Caroline d'Ansbach(1683 — 1737)
Caroline d'Ansbach
Saint-Empire romain germanique, royaume de Grande-Bretagne
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Reine consort de Grande-Bretagne et d'Irlande (1727-1737), épouse de George II. Intellectuelle des Lumières, elle correspondit avec Leibniz et soutint activement Newton dans la querelle philosophico-scientifique qui les opposa. Régente à plusieurs reprises, elle exerça une influence politique majeure sur la monarchie britannique.
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1683 : Naissance à Ansbach, en Brandebourg
- 1705 : Mariage avec le futur roi George II à Hanovre
- 1727 : Devient reine consort à l'accession de George II au trône
- 1729-1736 : Exerce la régence à quatre reprises en l'absence de George II
- 1737 : Mort à Londres, pleurée par George II qui refusera de se remarier
Œuvres & réalisations
Caroline organisa et transmit les lettres entre Leibniz et Samuel Clarke sur la nature de l'espace, du temps et de la Providence divine. Ce débat, qu'elle rendit possible, est considéré comme l'un des sommets de la pensée philosophique et scientifique du XVIIIe siècle.
En faisant tester et adopter la variolisation par la famille royale, Caroline légitima cette pratique médicale novatrice auprès de la société britannique, contribuant directement à l'essor de la médecine préventive en Europe.
À plusieurs reprises, Caroline gouverna effectivement le royaume en l'absence de George II parti en Hanovre. Ses régences furent unanimement saluées pour leur stabilité politique et leur habileté dans la gestion des affaires d'État avec Walpole.
Caroline supervisa personnellement la transformation des jardins de Kensington Palace et de Richmond Park, introduisant le style du jardin paysager anglais. Ces projets d'envergure influencèrent durablement l'esthétique des jardins royaux britanniques.
Caroline enrichit considérablement la bibliothèque royale et soutint artistes, architectes et scientifiques. Son mécénat contribua à faire de la cour britannique un centre de la vie intellectuelle des Lumières.
Anecdotes
En 1705, le futur empereur Charles VI demanda la main de Caroline en mariage — une union qui aurait pu faire d'elle impératrice du Saint-Empire romain germanique. Elle refusa catégoriquement, car la condition imposée était de se convertir au catholicisme. Protestante convaincue, elle préféra renoncer à ce destin impérial plutôt que de trahir ses convictions religieuses.
Caroline fut l'instigatrice discrète de la célèbre correspondance philosophique entre Leibniz et Samuel Clarke (1715-1716). Leibniz écrivait à Caroline pour critiquer la philosophie naturelle de Newton ; elle transmettait les lettres à Clarke, proche de Newton, qui répondait. Ce dialogue par lettres interposées, que Caroline orchestrait depuis la cour, reste l'un des grands débats intellectuels du XVIIIe siècle, portant sur la nature de l'espace, du temps et de Dieu.
En 1721, Caroline joua un rôle décisif dans l'introduction de la variolisation contre la variole en Angleterre. Convaincue par les travaux de Lady Mary Wortley Montagu, elle obtint que l'opération soit testée sur des condamnés à mort volontaires, puis sur des orphelins, avant de faire inoculer ses propres enfants. Cette prise de risque courageuse, à une époque où la procédure était encore très controversée, contribua à sauver des milliers de vies.
Lorsque George II partait régulièrement en Hanovre — parfois plusieurs mois —, Caroline assurait la régence du royaume avec une autorité remarquée. Elle travaillait en étroite collaboration avec le Premier ministre Robert Walpole, qui admirait son intelligence politique. On dit que Walpole reconnut ouvertement que c'était elle qui gouvernait vraiment, ajoutant qu'il communiquait avec le roi via la reine.
Sur son lit de mort en 1737, Caroline supplia George II de se remarier après sa disparition. Profondément affecté, le roi, les yeux baignés de larmes, répondit qu'il ne se remarierait pas, mais qu'il aurait des maîtresses. Malgré sa brutalité apparente, cette réponse fut perçue par Caroline elle-même comme une déclaration d'amour à sa façon — et il tint parole : il ne se remaria jamais.
Sources primaires
La Princesse de Galles a jugé bon de mettre entre vos mains la présente lettre... La philosophie naturelle de M. Newton, et ses mathématiques, ont fort bien réussi ; mais sa métaphysique, sa théologie naturelle valent beaucoup moins.
Madame, Votre Altesse Royale me fait trop d'honneur de vouloir bien s'entretenir de philosophie avec moi... J'espère que la raison et la vérité prévaudront, grâce à votre protection éclairée.
Her Majesty the Queen, as Guardian of the Realm and Lieutenant of His Majesty during His Majesty's absence, did this day come to the House of Lords...
The Queen was the sole mover of every wheel in the political machine of this country... Sir Robert Walpole governed the country through the Queen, and the Queen governed the King.
The Princess of Wales has encouraged the practice of inoculation in a manner that does infinite honour to her good sense and humanity, by submitting her own children to the operation.
Lieux clés
Ville natale de Caroline, capitale de la petite principauté protestante de Brandenburg-Ansbach. C'est là qu'elle reçut ses premières années d'éducation avant d'être orpheline à 13 ans.
Résidence de la reine Sophie-Charlotte de Prusse, où la jeune Caroline fut accueillie et forma son esprit au contact des philosophes et savants de la cour berlinoise, dont Leibniz lui-même.
Cour du futur George Ier où Caroline vécut après son mariage en 1705. C'est depuis Hanovre qu'elle suivit les débats politiques et philosophiques européens avant de rejoindre l'Angleterre en 1714.
Résidence principale de Caroline comme Princesse de Galles puis comme Reine. Elle y tenait ses audiences intellectuelles, y reçut philosophes et scientifiques, et y fit transformer les jardins. C'est également là qu'elle mourut en 1737.
Résidence royale secondaire que Caroline affectionnait particulièrement, notamment en été. Elle y poursuivait ses activités politiques lors des régences et y recevait Robert Walpole pour les affaires d'État.
Lieu de couronnement de George II et Caroline en 1727. Caroline y fut inhumée, et George II, à sa mort en 1760, demanda à être enterré à ses côtés, les deux cercueils ouverts sur un côté pour que leurs dépouilles se mêlent.






