Charlie Parker(1920 — 1955)

Charlie Parker

États-Unis

6 min de lecture

MusiqueCompositeur/triceXXe sièclePremière moitié du XXe siècle, États-Unis de la ségrégation raciale ; âge d'or du jazz, naissance du bebop dans les clubs de Harlem et de la 52e rue à New York.

Charlie Parker, surnommé « Bird », est un saxophoniste alto et compositeur américain. Avec Dizzy Gillespie, il fonde le bebop à la fin des années 1940, révolutionnant le jazz par sa virtuosité et son sens harmonique. Sa carrière fulgurante fut brisée par l'addiction.

Questions fréquentes

Charlie Parker, surnommé Bird, était un saxophoniste alto et compositeur américain qui, avec Dizzy Gillespie, a inventé le bebop dans les années 1940. Ce qu'il faut retenir, c'est que Parker a transformé le jazz en musique d'art : ses improvisations d'une virtuosité et d'une complexité harmonique inouïes ont imposé un nouveau langage musical. Il est mort à 34 ans en 1955, mais son héritage reste vivant — comme le proclame le graffiti « Bird Lives ».

Citations célèbres

« Master your instrument, master the music, and then forget all that shit and just play. »

Faits marquants

  • Né le 29 août 1920 à Kansas City (Missouri), berceau d'une scène jazz bouillonnante.
  • Dans les années 1940, il fonde avec Dizzy Gillespie le bebop, jazz rapide et harmoniquement complexe.
  • Enregistre des thèmes devenus des standards comme « Ornithology », « Now's the Time » ou « Confirmation ».
  • En 1949 ouvre à New York le club Birdland, baptisé d'après son surnom « Bird ».
  • Meurt le 12 mars 1955 à New York, à seulement 34 ans, miné par l'addiction.

Œuvres & réalisations

Ko-Ko (1945)

Improvisation fulgurante sur les accords de « Cherokee », souvent considérée comme l'acte de naissance du bebop sur disque.

Now's the Time (1945)

Blues entraînant signé Parker, l'un de ses thèmes les plus repris ; il inspira plus tard le tube « The Hucklebuck ».

Ornithology (1946)

Composition bâtie sur la grille du standard « How High the Moon » ; son titre joue sur le surnom « Bird ».

Yardbird Suite (1946)

Thème mélodique et raffiné, autre clin d'œil à son surnom, devenu un classique du répertoire jazz.

Confirmation (1953)

Composition réputée pour sa ligne mélodique limpide malgré une harmonie complexe, étudiée par tous les jazzmen.

Charlie Parker with Strings (1949-1950)

Série d'enregistrements où Parker improvise accompagné d'un orchestre à cordes, élargissant le public du bebop.

Jazz at Massey Hall (1953)

Captation du concert de Toronto réunissant les plus grands noms du bebop, souvent appelé « le plus grand concert de jazz jamais donné ».

Anecdotes

Quand il était adolescent à Kansas City, le jeune Charlie se mêle à une jam session aux côtés de musiciens chevronnés. Il perd le tempo, et le batteur Jo Jones, agacé, lance une cymbale qui s'écrase à ses pieds dans un grand fracas pour le faire taire. Humilié, Parker passe l'été suivant à travailler son saxophone des heures durant : c'est cette honte qui forgera son acharnement.

Le surnom « Bird » (l'oiseau) lui serait venu sur la route, alors qu'il tournait avec l'orchestre de Jay McShann. La voiture aurait écrasé une poule errante (un « yardbird » en argot américain) ; Parker insista pour s'arrêter, ramasser la volaille et la faire cuire au dîner. « Yardbird » devint « Bird », un nom qui lui colla à la peau toute sa vie.

En décembre 1939, dans un petit restaurant de Harlem, Parker improvise sur le morceau « Cherokee » avec un guitariste. Soudain, il comprend qu'en s'appuyant sur les notes les plus hautes des accords, il peut jouer enfin la musique qu'il entendait dans sa tête. « Je suis devenu vivant », racontera-t-il plus tard : cette nuit-là préfigure le bebop.

En 1949, un club de jazz ouvre à New York, près de la 52e rue. On le baptise « Birdland » en l'honneur de Parker : c'est l'un des très rares musiciens à avoir vu de son vivant une salle célèbre porter son surnom.

Parker meurt en 1955 à seulement 34 ans, le corps usé par l'addiction. Le médecin qui examine sa dépouille lui donne entre 50 et 60 ans. Peu après, on voit fleurir sur les murs de New York un graffiti devenu légendaire : « Bird Lives » (« Bird est vivant »).

Sources primaires

Interview de Charlie Parker, magazine Down Beat (« No Bop Roots in Jazz: Parker ») (9 septembre 1949)
J'en avais assez des grilles d'accords stéréotypées qu'on utilisait tout le temps. J'ai découvert qu'en utilisant les intervalles supérieurs d'un accord comme ligne mélodique, et en les soutenant par des accords appropriés, je pouvais jouer ce que j'entendais. Je suis devenu vivant.
Entretien radiophonique de Charlie Parker avec le saxophoniste Paul Desmond (1954)
J'ai vraiment beaucoup travaillé l'instrument, c'est vrai. Je m'y mettais au moins onze à quinze heures par jour, pendant trois ou quatre ans.
Enregistrement « Ko-Ko », session Savoy Records, New York (26 novembre 1945)
Improvisation enregistrée sur les accords du standard « Cherokee », jouée à un tempo extrêmement rapide avec Dizzy Gillespie et Max Roach ; considérée comme le manifeste sonore du bebop.

Voir aussi