Charles Mingus (1922-1979) est un contrebassiste, compositeur et chef d'orchestre américain de jazz. Figure majeure du jazz moderne, il est reconnu pour son jeu virtuose et ses compositions ambitieuses mêlant gospel, blues et improvisation collective.
Charles Mingus(1922 — 1979)
Charles Mingus
États-Unis
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Making the simple complicated is commonplace; making the complicated simple, awesomely simple, that's creativity.»
Faits marquants
- Né en 1922 à Nogales (Arizona), il grandit à Los Angeles
- Enregistre en 1959 l'album majeur « Mingus Ah Um », l'un de ses chefs-d'œuvre
- Compose « Goodbye Pork Pie Hat » (1959), hommage au saxophoniste Lester Young
- Engagé dans la lutte pour les droits civiques, il compose « Fables of Faubus » (1959) dénonçant la ségrégation
- Meurt en 1979 à Cuernavaca (Mexique), atteint de la maladie de Charcot
Œuvres & réalisations
Composition de jeunesse enregistrée par le grand orchestre de Lionel Hampton, qui révèle déjà le talent de Mingus comme compositeur.
Enregistrement du concert torontois réunissant les plus grands noms du be-bop, publié sur Debut Records, le label cofondé par Mingus.
Album-manifeste où Mingus impose son style ; le morceau-titre raconte en musique la grandeur puis la chute de l'homme.
Son disque le plus célèbre, qui contient « Goodbye Pork Pie Hat », hommage au saxophoniste Lester Young, et « Fables of Faubus », satire d'un gouverneur ségrégationniste.
Vaste composition pour grand ensemble, conçue comme un ballet, considérée comme l'un des sommets du jazz orchestral.
Autobiographie débridée et en partie romancée où Mingus raconte sa vie, ses colères et ses contradictions.
Album ambitieux mêlant jazz et orchestre, que Mingus tenait pour son meilleur disque.
Anecdotes
Charles Mingus est l'un des très rares musiciens que le grand Duke Ellington ait jamais renvoyés de son orchestre. En 1953, une violente dispute en coulisses avec le tromboniste Juan Tizol — Mingus aurait brandi un couperet — précipita son départ après seulement quelques semaines. Ellington lui annonça son renvoi avec une politesse glaciale restée célèbre.
En 1953, Mingus participa à Toronto à un concert de légende aux côtés de Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Bud Powell et Max Roach, parfois surnommé « le plus grand concert de jazz de l'histoire ». Trouvant le son de sa contrebasse trop faible sur la bande, il réenregistra lui-même ses parties en studio avant de publier le disque sur Debut Records, le label qu'il venait de cofonder.
En 1959, Mingus composa « Fables of Faubus » pour tourner en ridicule Orval Faubus, le gouverneur de l'Arkansas qui s'était opposé à l'entrée d'élèves noirs dans un lycée de Little Rock. Sa maison de disques Columbia refusa d'enregistrer les paroles, jugées trop provocatrices : Mingus dut sortir une version chantée l'année suivante chez un autre éditeur.
À la fin de sa vie, Mingus fut frappé par la sclérose latérale amyotrophique (la « maladie de Charcot »), qui le paralysa peu à peu et l'empêcha de jouer. Refusant de se taire, il continua à composer en fredonnant ses mélodies, que des assistants notaient pour lui.
Selon sa femme Sue, le jour de la mort de Mingus au Mexique, en janvier 1979, cinquante-six baleines vinrent s'échouer sur une plage voisine. Or le musicien avait exactement cinquante-six ans. Cette coïncidence troublante est devenue l'une des légendes attachées à sa mémoire.
Sources primaires
« Autrement dit, je suis trois. Un homme se tient pour toujours au milieu, indifférent, immobile, observant, attendant qu'on lui permette d'exprimer aux deux autres ce qu'il voit. »
« Oh, Seigneur, ne les laisse pas nous tirer dessus ! Ne les laisse pas nous poignarder ! » puis, en forme de dialogue : « Nomme-moi quelqu'un de ridicule, Dannie. — Le gouverneur Faubus ! Pourquoi est-il si malade et ridicule ? — Parce qu'il interdit les écoles mixtes. »
« Laissez mes enfants entendre la musique. » — appel de Mingus en faveur d'une musique vivante, jouée par de vrais musiciens.
Lieux clés
Ville frontalière du sud des États-Unis où Charles Mingus naquit en 1922.
Quartier populaire où Mingus grandit et reçut ses premières leçons de musique.
Capitale du jazz où Mingus vécut, composa et se produisit dans des clubs comme le Five Spot et le Village Vanguard.
Salle où eut lieu en 1953 le légendaire concert de be-bop avec Parker, Gillespie, Powell et Roach.
Ville mexicaine où Mingus, gravement malade, mourut le 5 janvier 1979.
Fleuve sacré où ses cendres furent dispersées, selon son souhait.
Objets typiques

L'instrument de toute sa vie ; Mingus en tira une sonorité puissante et chantante qui fit de lui l'un des plus grands contrebassistes du jazz.

Mingus alternait le jeu pizzicato (cordes pincées) et l'archet pour faire chanter sa contrebasse comme une voix humaine.

Mingus composait au piano et enregistra même un album en solo, « Mingus Plays Piano », en 1963.

Les vinyles de Debut Records, label qu'il cofonda en 1952, lui permirent de publier sa musique tout en restant maître de ses choix artistiques.

Mingus couvrait des feuilles de portées de compositions complexes, même s'il transmettait souvent ses parties à l'oreille.

Son autobiographie publiée en 1971, où il livre sa vision tumultueuse du monde et de la musique.
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Vie quotidienne
Matin
Couché tard à cause des concerts nocturnes, Mingus se levait souvent en fin de matinée. Ses premières heures éveillées étaient consacrées à la composition : il s'installait au piano de son appartement new-yorkais pour chercher des thèmes et noter des idées.
Après-midi
L'après-midi servait aux répétitions de son « Jazz Workshop ». Plutôt que de distribuer des partitions, Mingus chantait ou jouait les parties à ses musiciens pour qu'ils les apprennent à l'oreille, retravaillant sans cesse les arrangements. Il devait aussi gérer son label Debut Records et les contrats avec les clubs.
Soir
Le soir, Mingus montait sur scène dans les clubs de jazz de New York, comme le Five Spot ou le Village Vanguard. Ses concerts, intenses et imprévisibles, pouvaient durer des heures ; il lui arrivait d'interrompre un morceau pour réprimander un public trop bavard.
Alimentation
Mingus avait un solide appétit et aimait la cuisine généreuse du Sud des États-Unis. Son poids connut de fortes variations tout au long de sa vie, alternant excès de table et régimes sévères.
Vêtements
Sur scène, comme la plupart des jazzmen de son époque, il portait costume sombre, chemise et cravate. En dehors des concerts, sa silhouette imposante était souvent reconnaissable à un chapeau et à une mise plus décontractée.
Habitat
Mingus vivait dans des appartements et des lofts de Manhattan, au gré de finances parfois précaires. En 1966, il fut même expulsé de son logement new-yorkais, une scène filmée dans un documentaire qui lui fut consacré.






