Béla Bartók est un compositeur, pianiste et musicologue hongrois, l'un des plus importants du XXe siècle. Pionnier de l'ethnomusicologie, il a collecté et étudié les musiques populaires d'Europe centrale et orientale pour les intégrer à un langage musical moderne.
Béla Bartók(1881 — 1945)
Béla Bartók
Hongrie, États-Unis
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« La compétition est faite pour les chevaux, pas pour les artistes.»
Faits marquants
- Né en 1881 à Nagyszentmiklós (alors en Hongrie, aujourd'hui en Roumanie).
- À partir de 1905, il collecte avec Zoltán Kodály des milliers de chants populaires hongrois, roumains et slovaques.
- Compose son opéra Le Château de Barbe-Bleue en 1911.
- Émigre aux États-Unis en 1940 pour fuir le nazisme et la guerre.
- Meurt en 1945 à New York, laissant inachevé son Concerto pour alto.
Œuvres & réalisations
Unique opéra de Bartók, sombre et symbolique, inspiré d'un conte ; un sommet du théâtre lyrique du XXe siècle.
Pièce pour piano au rythme martelé et percussif, manifeste de son style nouveau nourri de musique populaire.
Ballet-pantomime à la musique violente et moderne, longtemps censuré pour son sujet jugé scandaleux.
Œuvre maîtresse à l'architecture savante, célèbre pour ses atmosphères mystérieuses dites « musiques nocturnes ».
Recueil de 153 pièces pour piano, méthode progressive devenue un classique de l'enseignement musical.
Composé en exil et malade, c'est son œuvre orchestrale la plus jouée, brillante et accessible.
Cycle considéré comme l'un des plus importants pour quatuor depuis Beethoven, miroir de l'évolution de son langage.
Anecdotes
Dès 1906, Bartók et son ami Zoltán Kodály parcourent les campagnes de Hongrie, de Roumanie et de Slovaquie avec un phonographe à cylindres de cire pour enregistrer les chants des paysans. Bartók collectera ainsi plusieurs milliers de mélodies populaires, transcrites note à note, fondant la science de l'ethnomusicologie.
Bartók découvre que la vraie musique paysanne hongroise n'a presque rien à voir avec la musique « tzigane » jouée dans les cafés, que l'on prenait à tort pour la musique nationale. Cette révélation bouleverse son langage de compositeur et nourrit toute son œuvre.
Opposé farouchement au nazisme et au fascisme, Bartók interdit que sa musique soit diffusée par les radios allemande et italienne. En 1940, refusant de vivre sous l'ombre d'Hitler, il quitte la Hongrie pour s'exiler aux États-Unis.
Aux États-Unis, malade et désargenté, Bartók obtient un poste de recherche à l'université Columbia pour classer une collection de chants populaires serbo-croates. Il y poursuit son travail de musicologue jusqu'à ce que la maladie l'en empêche.
C'est sur son lit d'hôpital, atteint de leucémie, que Bartók compose en 1943 son Concerto pour orchestre, commande du chef Serge Koussevitzky. L'œuvre, devenue l'une de ses plus célèbres, lui redonne brièvement l'énergie de créer.
Sources primaires
La musique paysanne, au sens strict du terme, désigne les mélodies appartenant au répertoire de la classe paysanne d'une nation, mélodies qui s'expriment plus ou moins spontanément.
Les mélodies paysannes idéales sont des exemples de la perfection artistique la plus accomplie. À mes yeux, elles sont, à petite échelle, ce que les fugues de Bach ou les sonates de Mozart sont à grande échelle.
Bartók exigea qu'aucune rue ni place ne portât son nom en Hongrie tant que des rues ou des places y porteraient les noms de Hitler ou de Mussolini.
Lieux clés
Ville natale de Bartók, alors en Hongrie austro-hongroise, devenue roumaine après 1920. Symbole des frontières mouvantes de l'Europe centrale qu'il sillonna.
Bartók y étudie puis y enseigne le piano pendant près de trente ans. Cœur de sa vie musicale hongroise.
Régions rurales où Bartók collecta des milliers de mélodies roumaines et hongroises auprès des paysans. Terrain fondateur de l'ethnomusicologie.
En exil, Bartók y obtient un poste de chercheur pour classer une collection de chants populaires des Balkans.
Ville de son exil et de sa mort en 1945, où il composa le Concerto pour orchestre malgré la maladie.
Objets typiques

Appareil portatif d'enregistrement qu'il emportait dans les villages pour fixer la voix des paysans sur des cylindres de cire. C'est l'outil fondateur de sa collecte ethnomusicologique.

Instrument de prédilection de Bartók, virtuose concertiste autant que compositeur. Il l'utilise aussi pour transcrire et harmoniser les mélodies paysannes.

Cahier où il notait à la main, avec une précision extrême, les mélodies, rythmes et ornements entendus. Il y inventa des signes pour rendre les nuances des chants populaires.

Série de 153 pièces progressives pour piano qu'il composa pour l'apprentissage, du débutant au virtuose. Un objet à la fois pédagogique et musical, encore utilisé aujourd'hui.

Passionné de sciences naturelles, Bartók rassemblait coléoptères, plantes et minéraux. Cette curiosité de naturaliste se retrouve dans sa façon méthodique de classer les chants populaires.

Lors de ses voyages, il rapportait des objets et vêtements traditionnels des villages d'Europe centrale. Ils témoignent de son intérêt pour les cultures populaires qu'il étudiait.
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Vie quotidienne
Matin
En période de composition, Bartók travaillait avec rigueur, souvent au piano dès le matin, dans le silence dont il avait besoin. Méthodique, il alternait la création musicale et le classement minutieux de ses mélodies collectées.
Après-midi
L'après-midi pouvait être consacré à l'enseignement du piano à l'Académie de Budapest, ou à la transcription des cylindres de cire enregistrés dans les villages. Il était un travailleur infatigable et exigeant.
Soir
Le soir, il donnait des concerts comme pianiste virtuose, en Hongrie comme à l'étranger. Réservé et peu mondain, il préférait la lecture ou la nature à la vie de société.
Alimentation
Bartók avait une alimentation simple et frugale, sans excès. En exil aux États-Unis, ses moyens limités et sa santé déclinante réduisirent encore ses repas.
Vêtements
Il s'habillait avec sobriété, en tenue de ville classique de l'époque, costume et cravate, à l'image de son tempérament discret et sérieux.
Habitat
Il vécut surtout à Budapest, puis dans de modestes appartements à New York durant son exil. Amoureux de la nature, il appréciait les séjours à la campagne et à la montagne.






