Charles Michels(1903 — 1941)

Charles Michels

France

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PolitiqueSociétéPolitiqueRésistant(e)XXe siècleSeconde Guerre mondiale et Occupation allemande en France

Syndicaliste et député communiste de Paris, Charles Michels fut l'un des 27 otages fusillés par les Allemands à Châteaubriant le 22 octobre 1941. Son sacrifice en fait un symbole de la Résistance et de l'engagement ouvrier contre le nazisme.

Questions fréquentes

Charles Michels, ouvrier tailleur devenu député communiste de Paris en 1936, incarne la figure du militant syndical et politique engagé contre le nazisme. Ce qu'il faut retenir, c'est que son exécution comme otage le 22 octobre 1941 à Châteaubriant fait de lui un symbole de la Résistance ouvrière. Pour comprendre cela, il faut se rappeler que les nazis pratiquaient une politique de représailles : après l'attentat contre le Feldkommandant Karl Hotz à Nantes, 27 détenus politiques furent fusillés dans les landes de la Sablière. Michels, à 38 ans, est l'un des aînés du groupe, aux côtés du jeune Guy Môquet.

Faits marquants

  • Né en 1903 à Paris, il milite très jeune au sein du Parti communiste français et de la CGT
  • Élu député communiste de la 15e circonscription de Paris en 1936 (Front populaire)
  • Arrêté après l'invasion allemande de 1940 en raison de ses engagements politiques
  • Fusillé le 22 octobre 1941 à la carrière de la Sablière de Châteaubriant avec 26 autres otages
  • Une station de la ligne 10 du métro parisien (15e arr.) porte son nom en hommage

Œuvres & réalisations

Interventions à la tribune de l'Assemblée nationale en faveur des lois sociales (1936-1939)

Député du XVe arrondissement, Michels intervient au Palais-Bourbon pour soutenir les grandes réformes du Front populaire — congés payés, semaine de 40 heures — acquis majeurs pour le monde ouvrier qu'il représente.

Direction syndicale dans l'industrie du vêtement parisien (Années 1920-1940)

En tant que secrétaire de son syndicat de tailleurs, Michels organise les travailleurs de l'habillement, négocie des conventions collectives et défend les droits des ouvriers les plus précaires du secteur.

Action politique clandestine sous l'Occupation (1940-1941)

Après l'interdiction du PCF et l'installation du régime de Vichy, Michels continue son combat contre l'occupant nazi dans la clandestinité, avant son arrestation et son internement au camp de Choisel.

Anecdotes

Ouvrier tailleur de formation, Charles Michels milite très jeune dans les syndicats de l'habillement parisien. Son engagement lui vaut d'être élu secrétaire de son syndicat avant même d'être trentenaire, preuve que ses camarades reconnaissent en lui un orateur combatif et un organisateur hors pair.

Aux élections législatives de mai 1936, portées par la vague du Front populaire, Charles Michels est élu député communiste du XVe arrondissement de Paris. À 33 ans, cet ouvrier tailleur entre au Palais-Bourbon et défend à la tribune les droits des travailleurs et les congés payés que le gouvernement Blum vient d'instaurer.

Après la dissolution du Parti communiste français par décret en septembre 1939, puis l'entrée des Allemands dans Paris en juin 1940, Charles Michels continue d'agir clandestinement. Arrêté par les autorités en 1940, il est interné au camp de Choisel, près de Châteaubriant, en Loire-Inférieure, avec d'autres militants politiques.

Le 20 octobre 1941, le Feldkommandant allemand Karl Hotz est abattu à Nantes par des résistants. En représailles, les Allemands ordonnent l'exécution de 48 otages. Le 22 octobre 1941, Charles Michels fait partie des 27 hommes fusillés dans les landes de la Sablière : avant de mourir, les otages de Châteaubriant chantent La Marseillaise et L'Internationale, témoignant de leur dignité face à leurs bourreaux.

Parmi les 27 fusillés de Châteaubriant se trouve Guy Moquet, un jeune militant communiste de 17 ans, dont la lettre d'adieu à sa famille deviendra l'un des témoignages les plus émouvants de l'Occupation. Charles Michels, l'un des aînés du groupe à 38 ans, incarne la figure de l'ouvrier résistant, synthèse du combat syndical et de la lutte contre le nazisme.

Sources primaires

Lettre de Charles Michels à sa femme, 22 octobre 1941 (22 octobre 1941)
Avant son exécution, Michels écrit à sa femme pour lui dire adieu, l'encourager à garder courage et affirmer qu'il meurt fidèle à ses idéaux et à sa classe ouvrière.
Journal officiel de la République française — Résultats des élections législatives de 1936 (Mai 1936)
Charles Michels, ouvrier tailleur, est proclamé élu dans la 15e circonscription de Paris au scrutin du 3 mai 1936 sous l'étiquette du Parti communiste français.
Avis allemand d'exécution des otages publié dans la presse sous contrôle nazi (22 octobre 1941)
En expiation de ce crime, j'ai ordonné que soient fusillés 50 otages communistes. Si de nouveaux criminels osent recommencer, des mesures de répression encore plus sévères seront prises.
Témoignage de survivants et gardiens du camp de Choisel, recueillis par le Musée de la Résistance de Châteaubriant (Témoignages recueillis après 1944)
Les otages désignés ont été prévenus le matin même. Certains ont écrit des lettres, d'autres ont chanté. Ils sont partis avec un courage extraordinaire, la tête haute, sans faiblir.

Lieux clés

XVe arrondissement de Paris

Charles Michels y travaille comme ouvrier tailleur et y est élu député en 1936. Ce quartier populaire et ouvrier est le cœur de son engagement syndical et politique pendant toute l'entre-deux-guerres.

Camp de Choisel, Châteaubriant (Loire-Inférieure)

Interné dans ce camp à partir de 1940, Michels y est détenu avec d'autres prisonniers politiques communistes et syndicalistes. C'est de là qu'il est extrait le 22 octobre 1941 pour être conduit au lieu de son exécution.

Landes de la Sablière, Châteaubriant

Site de l'exécution des 27 otages le 22 octobre 1941. Aujourd'hui lieu de mémoire national, il est chaque année le théâtre d'une cérémonie commémorative en hommage aux fusillés.

Palais-Bourbon, Paris

Siège de l'Assemblée nationale où Charles Michels siège comme député communiste du XVe arrondissement de 1936 jusqu'à la déchéance de son mandat en 1939, prenant la parole pour les droits ouvriers.

Voir aussi