Bettino Craxi(1934 — 2000)
Bettino Craxi
Italie, royaume d'Italie
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Homme d'État italien, secrétaire du Parti socialiste italien (PSI) puis président du Conseil de 1983 à 1987. Figure majeure de la vie politique italienne, sa carrière s'est achevée dans le scandale de corruption « Mani pulite ».
Questions fréquentes
Faits marquants
- Devient secrétaire national du Parti socialiste italien (PSI) en 1976
- Premier socialiste à devenir président du Conseil italien, de 1983 à 1987
- Gère la crise de Sigonella avec les États-Unis en 1985 (détournement de l'Achille Lauro)
- Mis en cause dans le scandale de corruption Tangentopoli révélé par l'enquête Mani pulite à partir de 1992
- S'exile à Hammamet en Tunisie pour échapper à ses condamnations et y meurt en 2000
Œuvres & réalisations
Craxi modernise et réoriente le PSI, en faisant un acteur central des coalitions de gouvernement et le démarquant nettement du Parti communiste.
Premier socialiste à diriger l'Italie, il mène le plus long gouvernement de la République jusqu'alors, dans une période de croissance économique.
Réforme historique mettant fin au statut de religion d'État du catholicisme et redéfinissant les rapports entre l'Italie et l'Église.
Affirmation diplomatique de l'indépendance italienne face aux États-Unis lors du face-à-face de Sigonella.
Son gouvernement réduit l'indexation automatique des salaires (« scala mobile ») pour combattre l'inflation, mesure confirmée par référendum en 1985.
Intervention restée célèbre où il dénonce le caractère généralisé du financement illégal des partis, défiant la classe politique tout entière.
Anecdotes
En 1985, lors de la crise de l'Achille Lauro, Craxi tient tête aux États-Unis : un paquebot italien est détourné par des militants palestiniens et un passager américain est tué. Quand des avions de chasse américains forcent l'avion des pirates à atterrir sur la base italienne de Sigonella, Craxi refuse de les livrer aux États-Unis, déclenchant un face-à-face tendu entre carabiniers italiens et soldats américains sur le tarmac.
Craxi voulait que le Parti socialiste se démarque des communistes : il fit remplacer le traditionnel symbole de la faucille et du marteau par un œillet rouge, fleur associée à la social-démocratie européenne. Ce changement d'emblème symbolisait sa volonté de moderniser et de « décommuniser » la gauche italienne.
Surnommé « il Cinghialone » (le gros sanglier) par ses adversaires, Craxi était réputé pour son caractère autoritaire et sa stature imposante. En 1993, après le scandale Mani pulite, des manifestants lancèrent des pièces de monnaie devant son hôtel romain à Rome, l'hôtel Raphaël, en criant « Bettino, tu veux ça aussi ? » pour dénoncer la corruption.
Plutôt que d'affronter ses procès en Italie, Craxi s'exila en 1994 dans sa villa de Hammamet, en Tunisie, où il vécut ses dernières années. Condamné par contumace, il refusa toujours de rentrer, se présentant comme une victime politique, et y mourut en 2000 sans avoir purgé ses peines.
En 1984, Craxi négocia avec le Vatican une révision du Concordat de 1929 : l'accord mit fin au statut de religion d'État du catholicisme en Italie, une réforme majeure portée par ce chef de gouvernement socialiste et laïque.
Sources primaires
Que se lève celui qui, dans cette assemblée, n'a jamais perçu de financement irrégulier ou illégal pour son parti. Une grande partie du financement politique est irrégulière ou illégale.
Le principe de la religion catholique comme seule religion de l'État italien, à l'origine rappelé par les Pactes du Latran, est considéré comme n'étant plus en vigueur.
Je ne suis pas un fugitif, je suis un exilé. On a voulu faire de moi le bouc émissaire d'un système que tous connaissaient et que beaucoup ont pratiqué.
Lieux clés
Ville natale de Craxi et berceau de son ascension politique. C'est aussi là que démarra l'enquête Mani pulite qui causa sa chute.
Siège de la présidence du Conseil italien, où Craxi gouverna de 1983 à 1987. Centre du pouvoir exécutif de la République.
Résidence romaine de Craxi où eut lieu, en 1993, la scène des pièces de monnaie lancées par les manifestants. Symbole de sa disgrâce publique.
Lieu du bras de fer de 1985 entre carabiniers italiens et soldats américains lors de la crise de l'Achille Lauro. Affirmation de la souveraineté italienne.
Station balnéaire tunisienne où Craxi vécut en exil de 1994 à 2000. Il y mourut sans être rentré affronter la justice italienne.






