Carmen McRae (1922-1994) est une chanteuse et pianiste de jazz américaine, considérée comme l'une des plus grandes voix du jazz vocal du XXe siècle. Réputée pour son phrasé en retard sur le tempo et son interprétation subtile et ironique des textes, elle s'inscrit dans la lignée de Billie Holiday.
Carmen McRae(1920 — 1994)
Carmen McRae
États-Unis
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née le 8 avril 1922 à Harlem (New York), au cœur de la communauté afro-américaine.
- Débute comme pianiste de bar et choriste avant de s'imposer comme chanteuse soliste dans les années 1950.
- Enregistre en 1961 un album hommage à Billie Holiday, sa principale influence.
- Reconnue pour son phrasé décalé et son interprétation très personnelle du Great American Songbook.
- Décède le 10 novembre 1994 à Beverly Hills (Californie) après une longue carrière internationale.
Œuvres & réalisations
Chanson composée par Carmen McRae adolescente et enregistrée par Billie Holiday : sa première grande fierté, qui décide de sa carrière.
Son premier album en tant que chanteuse vedette (label Bethlehem), peu après sa consécration par Down Beat.
Album hommage à Billie Holiday, son modèle de toujours, où elle reprend les chansons associées à la « Lady Day ».
Double album enregistré en public au club Donte's à Los Angeles, considéré comme l'un de ses sommets et un classique du jazz vocal.
Album audacieux où elle pose des paroles sur les mélodies de Thelonious Monk, dont « 'Round Midnight ».
Hommage à Sarah Vaughan, autre immense chanteuse de jazz ; l'album est salué par la critique.
Anecdotes
Adolescente passionnée de jazz, Carmen McRae compose une chanson intitulée « Dream of Life ». En 1939, son idole absolue, Billie Holiday, l'enregistre sur disque. Pour la jeune fille d'à peine dix-neuf ans, voir son nom associé à celui de la plus grande chanteuse de l'époque est un choc qui décide de sa vocation.
Dans les années 1940, elle épouse le batteur Kenny Clarke, l'un des inventeurs du bebop et du jeu de batterie moderne. Pendant quelque temps, elle se produit même sous le nom de « Carmen Clarke », avant de reprendre son nom et de bâtir sa propre carrière.
Au début des années 1950, elle est pianiste et chanteuse d'intermède au Minton's Playhouse, le club de Harlem où était né le bebop quelques années plus tôt. Entre les passages des grands musiciens, elle s'accompagne elle-même au piano et perfectionne son art.
En 1954, le célèbre magazine de jazz Down Beat la désigne meilleure nouvelle chanteuse de l'année. Après des années passées à travailler comme secrétaire et à chanter dans des orchestres, cette distinction la propulse enfin sur le devant de la scène nationale.
À la fin des années 1980, au sommet de son art, elle consacre tout un album à Thelonious Monk, génie du piano. Le défi est audacieux : elle pose des paroles sur des mélodies instrumentales réputées impossibles à chanter, comme « 'Round Midnight », signant l'hommage d'un grand musicien à un autre.
Sources primaires
La chanson, composée par la toute jeune Carmen McRae, est enregistrée par Billie Holiday en 1939 : c'est la première œuvre publiée de la future chanteuse.
En 1954, la revue de jazz Down Beat distingue Carmen McRae comme la meilleure nouvelle chanteuse (« Best New Singer »), consacrant une artiste jusque-là méconnue du grand public.
« La seule influence que j'aie jamais eue, c'est Billie Holiday », répétait Carmen McRae, qui se reconnaissait dans le phrasé et l'art de raconter une chanson de son aînée.
Sur ce disque, Carmen McRae chante, avec des paroles, les compositions instrumentales de Thelonious Monk, dont « 'Round Midnight », rendant hommage à un musicien qu'elle admirait profondément.
Lieux clés
Quartier afro-américain et capitale du jazz où naît Carmen McRae en 1920, au cœur de la Harlem Renaissance.
Club légendaire où est né le bebop ; Carmen McRae y fut pianiste et chanteuse d'intermède au début des années 1950.
« The Street », célèbre rangée de clubs de jazz de New York où se produisaient les plus grands ; McRae y forge sa réputation.
Au début des années 1950, elle chante dans les clubs de Chicago, étape importante avant sa reconnaissance nationale.
Adorée du public japonais, Carmen McRae y donne de nombreux concerts ; le Japon devient l'un de ses publics les plus fidèles.
Installée dans la région de Los Angeles, elle y passe ses dernières années et y meurt en 1994.
Objets typiques

Compagnon essentiel de la chanteuse, le microphone lui permet de chanter tout en nuances, presque en murmurant, pour faire passer l'ironie et l'émotion des textes.

Excellente pianiste, Carmen McRae s'accompagnait souvent elle-même au piano, comme à ses débuts au Minton's Playhouse.

Support de ses albums à partir des années 1950, le vinyle longue durée permet d'enregistrer des suites de chansons et fait connaître sa voix dans le monde entier.

Carmen McRae puise dans le « Great American Songbook », ce répertoire de chansons de Gershwin, Porter ou Ellington qu'elle réinvente à sa manière.

Sur scène, dans les clubs comme dans les salles de concert, elle se présentait souvent en élégante robe de soirée, image classique de la chanteuse de jazz.

Enfant puis adolescente, c'est en écoutant inlassablement les disques de Billie Holiday sur un tourne-disque qu'elle apprend à chanter.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Travaillant le soir et la nuit, Carmen McRae se levait tard. La matinée commençait souvent par un café, puis par le travail des textes : elle lisait et relisait les paroles d'une chanson pour en comprendre chaque nuance avant de la chanter.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux répétitions avec son trio (piano, contrebasse, batterie), au choix du répertoire et aux balances dans le club du soir. En tournée, c'était aussi le temps des trajets entre deux villes et des interviews.
Soir
Le soir venait le cœur de son métier : deux ou trois passages sur scène dans des clubs intimes, souvent jusque tard dans la nuit. Devant un public tout proche, elle distillait les standards avec son fameux phrasé en retard sur le tempo.
Alimentation
La vie de musicienne en tournée imposait des repas irréguliers, pris à des heures tardives entre deux concerts. Comme beaucoup d'artistes de son temps, elle vivait au rythme des clubs, dans une atmosphère enfumée qui finit par abîmer sa santé.
Vêtements
Sur scène, elle adoptait l'élégance des chanteuses de jazz : robes de soirée soignées et bijoux discrets. En coulisses et en voyage, sa tenue était plus simple et confortable.
Habitat
Née dans un appartement de Harlem, elle vécut d'abord à New York, puis à l'hôtel au gré des tournées à travers les États-Unis, l'Europe et le Japon, avant de s'installer dans une maison en Californie pour ses dernières années.






