Carlo Cesare Malvasia (1616-1693) est un historien de l'art et écrivain italien bolonais. Il est l'auteur de la Felsina pittrice, œuvre majeure consacrée aux peintres de l'école bolonaise, qui constitue une source historiographique fondamentale pour l'art baroque italien.
Carlo Cesare Malvasia(1616 — 1693)
Carlo Cesare Malvasia
Italie
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1616 à Bologne, dans une famille noble italienne
- Publie en 1678 la Felsina pittrice, recueil biographique sur les peintres bolonais
- Son œuvre s'inscrit dans la tradition des Vite de Vasari, centrée sur l'école locale
- Défenseur de la supériorité de l'école bolonaise face à l'école florentine et romaine
- Décède en 1693 à Bologne, laissant une œuvre de référence pour l'historiographie artistique
Œuvres & réalisations
Chef-d'œuvre de Malvasia en deux volumes, consacré aux peintres de l'école bolonaise des origines au XVIIe siècle. Ouvrage fondamental de l'historiographie de l'art baroque, il reste une source primaire indispensable pour les historiens de l'art, consultée et rééditée jusqu'à nos jours.
Guide pratique et érudit des peintures, sculptures et architectures de Bologne, destiné aux voyageurs cultivés. Il complète la Felsina pittrice en localisant précisément les œuvres dans les églises, palais et collections de la ville.
Ensemble de notes et brouillons biographiques accumulés pendant des années d'enquêtes auprès des artistes et de leurs proches, qui constituent la matière première de la Felsina pittrice. Partiellement conservés à la Bibliothèque universitaire de Bologne.
Vaste ensemble de lettres échangées avec artistes, collectionneurs et érudits italiens, éclairant les méthodes d'enquête de Malvasia et ses prises de position esthétiques. Ces lettres font de lui un précurseur de la critique d'art moderne.
Anecdotes
Malvasia entretenait une relation privilégiée avec le peintre Guercino, dont il put consulter le célèbre Libro dei conti — un carnet de comptes détaillé recensant toutes les commandes reçues avec noms des commanditaires et sommes perçues. Grâce à cet accès exceptionnel, il reconstitua la carrière entière du maître avec une précision documentaire inégalée pour l'époque.
La Felsina pittrice fut en partie une réponse polémique à la vision défendue par Giovanni Pietro Bellori, dont les Vite des artistes modernes avaient été publiées en 1672. Bellori privilégiait les artistes romains et leur conformité aux modèles antiques ; Malvasia, en bon Bolonais, prit vigoureusement la défense de ses compatriotes, affirmant que les Carracci et Guido Reni égalaient sinon surpassaient les maîtres romains.
Malvasia mena de véritables enquêtes orales pour rédiger ses biographies : il rencontrait les élèves vieillissants, les proches et les héritiers des peintres disparus pour recueillir anecdotes et témoignages de première main. Cette méthode, proche du journalisme, lui permit de consigner des détails sur la vie des ateliers bolonais qui n'auraient autrement jamais été consignés par écrit.
En tant que chanoine de la cathédrale San Pietro de Bologne, Malvasia jouissait de revenus stables qui lui permettaient de se consacrer à ses recherches sans dépendre d'un mécène exigeant. Cette indépendance financière — rarissime pour un érudit du XVIIe siècle — explique en partie l'ampleur et la liberté de ton de la Felsina pittrice, qui n'hésite pas à critiquer certains grands noms de l'art.
Sources primaires
Tra i pittori che han fatto chiara e famosa la scuola bolognese, nissuno forse ha avuto più universale grido e stima di Lodovico Carracci, il quale, unito co' cugini Agostino et Annibale, fondò quella famosa Accademia degli Incamminati.
Guida per li forestieri curiosi di vedere le pitture, sculture, et architetture della città di Bologna, con gli autori e luoghi dove si trovano, opera utilissima a chi vuol vedere questa nobilissima città.
Registrazione fedele delle commissioni ricevute dal Barbieri detto il Guercino, con i nomi dei committenti, le somme pagate e i soggetti delle opere eseguite dal maestro dal 1629 al 1666.
Non posso tacere come i pittori bolognesi, e in particolare i Carracci, abbiano saputo unire la diligenza del disegno con la forza del colorire, in modo da non cedere a nessuna altra scuola d'Italia.
Lieux clés
Ville natale et cadre de toute la vie et l'œuvre de Malvasia. C'est là qu'il naquit, étudia à l'université, exerça sa charge de chanoine et rédigea la Felsina pittrice, chef-d'œuvre consacré aux peintres de cette cité qui fut l'un des foyers majeurs de la peinture baroque italienne.
Lieu d'exercice de la charge de chanoine de Malvasia, qui lui conférait revenus stables et prestige social. Ce poste ecclésiastique lui permit de mener ses recherches historiques en toute indépendance financière, sans devoir flatter un mécène.
Fondée par les frères Carracci vers 1582, cette académie est au cœur de la Felsina pittrice. Malvasia en reconstitua l'histoire et l'enseignement révolutionnaire à partir de témoignages et de documents, en faisant le berceau légendaire de la peinture baroque bolonaise.
Ville natale de Guercino, que Malvasia fréquenta pour recueillir des informations sur le maître et consulter ses archives personnelles. Ces visites furent déterminantes pour la qualité documentaire de la biographie de Guercino dans la Felsina pittrice.
Capitale artistique de l'Italie baroque où évoluèrent nombre des peintres décrits par Malvasia, notamment les Carracci qui y décorèrent la galerie Farnèse. Rome était aussi le fief de son rival Bellori, ce qui donnait à la polémique entre les deux hommes une dimension géographique autant qu'esthétique.
Objets typiques

Malvasia rédigeait ses biographies à la plume sur des feuillets qu'il corrigeait et reclassait sans cesse. Ses manuscrits originaux, conservés en partie à la Bibliothèque universitaire de Bologne, portent les traces de multiples ratures et ajouts révélateurs de sa méthode de travail.

Ce carnet de comptes du peintre Guercino, que Malvasia put consulter directement grâce à leur amitié, est l'une des sources primaires les plus précieuses qu'il utilisa. Il y nota les prix et les commanditaires de centaines de tableaux, offrant une fenêtre unique sur le marché de l'art baroque.

Malvasia collectionnait les gravures reproduisant les œuvres des peintres bolonais, qui lui servaient à documenter et comparer les compositions. Les estampes d'après les Carracci ou Guido Reni circulaient dans toute l'Europe savante et permettaient de diffuser la réputation de l'école bolonaise.

Malvasia collecta de nombreux dessins originaux des peintres bolonais, qui constituent encore aujourd'hui un fonds précieux. Il décrit dans la Felsina pittrice comment certains artistes préparaient leurs compositions au moyen d'études sur papier, soulignant l'importance du disegno dans l'enseignement des Carracci.

En tant que chanoine de la cathédrale San Pietro, Malvasia portait soutane noire, rochet blanc et mozette violette. Ce statut ecclésiastique lui ouvrait les portes des collections privées, des couvents et des palais où étaient conservées les œuvres qu'il décrivait.

La correspondance constituait le principal réseau de diffusion du savoir au XVIIe siècle. Malvasia échangea des lettres avec des collectionneurs, des artistes et des érudits italiens pour recueillir témoignages, rectifications et informations inédites, en faisant un pionnier du travail en réseau scientifique.
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Vie quotidienne
Matin
Malvasia se levait tôt pour assister aux offices religieux en tant que chanoine de la cathédrale San Pietro. Après la messe matinale, il consacrait les premières heures de la journée à la lecture et à l'annotation de manuscrits dans sa bibliothèque personnelle, garnie de traités d'art, de recueils d'estampes et de lettres d'artistes.
Après-midi
L'après-midi, il rendait visite aux ateliers des peintres bolonais, aux sacristies des églises ou aux collections privées de la noblesse locale pour examiner et décrire les œuvres sur place. Il menait de véritables enquêtes orales auprès des élèves âgés et des héritiers des artistes pour recueillir anecdotes et témoignages de première main.
Soir
Le soir, Malvasia rédigeait ses notes et ses biographies à la lumière des chandelles, corrigeant et enrichissant sans cesse ses textes. Il participait aux réunions des académies littéraires bolonaises, où il fréquentait l'élite intellectuelle de la ville et débattait des questions de goût et d'esthétique.
Alimentation
En tant que membre du clergé séculier d'une famille noble, Malvasia bénéficiait d'une alimentation confortable : viandes rôties, pâtes fraîches, légumineuses et fromages locaux constituaient l'ordinaire bolonais. Les jours d'abstinence imposés par l'Église, il se contentait de poisson, d'œufs et de légumes de saison.
Vêtements
Malvasia portait l'habit canonial : longue soutane noire surmontée d'un rochet blanc et d'une mozette violette lors des offices liturgiques. Dans sa vie privée d'érudit, il revêtait des vêtements sobres mais de bonne qualité, en laine ou en soie légère, conformes à son rang nobiliaire et à la bienséance de son époque.
Habitat
Malvasia résidait dans un logis canonial attenant à la cathédrale, mais possédait également un palazzo familial dans la ville. Sa demeure abritait une bibliothèque fournie, des recueils de dessins et d'estampes accumulés au fil des années, et constituait un lieu de rencontre informel pour les érudits et les artistes bolonais.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Felsina pittrice, vite de' pittori bolognesi
1678
Vite de' pittori bolognesi (manuscrits préparatoires)
vers 1660–1675
Correspondance érudite
1640–1693






