Betty Carter est une chanteuse de jazz américaine, célèbre pour son art de l'improvisation vocale et du scat. Figure majeure du bebop, elle a marqué le jazz vocal de la seconde moitié du XXe siècle par sa liberté rythmique et mélodique.
Betty Carter(1929 — 1998)
Betty Carter
États-Unis
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née le 16 mai 1929 à Flint (Michigan) sous le nom de Lillie Mae Jones.
- Débute à la fin des années 1940 en chantant avec l'orchestre de Lionel Hampton, qui la surnomme 'Betty Bebop'.
- Enregistre en 1961 un album de duos remarqué avec Ray Charles.
- Fonde en 1969 son propre label indépendant, Bet-Car Records, rare pour une artiste de l'époque.
- Remporte un Grammy Award en 1988 pour l'album 'Look What I Got!' ; meurt le 26 septembre 1998 à Brooklyn.
Œuvres & réalisations
Album en duo avec Ray Charles ; sa chanson « Baby It's Cold Outside » devient un classique et lui apporte une notoriété nationale.
Maison de disques qu'elle crée et dirige pour produire librement sa propre musique, fait rare pour une artiste de jazz de l'époque.
Double album live souvent considéré comme son chef-d'œuvre, vitrine de sa liberté rythmique et de sa complicité avec le public.
Album récompensé par le Grammy Award de la meilleure prestation vocale de jazz, consécration par la profession.
Programme qu'elle fonde pour repérer et former de jeunes musiciens de jazz, prolongeant son rôle de découvreuse de talents.
Album live enregistré à Londres avec de jeunes musiciens, témoignant de sa vitalité et de son exigence jusque dans ses dernières années.
Anecdotes
Adolescente à Detroit, Betty Carter (encore appelée Lillie Mae Jones) montait sur scène dans les clubs de jazz et eut la chance de chanter aux côtés de géants du bebop comme Charlie Parker et Dizzy Gillespie lorsqu'ils passaient en tournée dans la ville. Ces rencontres précoces avec les inventeurs du bebop forgèrent son oreille et son goût de l'improvisation.
Engagée par le vibraphoniste Lionel Hampton à la fin des années 1940, elle reçut de lui le surnom moqueur de « Betty Bebop », car elle adorait ce style nouveau et audacieux que Hampton, lui, n'appréciait guère. La légende veut qu'il l'ait renvoyée puis réembauchée plusieurs fois : c'est de cette époque que vient son nom de scène, Betty Carter.
En 1961, son album en duo avec le célèbre Ray Charles, et notamment la chanson « Baby It's Cold Outside », lui apporta une notoriété nationale. Pourtant, refusant de devenir une chanteuse de variété, elle choisit de rester fidèle au jazz exigeant, quitte à connaître ensuite des années plus difficiles et confidentielles.
Frustrée par les maisons de disques qui voulaient contrôler sa musique, elle fonda en 1969 son propre label, Bet-Car Records : un geste rare et courageux pour une artiste afro-américaine de l'époque, qui lui permit de posséder et de diffuser ses propres enregistrements en toute liberté.
Son trio était surnommé une véritable « université du jazz » : Betty Carter y forma des dizaines de jeunes pianistes et musiciens promis à de grandes carrières. En 1993, elle institutionnalisa cette mission avec le programme Jazz Ahead, dédié à la transmission aux nouvelles générations.
Sources primaires
Enregistrement studio où les voix de Ray Charles et de Betty Carter se répondent en un dialogue chanté plein d'humour et de complicité, devenu un classique du répertoire de Noël et la chanson la plus populaire de toute sa carrière.
Double album enregistré en concert, considéré comme son chef-d'œuvre : on y entend sa liberté rythmique extrême, ses tempos étirés ou accélérés et sa complicité avec un public qu'elle appelait la « moitié » de son art.
Disque qui consacra sa reconnaissance officielle par la profession et confirma sa place de chanteuse de jazz majeure, près de quarante ans après ses débuts auprès de Lionel Hampton.
Lieux clés
Ville industrielle où naît Lillie Mae Jones en 1929. Sa famille s'installe ensuite à Detroit durant son enfance.
Ville de sa jeunesse, où elle se forme dans les clubs de jazz et chante adolescente avec les pionniers du bebop de passage en tournée.
Salle mythique de la culture afro-américaine où se produisaient les grands noms du jazz et où Betty Carter chanta au cours de sa carrière.
Quartier où elle vécut dans une maison de grès brun (brownstone) et installa les bureaux de son label Bet-Car. Elle y meurt en 1998.
Lieu où elle reçut la National Medal of Arts des mains du président en 1997, consécration officielle de son œuvre.
Objets typiques

Outil indispensable de la chanteuse, qu'elle utilisait avec une grande finesse pour nuancer son volume et jouer des silences. Son contrôle du micro participait pleinement de son art de l'improvisation.

Support de ses albums autoproduits sur son propre label, fondé en 1969. Posséder ses propres masters était pour elle un acte d'indépendance artistique.

Instrument au cœur de ses formations : Betty Carter dirigeait sa musique depuis le piano et y révéla de nombreux jeunes pianistes. Le trio piano-contrebasse-batterie était son écrin privilégié.

Feuille notant la mélodie et la grille d'accords d'un standard, point de départ de ses réinventions. Elle s'en servait comme tremplin pour transformer radicalement chaque morceau.

Tenue soignée qu'elle portait pour ses concerts dans les clubs et festivals, affirmant la dignité et le sérieux de l'artiste de jazz.

Statuette en forme de gramophone reçue en 1988, symbole de la reconnaissance tardive mais éclatante de la profession musicale.
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Vie quotidienne
Matin
Comme beaucoup de musiciens de jazz jouant tard le soir, Betty Carter se levait souvent en fin de matinée. Elle commençait la journée en écoutant des disques et en travaillant mentalement de nouveaux arrangements, cherchant des manières inédites de réinventer les standards.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux répétitions intenses avec son trio et à la transmission : elle faisait répéter ses jeunes musiciens et corrigeait sans relâche. Femme d'affaires, elle gérait aussi son label Bet-Car, les contrats et l'organisation des tournées.
Soir
Le soir, elle montait sur scène dans les clubs et festivals, enchaînant des sets qui se prolongeaient parfois tard dans la nuit. Chaque concert était unique, car elle ne chantait jamais un morceau exactement de la même façon, improvisant en dialogue avec le public.
Alimentation
La vie de tournée imposait des repas irréguliers, pris entre deux concerts ou en déplacement. Ses goûts restaient marqués par la cuisine afro-américaine du Sud (soul food) de son enfance dans le Michigan.
Vêtements
Sur scène, elle soignait son allure avec des robes élégantes, affirmant la dignité de l'artiste de jazz. En répétition et en coulisses, elle adoptait des tenues plus simples et confortables.
Habitat
Elle vécut de longues années à Fort Greene, un quartier de Brooklyn, dans une maison de grès brun typique de New York (brownstone). Cette demeure abritait aussi les activités de son label indépendant.






