Impératrice de Russie de 1725 à 1727, seconde épouse de Pierre le Grand. Née de modeste origine paysanne balte, elle fut la première femme à régner sur l'Empire russe, inaugurant le siècle des impératrices.
Catherine Ire
Catherine Ire de Russie (Marta Helena Skowrońska)
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1684 dans une famille paysanne de la région balte, de condition très modeste
- Épouse secrètement Pierre le Grand en 1707, puis officiellement en 1712
- Couronnée impératrice consort en 1724 par Pierre le Grand
- Devient impératrice régnante de Russie à la mort de Pierre le Grand en 1725
- Crée le Conseil privé suprême en 1726 et règne jusqu'à sa mort en 1727
Œuvres & réalisations
Première femme à régner sur l'Empire russe, elle inaugure le « siècle des impératrices » qui marquera la Russie du XVIIIe siècle.
Elle concrétise le projet conçu par Pierre le Grand, dotant la Russie d'une institution savante de rang européen.
Nouvel organe de gouvernement réunissant les grands dignitaires ; il pilota l'essentiel de la politique de l'Empire durant son règne.
Elle fait exécuter les instructions laissées par Pierre, lançant l'exploration des confins orientaux de l'Empire et du détroit séparant l'Asie de l'Amérique.
Elle confère pour la première fois cette nouvelle décoration imaginée par Pierre, destinée à récompenser les services civils et militaires.
Mesure d'apaisement social réduisant la lourde charge fiscale pesant sur les paysans après les guerres de Pierre.
Anecdotes
Née Marta Skowrońska dans une modeste famille balte, elle fut capturée à l'âge de dix-huit ans environ lors de la prise de la forteresse de Marienbourg par les troupes russes, en 1702, pendant la Grande Guerre du Nord. Servante de guerre, elle passa de la maison du maréchal Cheremetiev à celle du favori Menchikov, où Pierre le Grand la remarqua. De prisonnière de guerre, elle deviendra impératrice : une ascension unique dans l'histoire européenne.
Pour se marier avec le tsar, Marta dut se convertir à la religion orthodoxe : elle abandonna son nom et fut rebaptisée Catherine (Iekaterina Alexeïevna). Son parrain de baptême fut le propre fils de Pierre, le tsarévitch Alexis, ce qui explique son patronyme « Alexeïevna ».
En 1711, lors de la désastreuse campagne du Prout contre les Ottomans, l'armée russe se retrouva encerclée. Catherine, qui accompagnait Pierre, garda son sang-froid au milieu du danger. La tradition rapporte qu'elle rassembla ses bijoux pour aider à amadouer le grand vizir et obtenir une paix. En souvenir de ce courage, Pierre créa en 1714 l'ordre de Sainte-Catherine, destiné aux femmes.
Catherine était l'une des rares personnes capables d'apaiser les terribles colères et les crises nerveuses de Pierre le Grand. Les diplomates étrangers en poste à la cour notaient qu'un seul mot d'elle suffisait parfois à calmer le tsar tremblant de rage.
À la mort de Pierre, en février 1725, la succession n'était pas réglée. C'est le soutien du puissant favori Menchikov et surtout des régiments de la Garde impériale, rassemblés autour du palais, qui imposa Catherine sur le trône : pour la première fois, une femme — et une étrangère d'origine paysanne — régnait sur l'Empire russe.
Sources primaires
Le tsar, en campagne, écrit à son épouse avec une tendresse familière, l'appelant « Katerinouchka, mon amie » et réclamant qu'elle le rejoigne, témoignage rare de l'affection conjugale d'un souverain pour une femme de basse extraction.
Le résident hanovrien en Russie décrit la cour de Pierre et le rôle de Catherine, soulignant l'étonnement des Européens devant une impératrice issue d'une condition aussi humble.
Le ministre du Holstein, présent à Saint-Pétersbourg, relate les derniers jours de Pierre le Grand et l'accession de Catherine, portée au trône par la Garde et par Menchikov.
Pierre le Grand justifie le couronnement de son épouse par les services qu'elle a rendus à l'État, notamment durant les campagnes militaires, et lui confère la dignité impériale.
Le décret impérial institue un conseil de hauts dignitaires chargé d'assister la souveraine dans les affaires de l'État, marquant un partage du pouvoir au sommet de l'Empire.
Lieux clés
Forteresse balte prise par les Russes en 1702 ; c'est là que la jeune Marta fut capturée et bascula dans le destin russe.
Capitale fondée par Pierre le Grand ; Catherine y vécut, y régna et y mourut en 1727.
Lieu du couronnement solennel de Catherine comme impératrice en 1724.
Domaine offert par Pierre à Catherine ; le futur palais y fut plus tard nommé palais Catherine en sa mémoire.
Ville industrielle de l'Oural fondée en 1723 et nommée en l'honneur de Catherine (et de sainte Catherine).
Objets typiques

Première couronne impériale de type européen réalisée pour un couronnement russe, commandée pour le sacre de Catherine comme impératrice. Elle symbolise la transformation de la Russie en Empire.

Ruban, étoile et croix de l'ordre créé en son honneur en 1714 ; il devint la plus haute distinction féminine de l'Empire russe.

Le riche manteau d'apparat porté lors du sacre de 1724, marque visible de sa dignité impériale, elle qui était née servante.
Objets de la foi orthodoxe qu'elle adopta lors de sa conversion et de son baptême sous le nom de Catherine, condition de son mariage avec le tsar.

Regalia tenus lors des cérémonies officielles, attributs du pouvoir souverain qu'elle exerça de 1725 à 1727.

Les lettres affectueuses échangées avec le tsar pendant ses campagnes, rares témoignages intimes de la vie d'un couple impérial au début du XVIIIe siècle.
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Vie quotidienne
Matin
Devenue impératrice, Catherine commençait sa journée selon le rituel de la cour : prière orthodoxe devant les icônes, puis toilette et habillage assistés par ses dames d'honneur. Très vite, les affaires d'État l'attendaient, mais elle s'en remettait largement à ses conseillers, surtout au prince Menchikov.
Après-midi
L'après-midi se partageait entre audiences, réception d'ambassadeurs étrangers et signature d'oukases préparés par le Conseil privé suprême. Catherine, peu instruite et incapable d'écrire correctement, écoutait les rapports plus qu'elle ne les rédigeait.
Soir
Les soirées de cour étaient réputées festives : banquets, musique, danses et parfois beuveries héritées de l'époque de Pierre, dont Catherine partageait le goût pour la convivialité bruyante. Elle aimait recevoir et entretenir une atmosphère chaleureuse autour d'elle.
Alimentation
La table impériale mêlait plats russes traditionnels (soupes, poissons, gibier, pain noir) et mets plus raffinés introduits d'Europe occidentale. Vins, bière et eau-de-vie coulaient en abondance lors des fêtes de la cour.
Vêtements
Pour les cérémonies, Catherine portait de somptueuses robes de cour à la mode européenne, brodées d'or et ornées de bijoux, ainsi que le manteau d'hermine et les insignes de l'ordre de Sainte-Catherine. Au quotidien, sa mise restait plus simple que celle des nobles de naissance.
Habitat
Elle résidait dans les palais de Saint-Pétersbourg, la nouvelle capitale bâtie sur les marais de la Neva, et dans les résidences de campagne comme Tsarskoïe Selo. Ces demeures, conçues à l'imitation des palais d'Europe, affichaient la modernité voulue par Pierre.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Accession au trône impérial
1725
Ouverture de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg
1725
Création du Conseil privé suprême
1726
Soutien à la première expédition du Kamtchatka (Vitus Béring)
1725
Institution de l'ordre de Saint-Alexandre Nevski
1725
Allègement de l'impôt de capitation
1727





