Claude Galien
Claude Galien
129 — 300
Rome antique
Médecin grec du IIe siècle, Galien fut le médecin des empereurs romains et le plus grand théoricien de la médecine antique. Ses travaux d'anatomie et de physiologie, fondés sur la dissection d'animaux, ont dominé la médecine occidentale pendant plus de mille ans.
Citations célèbres
« Le meilleur médecin est aussi philosophe. »
« L'anatomie est la base de la médecine. »
Faits marquants
- Né vers 129 apr. J.-C. à Pergame (actuelle Turquie), mort vers 216 apr. J.-C.
- Médecin attitré de l'empereur Marc Aurèle à Rome
- Auteur d'environ 300 traités médicaux, dont une centaine nous sont parvenus
- Développe la théorie des quatre humeurs héritée d'Hippocrate et la systématise
- Ses écrits restent la référence médicale en Europe et dans le monde arabe jusqu'au XVIe siècle
Œuvres & réalisations
Traité en 17 livres décrivant l'anatomie téléologique du corps humain, c'est-à-dire chaque organe justifié par sa fonction. Œuvre fondamentale qui domina la pensée médicale pendant plus de mille ans.
Manuel pratique de dissection en 15 livres, décrivant avec précision les techniques et les observations anatomiques tirées de la dissection de singes et d'autres animaux. Référence chirurgicale majeure de l'Antiquité.
Traité en 14 livres exposant une méthode rationnelle et systématique pour diagnostiquer et traiter les maladies. Ouvrage de référence pour les médecins médiévaux européens et arabes.
Traité fondateur de la physiologie galénique, exposant la théorie des facultés qui régissent la digestion, la nutrition et la croissance. Il y défend brillamment la pensée téléologique contre les atomistes.
Traité développant et systématisant la théorie des quatre humeurs héritée d'Hippocrate (sang, phlegme, bile jaune, bile noire), qui devint le fondement de la médecine médiévale et de la psychologie des tempéraments.
Court traité introductif à la médecine galénique, l'un des textes médicaux les plus lus et commentés du Moyen Âge. Il synthétise les principes fondamentaux du diagnostic et de la thérapeutique.
Anecdotes
Galien commença sa carrière en soignant les gladiateurs de Pergame. Ce poste lui permit d'observer de nombreuses blessures graves et d'approfondir ses connaissances anatomiques. On raconte qu'il réduisit si bien la mortalité des gladiateurs que le grand prêtre qui l'avait engagé le reconduisit dans ses fonctions quatre années de suite.
Pour démontrer ses théories sur le système nerveux, Galien réalisa une démonstration publique spectaculaire : en sectionnant les nerfs récurrents d'un porc devant une assemblée de philosophes et de médecins, il prouva que le cerveau, et non le cœur, contrôlait la voix. Le porc, jusque-là criant, devint silencieux instantanément, confondant ses adversaires.
Galien fut appelé à Rome pour soigner Marc Aurèle, qui souffrait d'une maladie chronique. Il diagnostiqua non pas une fièvre, mais une indigestion, et prescrivit un régime alimentaire simple. L'empereur, soulagé, le qualifia de 'premier des médecins et seul philosophe'. Galien devint ensuite le médecin personnel de plusieurs empereurs romains.
Galien était connu pour son caractère combatif et ses joutes verbales avec les médecins rivaux. Il n'hésitait pas à pratiquer des dissections publiques pour humilier ses contradicteurs en leur prouvant par l'expérience directe qu'ils avaient tort. Il dénonçait avec virulence ceux qu'il appelait les 'charlatans' et les 'ignorants' qui nuisaient aux malades.
Galien échappa de justesse à l'incendie du Temple de la Paix à Rome en 192 apr. J.-C., qui détruisit une grande partie de sa bibliothèque et de ses préparations médicales qu'il conservait dans des entrepôts proches. Il consacra une grande partie de ses dernières années à reconstituer et réécrire ses œuvres perdues dans ce sinistre.
Sources primaires
La nature ne fait rien en vain, rien qui soit superflu, rien qui manque à ce qui est nécessaire. Toute partie du corps a été créée pour une fonction précise, et cette fonction est parfaitement accomplie.
Le médecin doit d'abord connaître la nature du corps sain, puis celle du corps malade, afin de ramener ce dernier à son état naturel par les remèdes appropriés.
Il existe dans chaque partie du corps une faculté qui lui est propre : une faculté d'attraction pour ce qui lui est utile, une faculté de rétention, une faculté d'altération, et une faculté d'expulsion de ce qui lui est nuisible.
Si tu veux connaître les os, ne te contente pas de lire dans les livres, mais examine-les de tes propres yeux, soit en disséquant toi-même, soit en observant attentivement ceux qui dissèquent.
La santé est l'état dans lequel nous ne souffrons pas et ne sommes pas entravés dans nos activités. La maladie est l'état contraire, dans lequel nous souffrons et sommes empêchés de remplir nos fonctions naturelles.
