Saxophoniste alto de jazz américain, figure majeure du hard bop et du soul jazz. Membre du sextet de Miles Davis sur l'album « Kind of Blue » (1959), il dirige ensuite son propre quintet avec son frère le cornettiste Nat Adderley.
Cannonball Adderley(1928 — 1975)
Julian Cannonball Adderley
États-Unis
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 15 septembre 1928 à Tampa (Floride), surnommé « Cannonball » (déformation de « cannibal », pour son appétit) dès l'adolescence
- Participe en 1959 à l'enregistrement de « Kind of Blue » de Miles Davis, l'un des albums de jazz les plus vendus de l'histoire
- Forme avec son frère Nat Adderley un quintet à succès au tournant des années 1960
- Connaît un grand succès commercial en 1966 avec « Mercy, Mercy, Mercy », composé par Joe Zawinul
- Mort le 8 août 1975 à Gary (Indiana) à l'âge de 46 ans
Œuvres & réalisations
Album publié sous son nom chez Blue Note avec, fait rare, Miles Davis comme accompagnateur ; on y trouve une version inoubliable d'« Autumn Leaves ».
Adderley joue du saxophone alto aux côtés de John Coltrane sur ce chef-d'œuvre de Miles Davis, l'album de jazz le plus vendu de l'histoire.
Enregistré en public, cet album lance son quintet avec le succès « This Here » (Dis Heah), de Bobby Timmons, et installe le son du soul jazz.
Album du quintet contenant « Work Song », composé par son frère Nat Adderley et devenu un standard du jazz.
Album live dont le morceau-titre, signé Joe Zawinul, devient un succès populaire surprise et fait connaître Adderley bien au-delà du public du jazz.
Enregistré lors d'un concert pour une association de défense des droits civiques ; il contient « Walk Tall » et illustre l'esprit gospel du soul jazz.
Anecdotes
Au lycée de Tampa, en Floride, le jeune Julian dévorait tout ce qui lui tombait sous la main. Ses camarades le surnommèrent « Cannibal » à cause de son appétit gargantuesque. Avec le temps, ce surnom se déforma en « Cannonball » (« boulet de canon »), qui lui resta toute sa vie.
En juin 1955, Adderley arrive à New York presque inconnu, son saxophone sous le bras. Un soir, au club Café Bohemia, on l'invite à monter sur scène avec l'orchestre du contrebassiste Oscar Pettiford : son solo stupéfie la salle. Comme le génie Charlie Parker venait de mourir quelques mois plus tôt, la presse le présente aussitôt comme « le nouveau Bird ».
Avant de devenir une vedette, Adderley était professeur de musique : il dirigeait l'orchestre du lycée Dillard, à Fort Lauderdale. Toute sa vie il gardera cette âme de pédagogue, prenant le temps d'expliquer au public, micro en main, le sens et l'histoire des morceaux qu'il jouait.
En 1959, Adderley participe à l'enregistrement de « Kind of Blue » de Miles Davis, aux côtés du saxophoniste John Coltrane. Les musiciens reçoivent à peine quelques indications avant de jouer et improvisent presque tout. Le disque deviendra l'album de jazz le plus vendu de l'histoire.
En 1966, son pianiste Joe Zawinul compose « Mercy, Mercy, Mercy » sur un piano électrique Wurlitzer. Enregistré devant un public qui tape des mains et chante, ce morceau au parfum de gospel devient un véritable tube : il grimpe dans les classements de variété, un exploit rarissime pour un instrumental de jazz.
Sources primaires
You know, sometimes we're not prepared for adversity. When it happens, sometimes we're caught short. We don't know exactly how to handle it when it comes up. Sometimes we don't know just what to do when adversity takes over.
Now we're gonna do a new composition by our pianist Bobby Timmons. This one is a jazz waltz; however, it has all sorts of properties — it's simultaneously a shout and a good time. We just call it 'Dis Heah.'
Hipness is not a state of mind; it's a fact of life. And you don't decide you're hip. It just happens that way.
Lieux clés
Ville du sud des États-Unis où naît Julian Adderley le 15 septembre 1928 et où il grandit dans une famille de musiciens.
Ville où Adderley dirige l'orchestre du lycée Dillard au début des années 1950, avant de tenter sa chance à New York.
Capitale du jazz où Adderley est révélé en 1955 au Café Bohemia, rejoint Miles Davis, puis mène toute sa carrière.
Club où son quintet enregistre en public l'album « In San Francisco » (1959) et son premier grand succès, « This Here ».
Ville industrielle où Cannonball Adderley meurt d'un accident vasculaire cérébral le 8 août 1975.
Objets typiques

Instrument de toute sa vie, le saxophone alto lui offrait un son rond, vif et chantant. Cannonball y déployait des improvisations à la fois virtuoses et débordantes de joie.

Petite lamelle de roseau fixée sur le bec, qui vibre quand on souffle et donne sa voix au saxophone. Un saxophoniste comme Adderley en consommait beaucoup et choisissait ses anches avec soin.

Adderley portait de grosses lunettes à monture sombre, devenues indissociables de son visage rond et souriant.

Comme les chefs d'orchestre de jazz de son époque, il se produisait en costume-cravate élégant, marque du sérieux et du respect dus à la musique et au public.

C'est sur ce piano électrique au son chaleureux que son pianiste Joe Zawinul joua « Mercy, Mercy, Mercy », le plus grand succès du quintet.

Disque vinyle longue durée sur lequel paraissaient ses albums. Plusieurs furent enregistrés en concert, captant les applaudissements et ses présentations parlées.
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Vie quotidienne
Matin
Musicien de la nuit, Adderley se levait tard. Ses matinées étaient calmes : café, écoute de disques et un peu de saxophone pour délier les doigts.
Après-midi
L'après-midi servait à travailler la musique : répétitions avec le quintet, mise au point des morceaux avec son frère Nat et son pianiste Joe Zawinul, ou séances d'enregistrement en studio. Ancien professeur, il aimait aussi réfléchir à la meilleure manière d'expliquer le jazz au public.
Soir
Le soir, la vie battait son plein dans les clubs de jazz comme le Jazz Workshop de San Francisco ou le Village Vanguard de New York. Entre deux morceaux, Adderley prenait le micro pour présenter les titres avec humour et chaleur.
Alimentation
Réputé pour son appétit colossal — à l'origine de son surnom —, il appréciait la cuisine généreuse du Sud américain, la « soul food » de son enfance en Floride.
Vêtements
Sur scène, il portait le costume-cravate élégant des chefs d'orchestre de jazz, complété par ses grosses lunettes à monture sombre.
Habitat
La vie d'un jazzman de tournée se passait surtout dans les trains, les voitures et les chambres d'hôtel, au fil des concerts à travers les États-Unis et l'Europe ; entre deux tournées, Adderley vivait dans la région de New York.






