Femme de Putiphar
Femme de Putiphar
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Personnage biblique de l'Ancien Testament, épouse du chef de la garde du pharaon Putiphar. Elle tente de séduire Joseph, fils de Jacob, et, repoussée, l'accuse faussement d'agression, ce qui conduit à l'emprisonnement de Joseph.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Mentionnée dans la Genèse (chapitres 39-40) sans être nommée explicitement
- Épouse de Putiphar, chef de la garde personnelle du pharaon d'Égypte
- Tente de séduire Joseph, qui refuse par fidélité à son maître et à Dieu
- Accuse faussement Joseph d'agression après son rejet, provoquant son emprisonnement
- Son récit est repris dans le Coran (sourate Yusuf, 12) où elle est nommée Zulaikha
Œuvres & réalisations
Le texte fondateur qui relate l'épisode : Joseph refusant la séduction, la fausse accusation et l'emprisonnement. Ce chapitre est la source textuelle principale pour toutes les représentations ultérieures de la femme de Putiphar.
Le Coran développe l'histoire avec des détails absents de la Bible, notamment la scène des femmes de cour qui se coupent les doigts en voyant la beauté de Yusuf. La femme de Putiphar, nommée Zulaikha dans la tradition islamique, y admet finalement publiquement sa faute.
Ce commentaire rabbinique amplifie considérablement le récit biblique en attribuant à la femme de Putiphar des stratagèmes de séduction quotidiens et en détaillant la lutte intérieure de Joseph, érigé en modèle de vertu pour la tradition juive.
Chef-d'œuvre de la littérature persane soufie, ce long poème transforme l'histoire en allégorie mystique : Zulaikha représente l'âme humaine aspirant à l'union avec le divin incarné par Yusuf. Elle y est finalement rédemptée après une vie de souffrance et de repentir.
Vaste tétralogie romanesque du Prix Nobel Thomas Mann, qui consacre plusieurs centaines de pages à la psychologie de la femme de Putiphar (appelée Mut-em-enet dans le roman). Mann en fait un personnage tragique, rongé par un amour impossible et une jalousie dévorante.
Comédie musicale mondialement connue qui adapte le cycle de Joseph pour un public contemporain. La femme de Putiphar y apparaît dans un numéro parodique, soulignant la dimension universelle et intemporelle du personnage à travers les siècles.
Anecdotes
Dans le livre de la Genèse (chapitre 39), la femme de Putiphar tente à plusieurs reprises de séduire Joseph, dont la beauté et la sagesse sont soulignées par le texte sacré. Un jour qu'ils se retrouvent seuls dans la maison, elle saisit son vêtement pour le retenir. Joseph s'enfuit en laissant son manteau entre ses mains, préférant fuir le péché plutôt que de trahir la confiance de son maître.
Utilisant le manteau abandonné comme fausse preuve, la femme de Putiphar accuse Joseph d'avoir tenté de la violer. Elle raconte d'abord la même histoire aux serviteurs de la maison, puis à son mari à son retour. Cette inversion du mensonge — la coupable devenant accusatrice — est l'un des retournements moraux les plus célèbres de la littérature biblique.
Dans la tradition islamique, elle est appelée Zulaikha. Le Coran (sourate Yusuf, chapitre 12) rapporte l'épisode avec des détails supplémentaires : des femmes de la cour, invitées chez elle et éblouies par la beauté de Yusuf, se coupent les doigts tant elles sont stupéfaites. Zulaikha aurait plus tard regretté sa faute et certaines traditions lui accordent une rédemption finale.
Le midrash juif rapporte que la femme de Putiphar portait régulièrement de nouveaux vêtements pour tenter Joseph chaque jour : le matin des vêtements du matin, le soir des vêtements du soir. Cette image illustre la persistance de la tentation et la constance de la résistance de Joseph, érigé en modèle de chasteté dans la tradition hébraïque.
L'histoire de la femme de Putiphar a été rapprochée par les historiens et mythologues de récits similaires dans d'autres cultures antiques : le conte égyptien des Deux Frères (papyrus d'Orbiney, XIIIe siècle av. J.-C.) et le mythe grec de Phèdre et Hippolyte présentent le même motif de la femme repoussée qui accuse faussement l'homme vertueux. Ce schéma narratif récurrent révèle une préoccupation universelle des sociétés anciennes pour la justice et la chasteté.
Sources primaires
La femme de son maître jeta les yeux sur Joseph, et dit : Couche avec moi. Il refusa [...] Il laissa son vêtement entre ses mains, et s'enfuit dehors.
Celle dans la maison de qui il se trouvait voulut le séduire et ferma les portes [...] Elle dit : Voilà celui pour qui vous m'avez blâmée. Oui, je l'ai sollicité, mais il s'est refusé.
La femme de l'aîné tenta le cadet ; celui-ci refusa et s'enfuit. Elle prit alors son vêtement, se frappa elle-même et se plaignit à son mari d'une agression qu'elle avait inventée.
La femme de Putiphar cherchait Joseph chaque jour avec de nouveaux atours et de nouvelles paroles de séduction ; mais Joseph demeurait ferme dans sa crainte de Dieu.
Zulaikha, consumée par son amour pour Yusuf, avait rempli sa maison de ses portraits ; chaque chambre était un sanctuaire à sa beauté. Quand il parut, elle perdit toute raison.
Lieux clés
Capitale administrative de l'Égypte durant plusieurs dynasties, Memphis est le lieu probable où résidait Putiphar en tant que chef de la garde du pharaon. C'est là que se serait déroulé l'épisode biblique de la tentation et de la fausse accusation contre Joseph.
La maison de Putiphar, vaste demeure d'un haut fonctionnaire égyptien, est le décor central de toute l'histoire : c'est là que Joseph prospère comme intendant, que la femme de Putiphar le tente, et que la fausse accusation est portée, conduisant à l'emprisonnement de Joseph.
La prison où Joseph est envoyé après la fausse accusation est décrite dans la Genèse comme un lieu spécial réservé aux prisonniers du roi. Selon la tradition rabbinique, elle aurait pu se trouver à proximité de la demeure de Putiphar lui-même, qui en assurait la surveillance.
C'est depuis Hébron que Jacob envoya Joseph rejoindre ses frères, initiant la chaîne d'événements qui mena Joseph en Égypte. Hébron était le centre de la vie des patriarches et le lieu de la tombe d'Abraham, Isaac et Jacob.
Région du delta oriental du Nil où Joseph installa sa famille une fois réconcilié avec ses frères. Ce territoire fertile symbolise la conclusion heureuse du cycle de Joseph, renversant la malédiction initiée par la trahison et la fausse accusation.






