Bud Powell(1924 — 1966)

Bud Powell

États-Unis

6 min de lecture

MusiqueCompositeur/triceXXe siècleJazz américain du milieu du XXe siècle, à l'époque de la naissance et de l'épanouissement du bebop dans les clubs de New York (années 1940-1950).

Bud Powell est un pianiste et compositeur de jazz américain, considéré comme l'un des plus grands pianistes du bebop. Il a transposé au piano le langage harmonique et rythmique inventé par Charlie Parker et Dizzy Gillespie, influençant durablement le jeu pianistique du jazz moderne.

Questions fréquentes

Bud Powell est le pianiste qui a inventé le langage du piano bebop dans les années 1940. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a transposé au clavier les phrases rapides et bondissantes que Charlie Parker jouait au saxophone, créant un style où la main droite déroule de longues mélodies virtuoses tandis que la main gauche frappe de brefs accords secs. Contrairement aux pianistes swing qui accompagnaient en accords lourds, Powell a libéré le piano pour en faire un instrument soliste à part entière, influençant durablement Bill Evans, Herbie Hancock et presque tous les pianistes de jazz moderne.

Faits marquants

  • Né le 27 septembre 1924 à New York (Harlem) dans une famille de musiciens
  • Devient au début des années 1940 l'un des architectes du piano bebop aux côtés de Charlie Parker, Dizzy Gillespie et Thelonious Monk
  • Enregistre des disques majeurs pour Blue Note et Verve à la fin des années 1940 et dans les années 1950 (compositions comme « Un Poco Loco », « Tempus Fugit »)
  • S'installe à Paris en 1959, où il joue régulièrement et inspire le film « Round Midnight »
  • Meurt le 31 juillet 1966 à New York, après une vie marquée par la maladie et l'internement psychiatrique

Œuvres & réalisations

Bouncing with Bud (1949)

Composition emblématique de son trio, devenue un classique repris par d'innombrables jazzmen.

Dance of the Infidels (1949)

Thème vif et anguleux typique du bebop, gravé pour Blue Note ; son titre donnera plus tard son nom aux mémoires de Francis Paudras.

Tempus Fugit (1949)

Pièce à la mélodie sinueuse illustrant la virtuosité et l'inventivité harmonique de Powell.

Un Poco Loco (1951)

Chef-d'œuvre enregistré avec Max Roach, salué comme l'un des sommets du jazz pour piano.

Parisian Thoroughfare (1951)

Composition évoquant l'agitation d'une avenue parisienne, annonçant son futur exil en France.

Glass Enclosure (1953)

Pièce singulière et inquiète, miroir de l'enfermement et des épreuves psychiques qu'il traversait.

The Amazing Bud Powell, Vol. 1 (1951)

Album fondateur du label Blue Note qui fixa son influence sur tout le piano jazz moderne.

Anecdotes

Adolescent, Bud Powell traînait au Minton's Playhouse de Harlem, le club où naissait le bebop. Le pianiste Thelonious Monk, son aîné, le prit sous son aile et lui cédait volontiers le clavier. Powell progressa si vite qu'on raconte que les autres pianistes redoutaient de jouer après lui.

En 1945, lors d'une arrestation à Philadelphie, Bud Powell fut violemment frappé à la tête. Cette blessure lui causa des maux de tête persistants et marqua le début de graves troubles psychiques. Hospitalisé à plusieurs reprises et soumis à des électrochocs, il n'en continua pas moins de composer et de jouer.

Le 15 mai 1953, au Massey Hall de Toronto, Bud Powell partagea la scène avec Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Charles Mingus et Max Roach. Enregistré par Mingus, ce concert est resté célèbre comme « le plus grand concert de jazz de tous les temps », car il réunit les cinq géants du bebop une seule et unique fois.

Installé à Paris à partir de 1959, Powell, malade et fragile, fut recueilli par un graphiste français passionné de jazz, Francis Paudras, qui veilla sur lui durant des années. Leur amitié inspira le film « Autour de minuit » (1986) de Bertrand Tavernier, dont la musique signée Herbie Hancock reçut un Oscar.

Bud Powell transposa au piano les phrases rapides et bondissantes que Charlie Parker jouait au saxophone. Sa main droite déroulait de longues mélodies virtuoses tandis que sa main gauche posait de brefs accords secs. Presque tous les pianistes de jazz moderne, de Bill Evans à Herbie Hancock, lui doivent quelque chose.

Sources primaires

Francis Paudras, La danse des infidèles (mémoires) (1986)
Paudras y raconte sa rencontre avec Powell à Paris, l'état d'abandon dans lequel il le trouva et sa décision de prendre soin du pianiste qu'il admirait par-dessus tout.
The Amazing Bud Powell, Vol. 1 (Blue Note, notes de pochette) (1951)
L'album présente Powell comme le pianiste qui a porté au clavier le langage du bebop, avec des séances réunissant notamment Fats Navarro, Sonny Rollins et Max Roach.
Jazz at Massey Hall (Debut Records, produit par Charles Mingus) (1953)
Le disque immortalise le concert torontois et fut publié sur le label que Mingus venait de fonder ; les musiciens y sont annoncés comme la fine fleur du jazz moderne.
Miles Davis & Quincy Troupe, Miles : l'autobiographie (1989)
Miles Davis y évoque la virtuosité fulgurante de Powell et son rôle déterminant pour toute une génération de pianistes de bebop.

Lieux clés

Harlem, New York

Quartier afro-américain où Powell naquit en 1924 et grandit, au cœur de la vie musicale qui allait donner naissance au bebop.

Minton's Playhouse, Harlem

Club légendaire où, lors de jam sessions nocturnes, Powell se forma auprès de Thelonious Monk et participa à l'invention du bebop.

Philadelphie

Ville où Powell fut violemment frappé à la tête lors d'une arrestation en 1945, événement qui déclencha ses troubles de santé.

Massey Hall, Toronto

Salle où se tint en 1953 le concert mythique réunissant les cinq grands du bebop, dont Powell au piano.

Paris

Capitale où Powell vécut de 1959 à 1964, jouant au Blue Note et trouvant un soutien fidèle en Francis Paudras.

New York (Brooklyn)

Ville où Powell mourut en 1966, après son retour des États-Unis, affaibli par la maladie.

Voir aussi