Charles Mingus(1922 — 1979)

Charles Mingus

États-Unis

6 min de lecture

MusiqueCompositeur/triceXXe siècleJazz américain du XXe siècle, des années 1940 aux années 1970, à l'époque du be-bop et du hard bop, sur fond de luttes pour les droits civiques aux États-Unis.

Charles Mingus (1922-1979) est un contrebassiste, compositeur et chef d'orchestre américain de jazz. Figure majeure du jazz moderne, il est reconnu pour son jeu virtuose et ses compositions ambitieuses mêlant gospel, blues et improvisation collective.

Questions fréquentes

Charles Mingus (1922-1979) était un contrebassiste, compositeur et chef d'orchestre américain. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a révolutionné le jazz en mêlant gospel, blues et improvisation collective dans des compositions ambitieuses. Contrairement à beaucoup de ses contemporains, il refusait les étiquettes et utilisait sa musique pour dénoncer les injustices raciales, comme dans Fables of Faubus. Son jeu de contrebasse, à la fois puissant et chantant, en fait l'un des plus grands instrumentistes du genre.

Citations célèbres

« Making the simple complicated is commonplace; making the complicated simple, awesomely simple, that's creativity.»

Faits marquants

  • Né en 1922 à Nogales (Arizona), il grandit à Los Angeles
  • Enregistre en 1959 l'album majeur « Mingus Ah Um », l'un de ses chefs-d'œuvre
  • Compose « Goodbye Pork Pie Hat » (1959), hommage au saxophoniste Lester Young
  • Engagé dans la lutte pour les droits civiques, il compose « Fables of Faubus » (1959) dénonçant la ségrégation
  • Meurt en 1979 à Cuernavaca (Mexique), atteint de la maladie de Charcot

Œuvres & réalisations

Mingus Fingers (1947)

Composition de jeunesse enregistrée par le grand orchestre de Lionel Hampton, qui révèle déjà le talent de Mingus comme compositeur.

Jazz at Massey Hall (1953)

Enregistrement du concert torontois réunissant les plus grands noms du be-bop, publié sur Debut Records, le label cofondé par Mingus.

Pithecanthropus Erectus (1956)

Album-manifeste où Mingus impose son style ; le morceau-titre raconte en musique la grandeur puis la chute de l'homme.

Mingus Ah Um (1959)

Son disque le plus célèbre, qui contient « Goodbye Pork Pie Hat », hommage au saxophoniste Lester Young, et « Fables of Faubus », satire d'un gouverneur ségrégationniste.

The Black Saint and the Sinner Lady (1963)

Vaste composition pour grand ensemble, conçue comme un ballet, considérée comme l'un des sommets du jazz orchestral.

Beneath the Underdog (1971)

Autobiographie débridée et en partie romancée où Mingus raconte sa vie, ses colères et ses contradictions.

Let My Children Hear Music (1972)

Album ambitieux mêlant jazz et orchestre, que Mingus tenait pour son meilleur disque.

Anecdotes

Charles Mingus est l'un des très rares musiciens que le grand Duke Ellington ait jamais renvoyés de son orchestre. En 1953, une violente dispute en coulisses avec le tromboniste Juan Tizol — Mingus aurait brandi un couperet — précipita son départ après seulement quelques semaines. Ellington lui annonça son renvoi avec une politesse glaciale restée célèbre.

En 1953, Mingus participa à Toronto à un concert de légende aux côtés de Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Bud Powell et Max Roach, parfois surnommé « le plus grand concert de jazz de l'histoire ». Trouvant le son de sa contrebasse trop faible sur la bande, il réenregistra lui-même ses parties en studio avant de publier le disque sur Debut Records, le label qu'il venait de cofonder.

En 1959, Mingus composa « Fables of Faubus » pour tourner en ridicule Orval Faubus, le gouverneur de l'Arkansas qui s'était opposé à l'entrée d'élèves noirs dans un lycée de Little Rock. Sa maison de disques Columbia refusa d'enregistrer les paroles, jugées trop provocatrices : Mingus dut sortir une version chantée l'année suivante chez un autre éditeur.

À la fin de sa vie, Mingus fut frappé par la sclérose latérale amyotrophique (la « maladie de Charcot »), qui le paralysa peu à peu et l'empêcha de jouer. Refusant de se taire, il continua à composer en fredonnant ses mélodies, que des assistants notaient pour lui.

Selon sa femme Sue, le jour de la mort de Mingus au Mexique, en janvier 1979, cinquante-six baleines vinrent s'échouer sur une plage voisine. Or le musicien avait exactement cinquante-six ans. Cette coïncidence troublante est devenue l'une des légendes attachées à sa mémoire.

Sources primaires

Beneath the Underdog (autobiographie) (1971)
« Autrement dit, je suis trois. Un homme se tient pour toujours au milieu, indifférent, immobile, observant, attendant qu'on lui permette d'exprimer aux deux autres ce qu'il voit. »
Original Faubus Fables (paroles de la chanson) (1960)
« Oh, Seigneur, ne les laisse pas nous tirer dessus ! Ne les laisse pas nous poignarder ! » puis, en forme de dialogue : « Nomme-moi quelqu'un de ridicule, Dannie. — Le gouverneur Faubus ! Pourquoi est-il si malade et ridicule ? — Parce qu'il interdit les écoles mixtes. »
Let My Children Hear Music (titre et note de pochette) (1972)
« Laissez mes enfants entendre la musique. » — appel de Mingus en faveur d'une musique vivante, jouée par de vrais musiciens.

Lieux clés

Nogales (Arizona, États-Unis)

Ville frontalière du sud des États-Unis où Charles Mingus naquit en 1922.

Watts, Los Angeles (États-Unis)

Quartier populaire où Mingus grandit et reçut ses premières leçons de musique.

New York (États-Unis)

Capitale du jazz où Mingus vécut, composa et se produisit dans des clubs comme le Five Spot et le Village Vanguard.

Massey Hall, Toronto (Canada)

Salle où eut lieu en 1953 le légendaire concert de be-bop avec Parker, Gillespie, Powell et Roach.

Cuernavaca (Mexique)

Ville mexicaine où Mingus, gravement malade, mourut le 5 janvier 1979.

Le Gange, Varanasi (Inde)

Fleuve sacré où ses cendres furent dispersées, selon son souhait.

Voir aussi