carrefour d'échanges théologiques où les traditions angéliques des trois religions se croisèrent, influençant notamment la Kabbale espagnole qui intègre la figure d'Azraël.
Durant l'exil des Hébreux à Babylone (VIe siècle av. J.-C.), le contact avec les croyances mésopotamiennes sur les esprits psychopompes influence profondément l'angélologie juive, posant les premières bases conceptuelles qui mèneront à la figure d'Azraël.
Objets typiques

La Table Gardée sur laquelle sont inscrits les noms de tous les êtres vivants. Azraël est chargé de rayer le nom de chaque être humain au moment de sa mort, selon les traditions islamiques médiévales.

Dans la mystique juive (Talmud et Zohar), l'Ange de la Mort brandit une épée au bout de laquelle pend une goutte d'amertume provoquant le dernier souffle ; cette image symbolise la puissance irrésistible de la mort.

Les traditions islamiques décrivent Azraël comme possédant des ailes immenses, parfois au nombre de quatre mille, couvrant l'espace entre l'Orient et l'Occident, symbolisant son ubiquité et sa capacité à être partout à la fois.

Azraël consigne dans un registre céleste les naissances et les décès de chaque être humain. Ce symbole du livre cosmique est commun aux traditions islamique et juive et reflète une conception divine de l'ordre universel.

Dans l'iconographie islamique médiévale, Azraël est parfois figuré tenant un linceul blanc, symbolisant la pureté du passage et la préparation rituelle du corps que les croyants doivent effectuer après la mort.

Bien que principalement associée à l'archange Michaël dans la tradition islamique, la balance eschatologique est parfois liée à Azraël dans certains textes mystiques, pesant les actes du défunt au moment du trépas.
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Vie quotidienne
Matin
En tant que figure angélique, Azraël n'existe pas dans le temps humain ordinaire. Sa 'matinée' est cosmique : il parcourt en un instant l'ensemble du monde des vivants, consultant le Grand Livre pour connaître les âmes dont l'heure est venue. Les théologiens médiévaux imaginent qu'il reçoit chaque aube de nouveaux ordres divins concernant les décès du jour.
Après-midi
Azraël est décrit dans les textes islamiques comme constamment en mouvement à travers les royaumes visibles et invisibles, séparant les âmes des corps avec douceur ou rigueur selon la vertu des défunts. Sa 'tâche' n'a ni pause ni répit : il est présent simultanément à chaque agonie, où qu'elle survienne sur Terre.
Soir
À chaque coucher de soleil, selon certaines traditions médiévales, Azraël inscrit dans le registre céleste les noms de ceux qui viennent de mourir dans la journée. Les soufis méditent sur ce moment comme une invitation à faire le bilan de sa propre journée, préparation spirituelle à la mort inéluctable.
Alimentation
Être purement spirituel, Azraël ne se nourrit d'aucune nourriture matérielle. Dans les textes mystiques islamiques et juifs, les anges subsistent par la contemplation divine et la récitation des louanges de Dieu (dhikr en arabe, zemirot en hébreu), une 'nourriture' spirituelle qui les maintient en existence.
Vêtements
Les enluminures islamiques médiévales dépeignent Azraël vêtu de longues robes noires ou sombres, souvent bordées de calligraphie dorée récitant des versets coraniques. Certaines traditions le décrivent en blanc, couleur de pureté funéraire, couvert d'yeux innombrables symbolisant son regard sur chaque vie humaine.
Habitat
Azraël réside dans les cieux supérieurs, au-delà de la septième sphère céleste, selon la cosmologie médiévale islamique héritée de Ptolémée et adaptée par les penseurs musulmans. Son 'demeure' est une région lumineuse inaccessible aux mortels, d'où il peut néanmoins se manifester instantanément en tout point du monde.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Enluminure islamique médiévale aux teintes indigo et or, figure angélique monumentale aux ailes sombres déployées sur un fond de sphères célestes, mêlant arabesque dorée et géométrie sacrée.
Ambiance sonore
Une atmosphère de silence solennel et recueilli, mêlant récitations coraniques et murmures de prières, évoquant le moment suspendu entre la vie et la mort dans les traditions islamique et juive médiévales.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Coran
VIIe siècle
Sahîh al-Bukhârî — Livre des funérailles (Kitâb al-Janâ'iz)
IXe siècle
Ihyâ 'Ulûm al-Dîn (Revivification des sciences religieuses) — Al-Ghazâlî
Vers 1095
Talmud de Babylone — Traité Avodah Zarah et Bava Metzia
Ve–VIe siècle (rédaction finale)
Zohar (Livre de la Splendeur) — Moïse de Léon
Vers 1290
Rûmî — Masnavi (Mathnawî)
XIIIe siècle





