Bud Powell est un pianiste et compositeur de jazz américain, considéré comme l'un des plus grands pianistes du bebop. Il a transposé au piano le langage harmonique et rythmique inventé par Charlie Parker et Dizzy Gillespie, influençant durablement le jeu pianistique du jazz moderne.
Bud Powell(1924 — 1966)
Bud Powell
États-Unis
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 27 septembre 1924 à New York (Harlem) dans une famille de musiciens
- Devient au début des années 1940 l'un des architectes du piano bebop aux côtés de Charlie Parker, Dizzy Gillespie et Thelonious Monk
- Enregistre des disques majeurs pour Blue Note et Verve à la fin des années 1940 et dans les années 1950 (compositions comme « Un Poco Loco », « Tempus Fugit »)
- S'installe à Paris en 1959, où il joue régulièrement et inspire le film « Round Midnight »
- Meurt le 31 juillet 1966 à New York, après une vie marquée par la maladie et l'internement psychiatrique
Œuvres & réalisations
Composition emblématique de son trio, devenue un classique repris par d'innombrables jazzmen.
Thème vif et anguleux typique du bebop, gravé pour Blue Note ; son titre donnera plus tard son nom aux mémoires de Francis Paudras.
Pièce à la mélodie sinueuse illustrant la virtuosité et l'inventivité harmonique de Powell.
Chef-d'œuvre enregistré avec Max Roach, salué comme l'un des sommets du jazz pour piano.
Composition évoquant l'agitation d'une avenue parisienne, annonçant son futur exil en France.
Pièce singulière et inquiète, miroir de l'enfermement et des épreuves psychiques qu'il traversait.
Album fondateur du label Blue Note qui fixa son influence sur tout le piano jazz moderne.
Anecdotes
Adolescent, Bud Powell traînait au Minton's Playhouse de Harlem, le club où naissait le bebop. Le pianiste Thelonious Monk, son aîné, le prit sous son aile et lui cédait volontiers le clavier. Powell progressa si vite qu'on raconte que les autres pianistes redoutaient de jouer après lui.
En 1945, lors d'une arrestation à Philadelphie, Bud Powell fut violemment frappé à la tête. Cette blessure lui causa des maux de tête persistants et marqua le début de graves troubles psychiques. Hospitalisé à plusieurs reprises et soumis à des électrochocs, il n'en continua pas moins de composer et de jouer.
Le 15 mai 1953, au Massey Hall de Toronto, Bud Powell partagea la scène avec Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Charles Mingus et Max Roach. Enregistré par Mingus, ce concert est resté célèbre comme « le plus grand concert de jazz de tous les temps », car il réunit les cinq géants du bebop une seule et unique fois.
Installé à Paris à partir de 1959, Powell, malade et fragile, fut recueilli par un graphiste français passionné de jazz, Francis Paudras, qui veilla sur lui durant des années. Leur amitié inspira le film « Autour de minuit » (1986) de Bertrand Tavernier, dont la musique signée Herbie Hancock reçut un Oscar.
Bud Powell transposa au piano les phrases rapides et bondissantes que Charlie Parker jouait au saxophone. Sa main droite déroulait de longues mélodies virtuoses tandis que sa main gauche posait de brefs accords secs. Presque tous les pianistes de jazz moderne, de Bill Evans à Herbie Hancock, lui doivent quelque chose.
Sources primaires
Paudras y raconte sa rencontre avec Powell à Paris, l'état d'abandon dans lequel il le trouva et sa décision de prendre soin du pianiste qu'il admirait par-dessus tout.
L'album présente Powell comme le pianiste qui a porté au clavier le langage du bebop, avec des séances réunissant notamment Fats Navarro, Sonny Rollins et Max Roach.
Le disque immortalise le concert torontois et fut publié sur le label que Mingus venait de fonder ; les musiciens y sont annoncés comme la fine fleur du jazz moderne.
Miles Davis y évoque la virtuosité fulgurante de Powell et son rôle déterminant pour toute une génération de pianistes de bebop.
Lieux clés
Quartier afro-américain où Powell naquit en 1924 et grandit, au cœur de la vie musicale qui allait donner naissance au bebop.
Club légendaire où, lors de jam sessions nocturnes, Powell se forma auprès de Thelonious Monk et participa à l'invention du bebop.
Ville où Powell fut violemment frappé à la tête lors d'une arrestation en 1945, événement qui déclencha ses troubles de santé.
Salle où se tint en 1953 le concert mythique réunissant les cinq grands du bebop, dont Powell au piano.
Capitale où Powell vécut de 1959 à 1964, jouant au Blue Note et trouvant un soutien fidèle en Francis Paudras.
Ville où Powell mourut en 1966, après son retour des États-Unis, affaibli par la maladie.
Objets typiques

Son instrument de prédilection, sur lequel il forgea un style où la main droite chante de longues lignes mélodiques et la main gauche frappe de brefs accords.

Le label Blue Note grava ses séances les plus célèbres dans la série « The Amazing Bud Powell », diffusant sa musique bien au-delà des clubs.

Comme les musiciens de bebop, Powell montait sur scène en costume élégant, signe du sérieux et de la dignité revendiqués par cette nouvelle génération de jazzmen.

Compositeur autant qu'interprète, Powell couchait sur le papier des thèmes aux harmonies complexes comme « Un Poco Loco » ou « Dance of the Infidels ».

Omniprésentes dans les clubs enfumés de l'époque, elles accompagnaient les longues nuits de concert et de jam session du pianiste.

Coiffe courante chez les musiciens de jazz des années 1940-1950, elle faisait partie de l'allure soignée associée à la scène bebop new-yorkaise.
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Vie quotidienne
Matin
Comme beaucoup de musiciens de clubs, Powell vivait à contretemps : la matinée servait surtout à récupérer des concerts terminés au petit matin. Le réveil était tardif, dans un appartement de Harlem ou, plus tard, une chambre parisienne.
Après-midi
L'après-midi pouvait être consacrée à travailler le piano, à chercher de nouvelles harmonies et à composer. C'était aussi le moment des répétitions et des séances d'enregistrement en studio avec son trio ou ses partenaires.
Soir
La vraie journée commençait le soir : Powell montait sur scène dans les clubs comme le Birdland ou le Blue Note de Paris, enchaînant de longs sets jusque tard dans la nuit, parfois prolongés par des jam sessions improvisées entre musiciens.
Alimentation
L'alimentation d'un jazzman de l'époque était irrégulière, rythmée par les horaires de nuit et la vie de tournée : repas pris sur le pouce, sandwichs et boissons des clubs. La maladie et l'alcool dégradèrent gravement sa santé et son appétit.
Vêtements
Sur scène, Powell soignait son allure avec costume, chemise et cravate, conformément à l'élégance affichée par les musiciens de bebop, qui voulaient être pris au sérieux comme des artistes.
Habitat
Il vécut d'abord dans des logements de Harlem, entrecoupés de longs séjours en hôpital psychiatrique. À Paris, il habita des appartements et des chambres modestes, où Francis Paudras finit par l'accueillir et le protéger.






