Belphegor

Belphégor

SpiritualitéMythologieMoyen ÂgeMoyen Âge chrétien et traditions démonologiques hébraïques

Belphégor est un démon issu des traditions hébraïques et chrétiennes médiévales, associé au péché capital de la paresse. Considéré comme l'un des sept princes des enfers, il tente les hommes par la promesse de richesses et d'inventions ingénieuses. Son nom dérive de Baal-Peor, divinité moabite mentionnée dans la Bible.

Faits marquants

  • Son nom dérive de Baal-Peor, divinité cananéenne mentionnée dans les Nombres (25:3) de la Bible hébraïque
  • Classé parmi les sept princes des enfers correspondant aux sept péchés capitaux dans la démonologie médiévale
  • Décrit dans le 'Dictionnaire infernal' de Collin de Plancy (1818) comme tentateur par la paresse et les inventions
  • Associé au péché capital de la paresse (acédie) dans la tradition chrétienne médiévale
  • Mentionné dans plusieurs grimoires et traités démonologiques des XVIe et XVIIe siècles

Œuvres & réalisations

Livre des Nombres, chapitre 25 (Bible hébraïque) (VIIIe–Ve siècle avant J.-C.)

Texte fondateur mentionnant le culte de Baal-Peor et ses conséquences désastreuses pour le peuple d'Israël. Source première du nom et de l'origine de Belphégor dans la tradition religieuse.

Belfagor arcidiavolo, Niccolò Machiavel (Rédigé vers 1515, publié en 1549)

Nouvelle satirique dans laquelle un archidiable est envoyé en mission d'observation sur Terre. Texte majeur qui inscrit Belphégor dans la littérature européenne de la Renaissance.

De Praestigiis Daemonum, Jean Wier (1563)

Traité de démonologie qui répertorie les démons et leurs attributions. L'une des premières œuvres à tenter une approche critique et rationalisée des croyances démonologiques médiévales.

Tractatus de confessionibus maleficorum et sagarum, Pierre Binsfeld (1589)

Traité de l'évêque Binsfeld établissant la liste des sept princes des enfers associés aux péchés capitaux. C'est dans ce texte que Belphégor est officiellement lié à la paresse.

Dictionnaire Infernal, Jacques Collin de Plancy (1818 (édition illustrée : 1863))

Encyclopédie de la démonologie synthétisant les traditions médiévales et modernes. La célèbre illustration de Belphégor par Louis Breton y forge l'image grotesque du démon qui s'impose jusqu'à nos jours.

Anecdotes

Le nom Belphégor vient de Baal-Peor, une divinité moabite mentionnée dans la Bible (Nombres 25). Les Israélites qui se prosternèrent devant cette idole furent frappés d'une grande calamité, et cet épisode fit de Baal-Peor une figure repoussoir dans la tradition hébraïque, qui le transforma progressivement en démon.

Selon la démonologie médiévale chrétienne, chacun des sept péchés capitaux était gouverné par un prince des enfers. Pierre Binsfeld, évêque auxiliaire de Trèves, établit en 1589 une classification précise : Belphégor fut ainsi officiellement associé à la paresse (acédie), ce péché consistant à fuir l'effort spirituel et moral.

Une légende médiévale répandue racontait que Belphégor avait été envoyé sur Terre par Satan pour vérifier si le mariage rendait vraiment les hommes heureux — comme certains le prétendaient en enfer. Après avoir observé les couples humains, il remonta aux enfers en courant, convaincu que l'institution du mariage était déjà une forme de supplice suffisante.

Belphégor est l'un des rares démons à qui la tradition demonologique attribue des talents d'inventeur. On le disait capable de suggérer aux hommes des découvertes ingénieuses et des richesses faciles — mais uniquement pour les corrompre par la tentation de la paresse et du gain sans effort.

Dans le célèbre Dictionnaire Infernal de Collin de Plancy (1818), l'illustrateur Louis Breton représenta Belphégor assis sur des toilettes, la bouche grande ouverte et l'air hébété. Cette image grotesque, devenue iconique, traduit à la fois l'idée de la paresse et le mépris médiéval pour les séductions diaboliques présentées comme ridicules.

Sources primaires

Bible hébraïque, Livre des Nombres, chapitre 25 (Rédigé entre le VIIIe et le Ve siècle avant J.-C.)
Israël s'attacha à Baal-Peor. La colère de l'Éternel s'enflamma contre Israël. L'Éternel dit à Moïse : Prends tous les chefs du peuple, et fais-les pendre devant l'Éternel.
Niccolò Machiavel, Belfagor arcidiavolo (L'Archidiable Belphégor) (Rédigé vers 1515, publié posthumément en 1549)
Pluton, ayant convoqué en conseil tous les princes des Enfers, apprit que les âmes des hommes damnés attribuaient leur malheur aux femmes qu'ils avaient épousées. Il fut décidé d'envoyer un diable sur Terre pour s'en assurer.
Pierre Binsfeld, Tractatus de confessionibus maleficorum et sagarum (1589)
Belphegor est le prince qui gouverne le vice de la paresse, car c'est par lui que l'ennemi du genre humain pousse les âmes à fuir le travail spirituel et à se laisser corrompre par l'oisiveté.
Jacques Collin de Plancy, Dictionnaire Infernal (1818 (édition illustrée : 1863))
Belphégor est un démon que les Moabites adoraient sous la forme d'une jeune femme. D'autres auteurs ont prétendu qu'il se montrait sous des formes obscènes, et qu'il séduisait les hommes par des richesses et des découvertes ingénieuses.
Jean Wier (Wierus), De Praestigiis Daemonum (1563)
Les démons cherchent à tromper les hommes par la flatterie et la promesse de biens terrestres, afin de détourner l'âme de la contemplation divine et de la précipiter dans la torpeur et l'indifférence.

Lieux clés

Mont Peor, Moab (actuelle Jordanie)

Lieu de culte de Baal-Peor mentionné dans la Bible (Nombres 23-25). C'est sur cette montagne dominant la plaine de Moab que se déroulèrent les rites qui valurent son nom au futur démon.

Jérusalem

Centre de la tradition hébraïque et du monothéisme biblique contre lequel le culte de Baal-Peor était perçu comme une trahison grave. Les textes condamnant ce culte furent compilés et transmis ici.

Trèves (Trier, Allemagne)

Ville de résidence de Pierre Binsfeld, l'évêque qui codifie en 1589 la correspondance entre Belphégor et le péché de paresse. Trèves fut aussi le théâtre de grands procès en sorcellerie à la fin du XVIe siècle.

Florence (Italie)

Ville natale de Machiavel, où fut rédigée vers 1515 la nouvelle satirique Belfagor arcidiavolo, qui popularisa la figure du démon espion envoyé sur Terre pour observer le mariage humain.

Galerie

Belphegor

Belphegor

Wikimedia Commons, Public domain — Louis Le Breton

Ill dict infernal p0103-89 belphegor

Ill dict infernal p0103-89 belphegor

Wikimedia Commons, Public domain — Louis Le Breton

Seal of Belphegor

Seal of Belphegor

Wikimedia Commons, CC0 — Ahohlan

Jean-Baptiste Oudry - Belphegor - 1734

Jean-Baptiste Oudry - Belphegor - 1734

Wikimedia Commons, Public domain — Jean-Baptiste Oudry

Belphégor, Éditions Tallandier, collection « Les Romans mystérieux »

Belphégor, Éditions Tallandier, collection « Les Romans mystérieux »

Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author


The History of Magic

The History of Magic

Wikimedia Commons, Public domain — Eliphas Lévi


The British essayists : with prefaces, historical and biographical

The British essayists : with prefaces, historical and biographical

Wikimedia Commons, Public domain — Chalmers, Alexander, 1759-1834


The British essayists : with prefaces, historical and biographical

The British essayists : with prefaces, historical and biographical

Wikimedia Commons, Public domain — Chalmers, Alexander, 1759-1834


The Clarendon historical society's reprints

The Clarendon historical society's reprints

Wikimedia Commons, Public domain — Clarendon Historical Society, Edinburgh


The British essayists : with prefaces, historical and biographical

The British essayists : with prefaces, historical and biographical

Wikimedia Commons, Public domain — Chalmers, Alexander, 1759-1834

Voir aussi