Charlotte-Marguerite de Montmorency (1594-1650), princesse de Condé, fut l'une des plus célèbres beautés de la cour de France. Convoitée par le roi Henri IV vieillissant, son mariage avec Henri II de Bourbon-Condé provoqua une crise diplomatique lorsque le couple s'enfuit aux Pays-Bas espagnols.
Charlotte-Marguerite de Montmorency(1594 — 1650)
Charlotte Marguerite de Montmorency
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Naissance en 1594 dans la puissante famille des Montmorency.
- 1609 : mariage avec Henri II de Bourbon, prince de Condé, arrangé par Henri IV épris de la jeune femme.
- 1609-1610 : fuite du couple aux Pays-Bas espagnols pour échapper aux assiduités du roi, provoquant une tension diplomatique majeure.
- Mère du Grand Condé (Louis II de Bourbon), célèbre général, né en 1621.
- Décès en 1650.
Œuvres & réalisations
Union qui la fit princesse de Condé et la plaça au premier rang du sang royal, le couple Condé étant héritier présomptif du trône.
Épisode marquant qui déclencha une crise diplomatique entre la France et l'Espagne et révéla l'emprise de la passion d'Henri IV.
Choix de fidélité conjugale resté célèbre : elle suivit volontairement le prince emprisonné au donjon de Vincennes.
Elle donna naissance à l'un des plus grands généraux français, vainqueur de Rocroi, perpétuant l'illustre lignée des Condé.
Son second fils fonda la branche cadette des princes de Conti, importante dans la haute noblesse du XVIIe siècle.
Après la fougue de sa jeunesse, elle tint son rang de princesse et veilla sur l'éducation et l'avenir de ses enfants.
Anecdotes
À 14 ans, Charlotte-Marguerite était si belle que le vieux roi Henri IV, âgé de 56 ans, tomba éperdument amoureux d'elle lors d'un ballet de cour où elle dansait déguisée en nymphe. Le roi en fut bouleversé au point de modifier ses projets de mariage pour la garder près de lui.
Henri IV arrangea son mariage avec son cousin le prince de Condé, Henri II de Bourbon, croyant pouvoir ainsi la garder à la cour comme maîtresse. Mais le jeune mari, jaloux et méfiant, déjoua ce plan en s'enfuyant avec son épouse hors du royaume.
En 1609, le couple fugitif se réfugia à Bruxelles, aux Pays-Bas espagnols, provoquant une grave crise diplomatique. Henri IV menaça presque de faire la guerre à l'Espagne pour récupérer la jeune femme, jusqu'à sa mort par l'assassin Ravaillac en 1610.
Lorsque son mari le prince de Condé fut emprisonné au donjon de Vincennes en 1616 pour complot, Charlotte-Marguerite choisit volontairement de partager sa captivité, restant à ses côtés pendant ses trois années d'enfermement.
Sa fille, la Grande Mademoiselle mise à part, sa descendance fut illustre : son fils Louis II de Bourbon-Condé devint le célèbre « Grand Condé », l'un des plus grands chefs de guerre du règne de Louis XIV.
Sources primaires
Le roi, ayant vu danser mademoiselle de Montmorency au ballet de la reine, en devint si passionnément amoureux qu'il en perdit le repos et le sommeil.
Cette princesse fut une des plus belles personnes de son temps ; le roi Henri en fut éperdument amoureux, et ce fut la cause de la fuite du prince de Condé.
La fuite de M. le Prince et de sa femme aux Pays-Bas mit le royaume en grand trouble et faillit allumer la guerre avec l'Espagne.
Lieux clés
Domaine de la famille de Montmorency puis des Condé, l'un des grands fiefs nobiliaires d'Île-de-France. Il resta lié à sa descendance, notamment au Grand Condé.
Résidence royale où se déroulaient les ballets et fêtes de la cour de Henri IV. C'est là que la jeune Charlotte-Marguerite éblouit le roi.
Ville où le couple Condé se réfugia en 1609 pour échapper aux desseins d'Henri IV. Leur fuite y déclencha une tension diplomatique majeure.
Forteresse royale à l'est de Paris servant de prison d'État. Le prince de Condé y fut enfermé de 1616 à 1619, rejoint volontairement par son épouse.
Berceau de la puissante famille de Montmorency au nord de Paris, témoignage de la fortune du lignage dont elle était issue.
Objets typiques

Vaste robe de soie à armature rigide qui élargissait les hanches, portée par les grandes dames lors des fêtes de la cour. Elle affichait le rang et la richesse de celle qui la portait.

Déguisement chamarré, souvent inspiré des nymphes ou divinités antiques, porté lors des ballets de la cour royale. C'est ainsi vêtue que Charlotte-Marguerite séduisit Henri IV.

Parure de perles fines très prisée des princesses du XVIIe siècle, symbole de pureté et de fortune. Les portraits de l'époque la représentent richement ornée de bijoux.

Tableau commandé aux peintres de cour pour fixer et diffuser l'image de la beauté de la princesse. Ces portraits circulaient comme témoignages de prestige familial.

Voiture attelée fermée dans laquelle voyageaient les grands de la cour. C'est en carrosse que le couple Condé prit la fuite vers les Pays-Bas espagnols en 1609.

Missive scellée à la cire frappée d'un sceau armorié, moyen de communication entre les princes, les rois et les ambassadeurs. Les courriers diplomatiques rythmèrent la crise de 1609-1610.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
La princesse s'éveillait dans un lit à baldaquin, assistée de ses dames de compagnie pour la toilette et l'habillage, longue cérémonie où l'on laçait robes et corsets. La matinée pouvait être consacrée à la prière et à la messe dans la chapelle privée.
Après-midi
L'après-midi se passait en visites, en lecture, en travaux d'aiguille ou en promenades dans les jardins du château. À la cour, on assistait aux audiences, aux jeux et aux conversations des salons aristocratiques.
Soir
Le soir réunissait la noblesse autour de banquets, de musique, de danses et parfois de ballets de cour. Ces fêtes étaient l'occasion de paraître, de nouer des alliances et de briller par sa beauté et son esprit.
Alimentation
La table des grands offrait viandes rôties, gibier, volailles, pâtés et poissons, accompagnés de vin et de pain blanc réservé aux riches. Les épices, le sucre et les fruits confits, coûteux, signalaient le luxe du rang princier.
Vêtements
Elle portait des robes de soie et de velours à vertugadin, ornées de dentelles, de broderies et de perles, avec de grandes fraises ou des collerettes de dentelle. Les bijoux et les coiffures soignées complétaient cette parure ostentatoire.
Habitat
Elle vivait dans de vastes châteaux et hôtels particuliers richement meublés de tapisseries, de tentures et de mobilier sculpté. Les demeures princières comme Chantilly comptaient de nombreux domestiques et de grandes salles d'apparat.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Mariage avec Henri II de Bourbon-Condé
1609
Fuite aux Pays-Bas espagnols
1609-1610
Partage de la captivité de son époux
1616-1619
Naissance de Louis II de Bourbon (le Grand Condé)
1621
Naissance d'Armand de Bourbon, prince de Conti
1627
Rôle de matriarche de la maison de Condé
1610-1650





