Militante socialiste et féministe allemande (1857-1933), Clara Zetkin est la principale instigatrice de la Journée internationale des femmes. Figure majeure de la IIe Internationale, elle défendit l'émancipation des femmes dans le cadre de la lutte des classes.
Clara Zetkin(1857 — 1933)
Clara Zetkin
Allemagne, Union soviétique, république de Weimar, Empire allemand, royaume de Saxe
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« L'émancipation des femmes est inséparable de l'émancipation de la classe ouvrière.»
« Nous ne voulons pas être égales à des hommes inégaux.»
Faits marquants
- 1857 : Naissance à Wiederau en Saxe
- 1910 : Propose lors de la Conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague la création d'une Journée internationale des femmes
- 1914-1918 : S'oppose fermement à la Première Guerre mondiale et signe le Manifeste de Zimmerwald contre la guerre
- 1920 : Élue au Reichstag, où elle siège jusqu'en 1933
- 1933 : Prononce en tant que doyenne le discours d'ouverture du Reichstag quelques semaines avant sa mort, appelant à résister au fascisme
Œuvres & réalisations
Pendant vingt-cinq ans, Zetkin fit de ce journal une tribune politique exigeante pour les femmes du mouvement ouvrier, refusant d'en faire un simple magazine ménager. La revue atteignit plus de 100 000 abonnées.
Texte fondateur adopté à Copenhague proposant une journée annuelle de mobilisation internationale pour les droits des femmes. C'est l'acte qui donna naissance au 8 mars tel qu'on le connaît aujourd'hui.
Grande allocution dans laquelle Zetkin articula pour la première fois de manière systématique le lien entre lutte des classes et émancipation féminine, imposant ce débat à l'agenda du socialisme international.
Ouvrage de témoignage relatant ses conversations avec Lénine sur la question féminine et la politique soviétique, précieux document sur les débats théoriques de l'époque.
Dernier grand acte politique de Zetkin, présidant la séance en tant que doyenne d'âge, elle lança un appel vibrant au front antifasciste devant les députés nazis qui tentaient de l'interrompre.
Ensemble de textes théoriques et polémiques dans lesquels Zetkin développa sa thèse : l'émancipation des femmes ne peut se réaliser sans transformation socialiste de la société, et inversement.
Anecdotes
En août 1910, lors de la IIe Conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, Clara Zetkin proposa solennellement l'instauration d'une Journée internationale des femmes. Sa motion fut adoptée à l'unanimité par les déléguées de dix-sept pays. Dès le 19 mars 1911, plus d'un million de femmes défilèrent en Allemagne, Autriche, Danemark et Suisse pour réclamer le droit de vote et l'égalité au travail.
En août 1932, à soixante-seize ans et gravement malade, Clara Zetkin se fit transporter en ambulance au Reichstag pour présider, en tant que doyenne d'âge, la séance d'ouverture du parlement allemand. Depuis son fauteuil, elle prononça un discours fulgurant appelant à un front uni contre le fascisme montant, sous les huées des députés nazis. Ce fut sa dernière apparition publique en Allemagne.
Clara Zetkin et Rosa Luxemburg formaient un duo intellectuel et amical aussi célèbre qu'inséparable dans les cercles socialistes européens. Elles s'écrivaient des centaines de lettres où se mêlaient analyses politiques, confidences personnelles et plaisanteries. L'assassinat de Rosa Luxemburg en janvier 1919, lors de la répression de la révolution spartakiste, brisa profondément Clara Zetkin qui porta ce deuil jusqu'à sa mort.
Clara Zetkin dirigea pendant vingt-cinq ans, de 1892 à 1917, le journal socialiste féminin 'Die Gleichheit' (L'Égalité). Sous sa direction, ce modeste bulletin devint une revue internationale lue par des centaines de milliers de travailleuses. Elle y publiait des analyses politiques exigeantes, refusant de réduire la presse féminine aux rubriques ménagères — ce qui lui valut de vives tensions avec la direction du Parti social-démocrate.
Lors de son séjour à Moscou en 1920, Clara Zetkin eut de longues conversations avec Lénine qu'elle consigna fidèlement. Lénine, qu'elle admirait mais qu'elle n'hésitait pas à contredire, lui aurait confié ses réserves sur les cercles de discussion féministes jugés trop éloignés de la lutte des classes. Clara Zetkin, elle, défendait que l'émancipation des femmes était une condition, et non une conséquence, de la révolution socialiste.
Sources primaires
La libération économique de la femme est la condition préalable de son émancipation sociale et politique. Aucune femme ne peut être vraiment libre tant qu'elle dépend économiquement de l'homme ou du capital.
En accord avec les organisations politiques et syndicales féminines du prolétariat, nous établissons une Journée internationale des femmes dont le but premier est de conquérir le suffrage universel pour les femmes.
Il me dit : 'La cause de l'émancipation des femmes n'est pas une cause à part, c'est une partie intégrante de la grande cause sociale.' Je lui répondis que cela n'excusait pas de la traiter comme une cause secondaire.
Le devoir le plus urgent de l'heure est de former un front uni de toutes les organisations ouvrières pour barrer la route au fascisme. C'est dans cet esprit que j'ouvre cette session du Reichstag allemand.
Nous ne réclamons pas les droits des femmes par charité ou par pitié. Nous les réclamons parce qu'ils sont la condition sine qua non d'une société véritablement juste. La question féminine est une question de classe.
Lieux clés
Village natal de Clara Zetkin, né le 5 juillet 1857 dans ce bourg rural saxon. Son père y était instituteur, ce qui lui permit d'accéder à une éducation solide.
Ville où Clara Zetkin fit ses études à l'Institut de formation des enseignantes et où elle découvrit le mouvement socialiste et les cercles de militantes ouvrières.
Ville où elle s'installa longuement et dirigea 'Die Gleichheit' ; c'est également là que se tint le congrès international socialiste de 1907 où elle s'imposa comme figure majeure.
Lieu de la IIe Conférence internationale des femmes socialistes d'août 1910, où Zetkin proposa et fit adopter la création de la Journée internationale des femmes.
Siège du parlement allemand où Clara Zetkin siégea comme députée communiste de 1920 à 1933, et où elle prononça en août 1932 son dernier grand discours antifasciste.
Lieu de sa mort le 20 juin 1933, où elle s'était réfugiée après la prise de pouvoir nazie. Ses cendres furent déposées au mur du Kremlin à Moscou.
Objets typiques

Journal socialiste féminin que Clara Zetkin dirigea pendant vingt-cinq ans. Elle en faisait le principal outil de formation politique des femmes du mouvement ouvrier.

Zetkin était une rédactrice et une correspondante infatigable ; elle échangea des centaines de lettres avec Rosa Luxemburg, Lénine et les militantes du monde entier.

Symbole de son engagement dans le parti ouvrier allemand, auquel elle appartenait depuis les années 1880 avant de rejoindre le Parti communiste (KPD) en 1919.

Les grandes réunions publiques et les conférences politiques étaient son terrain de prédilection ; les affiches annonçant ses prises de parole circulaient dans toute l'Europe ouvrière.

Symbole universel du mouvement socialiste international que Zetkin portait et défendait depuis ses premières luttes jusqu'à ses dernières apparitions publiques.

Tenue sobre et pratique adoptée par de nombreuses militantes socialistes de l'époque, signe d'une identité ouvrière assumée face aux codes vestimentaires bourgeois.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Clara Zetkin commençait ses journées très tôt, dévorant la presse nationale et internationale pour alimenter ses éditoriaux. Elle rédigeait ses articles et répondait à son abondante correspondance avant même le petit-déjeuner, s'appuyant sur une discipline de fer héritée de son éducation saxonne.
Après-midi
Ses après-midis étaient consacrées aux réunions de section du parti, aux rencontres avec des délégations de femmes ouvrières ou à la préparation de conférences publiques. Elle se déplaçait beaucoup, en train, à travers l'Allemagne et l'Europe, pour prendre la parole lors de meetings syndicaux et politiques.
Soir
Le soir, Zetkin recevait souvent chez elle des camarades militants pour des discussions politiques qui se prolongeaient tard dans la nuit. Elle lisait également beaucoup — Marx, Engels, mais aussi des romans et de la poésie — et entretenait une intense correspondance avec Rosa Luxemburg et d'autres figures du socialisme international.
Alimentation
Comme de nombreuses militantes socialistes de l'époque, Clara Zetkin vivait modestement. Son alimentation était simple et frugale : pain de seigle, pommes de terre, légumes de saison et parfois de la charcuterie. Les longues tournées de meetings ne laissaient guère de place aux repas élaborés.
Vêtements
Zetkin portait des robes sombres et sobres, en laine ou en coton, sans ornements superflus. Cette tenue pratique et austère était à la fois un choix idéologique — refus de l'ostentation bourgeoise — et une nécessité pratique pour des journées de militantisme intense.
Habitat
Elle vécut longtemps dans des appartements de taille modeste à Stuttgart, au cœur des quartiers ouvriers. Son logement tenait davantage du bureau que d'un foyer bourgeois : des piles de journaux, des dossiers, des livres et des brochures envahissaient chaque pièce disponible.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Direction de 'Die Gleichheit' (L'Égalité)
1892–1917
Résolution pour la Journée internationale des femmes
1910
Discours au Congrès socialiste international de Stuttgart
1907
Souvenirs sur Lénine (Erinnerungen an Lenin)
1925
Discours d'ouverture du Reichstag
30 août 1932
Articles et brochures sur la question féminine (Die Frauenfrage)
1889–1920






