Historien, anthropologue et physicien sénégalais (1923-1986). Il a défendu l'antériorité des civilisations négro-africaines et l'origine africaine de l'Égypte ancienne, marquant durablement l'historiographie et le panafricanisme.
Cheikh Anta Diop(1923 — 1986)
Cheikh Anta Diop
Sénégal
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 29 décembre 1923 à Caytou (Sénégal), mort le 7 février 1986 à Dakar
- Soutient en 1960 à la Sorbonne sa thèse sur l'antériorité des civilisations nègres
- Publie en 1954 « Nations nègres et culture », ouvrage majeur sur l'origine africaine de l'Égypte
- Fonde en 1966 un laboratoire de datation au radiocarbone à l'IFAN de Dakar
- L'université de Dakar est renommée Université Cheikh Anta Diop en 1987 en son honneur
Œuvres & réalisations
Son ouvrage fondateur, qui défend l'origine africaine de la civilisation égyptienne. Un des livres les plus influents de la pensée africaine du XXe siècle.
Étude comparée des systèmes politiques et sociaux des royaumes africains avant la colonisation. Il y montre l'existence d'États structurés et anciens.
Diop y développe l'idée d'un fond culturel commun à l'Afrique noire, opposé au modèle européen. Ouvrage clé du panafricanisme culturel.
Réponse argumentée à ses détracteurs, où il réaffirme et précise ses thèses. Il y répond point par point aux critiques académiques.
Vaste synthèse de sa pensée historique, anthropologique et scientifique. Considéré comme son testament intellectuel.
L'un des premiers laboratoires africains de datation au carbone 14. Il permit à Diop de mener des recherches indépendantes des centres européens.
Diop rédige des chapitres majeurs de cette grande œuvre collective. Sa participation consacre sa reconnaissance internationale.
Anecdotes
Au début des années 1950, Cheikh Anta Diop soutient à la Sorbonne une thèse sur l'origine africaine de l'Égypte ancienne, mais elle est d'abord refusée tant elle dérange les idées dominantes de l'époque. Il ne décrochera son doctorat d'État qu'en 1960, devant un jury élargi d'historiens, de sociologues et de physiciens.
Pour prouver scientifiquement ses thèses, Diop ne se contente pas d'écrire : il se forme à la physique nucléaire dans le laboratoire de Frédéric Joliot-Curie à Paris. Il met au point un test de mélanine permettant d'analyser la pigmentation de la peau des momies égyptiennes, mêlant ainsi histoire et sciences exactes.
En 1974, l'UNESCO organise au Caire un grand colloque réunissant les plus grands égyptologues du monde pour débattre du peuplement de l'Égypte ancienne. Diop y défend ses idées avec une telle rigueur que, même sans convaincre tout le monde, il oblige la communauté scientifique à reconnaître le sérieux de ses arguments.
Diop a donné son nom de son vivant à un laboratoire de datation au radiocarbone qu'il dirigeait à Dakar : il était l'un des rares historiens au monde capable de dater lui-même ses échantillons. Aujourd'hui, la grande université de Dakar porte son nom : l'Université Cheikh Anta Diop.
Engagé en politique, Diop fonde plusieurs partis d'opposition au Sénégal et passe une partie de sa carrière écarté de l'enseignement universitaire pour ses idées. Il continue malgré tout ses recherches, convaincu que rendre aux Africains leur histoire était une forme de combat pour l'indépendance.
Sources primaires
L'Égypte ancienne était un pays nègre, et la civilisation égyptienne, une civilisation nègre. Toute la culture méditerranéenne en est issue.
Il s'agit de restituer à la conscience historique africaine les pages les plus brillantes de son passé, pages que l'on s'est appliqué à occulter.
Le débat a montré que la thèse d'une Égypte exclusivement blanche ou même métisse ne pouvait plus être soutenue sans examen critique des sources.
L'histoire de l'humanité ne deviendra une discipline réellement scientifique que le jour où elle restituera à l'Afrique sa juste place dans le développement de la civilisation.
Lieux clés
Village natal de Cheikh Anta Diop, en pays wolof. Il y reçoit une éducation traditionnelle et coranique avant ses études modernes.
Diop y étudie la physique, la philosophie et l'histoire, et y prépare ses thèses. Il se forme à la datation au carbone 14 auprès de l'équipe de Joliot-Curie.
Diop y dirige un laboratoire de radiocarbone et y mène ses recherches. L'université porte son nom depuis 1987.
Lieu du colloque de 1974 où Diop débat du peuplement de l'Égypte ancienne avec les égyptologues du monde entier.
Capitale où Diop mène l'essentiel de sa carrière de chercheur et de militant après l'indépendance, et où il meurt en 1986.
Objets typiques

Appareil de physique permettant de mesurer la radioactivité d'échantillons pour en déterminer l'âge. Diop dirigeait l'un des rares laboratoires de ce type en Afrique.

Fragments de peau de momies égyptiennes que Diop analysait pour mesurer la pigmentation. Sa méthode visait à prouver l'africanité des anciens Égyptiens.

Le tapuscrit de son livre fondateur, publié en 1954. Il y rassemble linguistique, archéologie et anthropologie pour démontrer ses thèses.

Outils de travail linguistique : Diop voulait démontrer que les langues africaines pouvaient exprimer les concepts scientifiques les plus complexes. Il traduisit ainsi des théorèmes en wolof.

Instrument d'observation qu'il utilisait dans ses recherches en physique et en biologie appliquées à l'histoire. Diop tenait à fonder ses conclusions sur l'expérience.

Symbole de son engagement militant : Diop fonda plusieurs partis d'opposition au Sénégal indépendant. Son combat scientifique et son combat politique allaient de pair.
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Vie quotidienne
Matin
Diop commençait souvent ses journées tôt, partagé entre la lecture de revues scientifiques et la préparation de ses cours et conférences. Sa correspondance avec des chercheurs du monde entier occupait une bonne partie de ses matinées.
Après-midi
L'après-midi, il se rendait à son laboratoire de l'IFAN à Dakar, où il supervisait les datations au carbone 14 et les analyses d'échantillons. Chercheur exigeant, il vérifiait lui-même les mesures et les calculs.
Soir
Le soir, Diop écrivait : c'est ainsi qu'il a produit ses milliers de pages d'ouvrages. Il recevait aussi militants et étudiants, car son domicile était un lieu de débat intellectuel et politique.
Alimentation
Diop partageait l'alimentation sénégalaise de son temps : riz au poisson (thiéboudiène), mil, légumes et fruits tropicaux. Le thé à la menthe accompagnait les longues discussions.
Vêtements
Selon les contextes, il portait le costume occidental — veste et cravate — lors de ses conférences et le boubou traditionnel sénégalais dans la vie quotidienne. Cette double tenue reflétait son ancrage à la fois africain et universaliste.
Habitat
Il vivait à Dakar, dans une maison de la capitale sénégalaise mêlant confort moderne et vie de famille. Une partie de son logis servait de bibliothèque et d'espace de travail tant ses recherches débordaient le cadre du laboratoire.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Nations nègres et culture
1954
L'Afrique noire précoloniale
1960
L'unité culturelle de l'Afrique noire
1959
Antériorité des civilisations nègres : mythe ou vérité historique ?
1967
Civilisation ou barbarie
1981
Création du laboratoire de radiocarbone de l'IFAN à Dakar
1966
Contribution à l'Histoire générale de l'Afrique (UNESCO)
1981






