Belphégor est un démon issu des traditions hébraïques et chrétiennes médiévales, associé au péché capital de la paresse. Considéré comme l'un des sept princes des enfers, il tente les hommes par la promesse de richesses et d'inventions ingénieuses. Son nom dérive de Baal-Peor, divinité moabite mentionnée dans la Bible.
Belphegor
Belphégor
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Son nom dérive de Baal-Peor, divinité cananéenne mentionnée dans les Nombres (25:3) de la Bible hébraïque
- Classé parmi les sept princes des enfers correspondant aux sept péchés capitaux dans la démonologie médiévale
- Décrit dans le 'Dictionnaire infernal' de Collin de Plancy (1818) comme tentateur par la paresse et les inventions
- Associé au péché capital de la paresse (acédie) dans la tradition chrétienne médiévale
- Mentionné dans plusieurs grimoires et traités démonologiques des XVIe et XVIIe siècles
Œuvres & réalisations
Texte fondateur mentionnant le culte de Baal-Peor et ses conséquences désastreuses pour le peuple d'Israël. Source première du nom et de l'origine de Belphégor dans la tradition religieuse.
Nouvelle satirique dans laquelle un archidiable est envoyé en mission d'observation sur Terre. Texte majeur qui inscrit Belphégor dans la littérature européenne de la Renaissance.
Traité de démonologie qui répertorie les démons et leurs attributions. L'une des premières œuvres à tenter une approche critique et rationalisée des croyances démonologiques médiévales.
Traité de l'évêque Binsfeld établissant la liste des sept princes des enfers associés aux péchés capitaux. C'est dans ce texte que Belphégor est officiellement lié à la paresse.
Encyclopédie de la démonologie synthétisant les traditions médiévales et modernes. La célèbre illustration de Belphégor par Louis Breton y forge l'image grotesque du démon qui s'impose jusqu'à nos jours.
Anecdotes
Le nom Belphégor vient de Baal-Peor, une divinité moabite mentionnée dans la Bible (Nombres 25). Les Israélites qui se prosternèrent devant cette idole furent frappés d'une grande calamité, et cet épisode fit de Baal-Peor une figure repoussoir dans la tradition hébraïque, qui le transforma progressivement en démon.
Selon la démonologie médiévale chrétienne, chacun des sept péchés capitaux était gouverné par un prince des enfers. Pierre Binsfeld, évêque auxiliaire de Trèves, établit en 1589 une classification précise : Belphégor fut ainsi officiellement associé à la paresse (acédie), ce péché consistant à fuir l'effort spirituel et moral.
Une légende médiévale répandue racontait que Belphégor avait été envoyé sur Terre par Satan pour vérifier si le mariage rendait vraiment les hommes heureux — comme certains le prétendaient en enfer. Après avoir observé les couples humains, il remonta aux enfers en courant, convaincu que l'institution du mariage était déjà une forme de supplice suffisante.
Belphégor est l'un des rares démons à qui la tradition demonologique attribue des talents d'inventeur. On le disait capable de suggérer aux hommes des découvertes ingénieuses et des richesses faciles — mais uniquement pour les corrompre par la tentation de la paresse et du gain sans effort.
Dans le célèbre Dictionnaire Infernal de Collin de Plancy (1818), l'illustrateur Louis Breton représenta Belphégor assis sur des toilettes, la bouche grande ouverte et l'air hébété. Cette image grotesque, devenue iconique, traduit à la fois l'idée de la paresse et le mépris médiéval pour les séductions diaboliques présentées comme ridicules.
Sources primaires
Israël s'attacha à Baal-Peor. La colère de l'Éternel s'enflamma contre Israël. L'Éternel dit à Moïse : Prends tous les chefs du peuple, et fais-les pendre devant l'Éternel.
Pluton, ayant convoqué en conseil tous les princes des Enfers, apprit que les âmes des hommes damnés attribuaient leur malheur aux femmes qu'ils avaient épousées. Il fut décidé d'envoyer un diable sur Terre pour s'en assurer.
Belphegor est le prince qui gouverne le vice de la paresse, car c'est par lui que l'ennemi du genre humain pousse les âmes à fuir le travail spirituel et à se laisser corrompre par l'oisiveté.
Belphégor est un démon que les Moabites adoraient sous la forme d'une jeune femme. D'autres auteurs ont prétendu qu'il se montrait sous des formes obscènes, et qu'il séduisait les hommes par des richesses et des découvertes ingénieuses.
Les démons cherchent à tromper les hommes par la flatterie et la promesse de biens terrestres, afin de détourner l'âme de la contemplation divine et de la précipiter dans la torpeur et l'indifférence.
Lieux clés
Lieu de culte de Baal-Peor mentionné dans la Bible (Nombres 23-25). C'est sur cette montagne dominant la plaine de Moab que se déroulèrent les rites qui valurent son nom au futur démon.
Centre de la tradition hébraïque et du monothéisme biblique contre lequel le culte de Baal-Peor était perçu comme une trahison grave. Les textes condamnant ce culte furent compilés et transmis ici.
Ville de résidence de Pierre Binsfeld, l'évêque qui codifie en 1589 la correspondance entre Belphégor et le péché de paresse. Trèves fut aussi le théâtre de grands procès en sorcellerie à la fin du XVIe siècle.
Ville natale de Machiavel, où fut rédigée vers 1515 la nouvelle satirique Belfagor arcidiavolo, qui popularisa la figure du démon espion envoyé sur Terre pour observer le mariage humain.
Objets typiques

Livre de magie noire contenant invocations et pactes avec les démons. Selon les démonologues médiévaux, Belphégor inspirait aux hommes des formules pour obtenir richesses et inventions sans labeur.

Belphégor est associé à la promesse de richesses faciles, offertes sans effort pour corrompre les hommes par la tentation de la paresse et de l'avidité mêlées.

Selon la tradition, Belphégor séduisait les inventeurs en leur soufflant des mécanismes ou découvertes censés apporter la fortune sans travail, corrompant ainsi l'esprit humain par la vanité.

Statue ou effigie de la divinité moabite dont Belphégor tire son nom. Dans la Bible, son culte est associé à la débauche et à l'apostasie des Israélites au pays de Moab.

Symbole géométrique utilisé dans les cérémonies de magie médiévale pour invoquer ou tenir à distance les démons. Les grimoires indiquent des pentacles spécifiques associés à Belphégor.

Objet magique par lequel les démons étaient censés montrer aux hommes de fausses visions de richesse et de succès, afin de les détourner du travail vertueux.
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Vie quotidienne
Matin
Selon les textes démonologiques médiévaux, Belphégor exerce son influence au lever du jour, lorsque les hommes doivent choisir entre le travail vertueux et l'oisiveté. Il est censé souffler à l'oreille des artisans et des savants des idées de machines ingénieuses prometteuses de richesses sans effort.
Après-midi
La tradition médiévale décrit Belphégor comme particulièrement actif durant les heures de l'après-midi, ce moment où la fatigue peut rendre les hommes réceptifs à la tentation de la paresse. Il se glisse dans les esprits des marchands et des inventeurs pour leur proposer des gains faciles et illusoires.
Soir
Au crépuscule, heure des offices et de la prière, Belphégor redouble d'efforts pour distraire les fidèles de leurs devoirs spirituels. Les démonologues le décrivent errant dans les tavernes et les maisons mal fermées, cherchant des âmes disposées à troquer leur vertu contre de fausses promesses de bonheur.
Alimentation
En tant que figure démoniaque, Belphégor n'a pas de besoins alimentaires propres. La tradition iconographique le représente cependant associé aux excès et aux plaisirs faciles de la table, symboles de la paresse morale et du refus des austérités chrétiennes.
Vêtements
L'iconographie médiévale représente généralement les démons nus ou couverts de fourrures animales sombres, signifiant leur nature bestiale opposée à la dignité humaine. Belphégor apparaît parfois vêtu de lambeaux de pourpre, couleur des faux rois et des richesses trompeuses.
Habitat
Selon la cosmologie médiévale chrétienne, Belphégor réside en Enfer, dans un cercle réservé aux démons gouvernant les vices. Il est parfois associé, dans les textes hébraïques, aux sanctuaires rupestres du mont Peor, et dans la tradition chrétienne, aux lieux abandonnés propices à la stagnation et à l'oisiveté.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style enluminure gothique médiévale tardive, avec une palette sombre aux tons de pourpre, d'ocre brûlé et de noir de fumée, évoquant les représentations démonologiques des manuscrits du XVe siècle.
Ambiance sonore
Une atmosphère de scriptorium médiéval nocturne mêlée à des résonances souterraines, évoquant à la fois l'origine biblique de Belphégor et le monde des démonologues chrétiens du Moyen Âge.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Livre des Nombres, chapitre 25 (Bible hébraïque)
VIIIe–Ve siècle avant J.-C.
Belfagor arcidiavolo, Niccolò Machiavel
Rédigé vers 1515, publié en 1549
De Praestigiis Daemonum, Jean Wier
1563
Tractatus de confessionibus maleficorum et sagarum, Pierre Binsfeld
1589
Dictionnaire Infernal, Jacques Collin de Plancy
1818 (édition illustrée : 1863)





