Barbara Carroll(1925 — 2017)

Barbara Carroll

États-Unis

5 min de lecture

MusiqueXXe siècleAmérique du XXe siècle, de l'âge d'or du bebop d'après-guerre aux clubs de jazz de Manhattan

Barbara Carroll (1925-2017) est une pianiste et chanteuse de jazz américaine, considérée comme l'une des premières femmes à jouer du bebop au piano. Elle a mené une longue carrière dans les clubs new-yorkais.

Questions fréquentes

Barbara Carroll (1925-2017) est une pianiste et chanteuse de jazz américaine. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle fut l'une des premières femmes à maîtriser le bebop au piano, un style alors dominé par les hommes. Contrairement à l'idée reçue que les femmes instrumentistes se limitaient au chant, elle dirigea son propre trio dès les années 1940 dans les clubs de la 52e rue à New York. Le critique Leonard Feather salua très tôt son talent, comme en témoignent ses notices de la fin des années 1940.

Faits marquants

  • Née en 1925 à Worcester (Massachusetts) et décédée en 2017 à New York
  • Pionnière du bebop au piano dans les années 1940, à une époque où peu de femmes s'y illustraient
  • Forme son propre trio à la fin des années 1940 et se produit à Broadway
  • Résidence musicale de longue durée au Bemelmans Bar du Carlyle Hotel à New York
  • Carrière s'étendant sur plus de six décennies jusqu'aux années 2010

Œuvres & réalisations

« Me and Juliet » (Broadway) (1953)

Comédie musicale de Rodgers et Hammerstein dans laquelle elle apparaît sur scène en pianiste, fait rare pour une musicienne de jazz.

« Barbara Carroll Trio » (RCA Victor) (vers 1956)

Album emblématique de sa formation en trio, témoin de son jeu de bebop au piano.

« Lullabies in Rhythm » (vers 1958)

Album où elle revisite des standards, confirmant sa réputation de pianiste raffinée.

Résidence au Bemelmans Bar du Carlyle (à partir de vers 1976)

Engagement musical de longue durée devenu une institution du jazz new-yorkais, où elle joue et chante pendant des décennies.

Carrière discographique sur plus de soixante ans (des années 1940 aux années 2000)

Une longue suite d'enregistrements qui la place parmi les pianistes de jazz les plus durables de sa génération.

Anecdotes

Dans les années 1940, le bebop est un jazz nouveau, rapide et complexe, joué presque uniquement par des hommes. Barbara Carroll s'impose pourtant comme l'une des premières femmes à le maîtriser au piano, en menant son propre trio dans les clubs de la 52e rue à New York. Le célèbre critique Leonard Feather la remarque très tôt et salue son talent.

En 1953, les grands compositeurs de Broadway Rodgers et Hammerstein lui confient un rôle dans leur comédie musicale « Me and Juliet » : elle y apparaît sur scène en pianiste, devant le public new-yorkais. Il était alors rare qu'une vraie musicienne de jazz joue ainsi dans un spectacle de Broadway.

Au début de sa carrière, son trio comprenait le contrebassiste Joe Shulman, qu'elle épousa en 1954. Leur histoire fut brève : Shulman mourut prématurément en 1957, et Barbara mit ensuite sa carrière entre parenthèses pendant plusieurs années.

Après une longue pause consacrée à sa vie de famille, elle revient sur scène dans les années 1970 et s'installe au Bemelmans Bar de l'hôtel Carlyle, à Manhattan. Elle y jouera pendant des décennies, presque jusqu'à sa mort en 2017, devenant une véritable institution du jazz new-yorkais.

Pianiste d'abord reconnue pour son jeu, Barbara Carroll s'est mise à chanter plus tard dans sa carrière, ajoutant sa voix à ses interprétations de standards. Elle jouait encore régulièrement à plus de 90 ans, fidèle à son piano jusqu'au bout.

Sources primaires

Nécrologie du New York Times (février 2017)
Le quotidien présente Barbara Carroll comme une pionnière du bebop au piano, morte à 92 ans, longtemps figure des clubs et des supper clubs de Manhattan.
Programme de la comédie musicale « Me and Juliet » (Broadway) (1953)
La production de Rodgers et Hammerstein fait figurer Barbara Carroll comme pianiste apparaissant sur scène durant le spectacle.
Album « Barbara Carroll Trio » (RCA Victor) (vers 1956)
Enregistrement en formation piano-contrebasse-batterie qui documente son jeu de bebop et son répertoire de standards, témoignage direct de son art.
Notices et critiques de Leonard Feather sur la scène jazz (fin des années 1940)
Le critique et historien du jazz signale Barbara Carroll parmi les rares femmes instrumentistes capables de jouer le bebop avec une réelle maîtrise.

Voir aussi