Biographie

Général de division français du Premier Empire, Claude-Juste-Alexandre Legrand se distingue lors des guerres napoléoniennes, notamment à Austerlitz. Il commande plusieurs corps d'armée sous Napoléon Bonaparte.

Claude-Juste-Alexandre Legrand(1762 — 1815)

Claude-Juste-Alexandre Legrand

France

7 min de lecture

MilitaireXIXe sièclePremier Empire et guerres napoléoniennes (début XIXe siècle)

Questions fréquentes

Claude-Juste-Alexandre Legrand (1762-1815) est un général de division du Premier Empire qui s'est illustré lors des guerres napoléoniennes. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne parfaitement la méritocratie impériale : parti simple soldat sous l'Ancien Régime, il gravit tous les échelons jusqu'à commander une division de la Grande Armée. Son fait d'armes le plus célèbre reste la défense du flanc sud à Austerlitz (2 décembre 1805), où sa division en infériorité numérique tint les villages de Telnitz et Sokolnitz contre les assauts russo-autrichiens, permettant à Napoléon de concentrer ses forces pour percer le centre ennemi sur les hauteurs du Pratzen.

Faits marquants

  • Nommé général de division sous le Premier Empire
  • Participe à la bataille d'Austerlitz (1805), l'une des plus grandes victoires de Napoléon
  • Sert dans plusieurs campagnes militaires napoléoniennes en Europe
  • Commande une division d'infanterie au sein de la Grande Armée

Œuvres & réalisations

Défense du flanc sud à la bataille d'Austerlitz (2 décembre 1805)

La division Legrand, en infériorité numérique, tient le secteur de Telnitz et Sokolnitz contre les assauts répétés des alliés, permettant à Napoléon d'exécuter sa manœuvre centrale décisive sur le Pratzen. C'est le fait d'armes le plus célèbre de sa carrière.

Campagne de Prusse et de Pologne (1806-1807)

Legrand participe aux opérations qui conduisent à l'écrasement de la Prusse à Iéna et à la domination française sur l'Europe centrale, aboutissant au traité de Tilsit qui consacre l'apogée de l'Empire.

Campagne d'Autriche (1809)

Engagé dans les opérations du Danube qui aboutissent à la victoire de Wagram et au traité de Schönbrunn, Legrand commande ses troupes dans des combats acharnés contre une Autriche déterminée à se venger d'Austerlitz.

Commandement lors de la campagne d'Allemagne (1813)

Après le désastre de Russie, Legrand commande des unités lors de la bataille des Nations à Leipzig et des combats défensifs couvrant la retraite française vers le Rhin, dans une guerre où la Grande Armée tente de résister à toute l'Europe coalisée.

Anecdotes

À la bataille d'Austerlitz, le 2 décembre 1805, la division Legrand reçoit la mission périlleuse de tenir seule le flanc sud du dispositif français face aux assauts répétés des forces russo-autrichiennes supérieures en nombre. Sa résistance sur le secteur de Telnitz et de Sokolnitz permet à Napoléon de concentrer ses meilleures troupes au centre pour percer les hauteurs du Pratzen. Sans cette tenue héroïque, la manœuvre napoléonienne n'aurait pu s'accomplir.

Legrand avait commencé sa carrière militaire comme simple soldat sous l'Ancien Régime, bien avant que la Révolution ne lui ouvre les portes d'un avancement rapide. La méritocratie révolutionnaire puis impériale lui permit de gravir tous les échelons, du grade de fusilier à celui de général de division en une vingtaine d'années, incarnant parfaitement la formule napoléonienne selon laquelle tout soldat porte dans sa giberne le bâton de maréchal.

Lors des campagnes d'Allemagne, Legrand était réputé parmi ses soldats pour sa présence en première ligne lors des moments les plus critiques, partageant les mêmes dangers que ses hommes. Cette proximité avec la troupe lui valut une loyauté remarquable de la part de ses régiments, qualité que Napoléon appréciait particulièrement chez ses généraux de division.

La mort de Legrand, le 8 janvier 1815 à Bitche, survient quelques semaines seulement après l'abdication de Napoléon, alors que l'Empire s'effondrait. Ce destin illustre celui de toute une génération de généraux formés par vingt ans de guerres révolutionnaires et impériales, dont la carrière et la fortune étaient indissociables du régime qui les avait élevés.

Sources primaires

Correspondance de Napoléon Ier, tome XI — lettre relative à la bataille d'Austerlitz (Décembre 1805)
Le général Legrand a soutenu avec la plus grande fermeté les attaques de l'ennemi sur notre gauche, couvrant le mouvement général de l'armée avec une énergie digne des plus grands éloges.
Bulletin de la Grande Armée — 3e bulletin, campagne d'Austerlitz (4 décembre 1805)
La division du général Legrand, postée à Telnitz et à Sokolnitz, a repoussé des forces très supérieures et maintenu sa position jusqu'à l'heure décisive, contribuant ainsi au succès de la journée.
Mémoires du général de Ségur — Histoire et mémoires, tome III (1826)
La résistance des divisions de la gauche, et en particulier celle conduite par Legrand, fut l'une des clefs méconnues d'Austerlitz ; sans elle, l'audacieuse manœuvre centrale n'eût pu s'exécuter.
État des services — dossier Legrand, Archives du Service historique de la Défense (Vincennes, cote GD 2° série) (1815)
Engagé au service en 1782 ; nommé général de brigade en l'an VII ; général de division en l'an XI. A pris part aux campagnes de l'an II, d'Italie, d'Allemagne, de Prusse, d'Autriche et de Saxe.

Lieux clés

Orléans (Loiret, France)

Ville natale de Legrand, né en 1762 dans cette cité de la Loire déjà chargée d'histoire militaire. C'est d'ici que partirent nombre de jeunes gens pour rejoindre les armées révolutionnaires puis impériales.

Slavkov u Brna — Austerlitz (Tchéquie)

Site de la bataille du 2 décembre 1805, souvent qualifiée de chef-d'œuvre tactique de Napoléon. La division Legrand y tint le flanc gauche français face aux assauts alliés, permettant la manœuvre centrale décisive sur les hauteurs du Pratzen.

Paris (France)

Cœur de l'Empire napoléonien où Legrand reçut ses promotions et fréquenta les cercles militaires. Le ministère de la Guerre y coordonnait les campagnes et les affectations des généraux de division.

Bitche (Moselle, France)

Place forte militaire de Lorraine où Legrand s'éteignit le 8 janvier 1815, quelques mois après l'abdication de Napoléon. Cette ville de garnison symbolise la fin d'une génération de soldats dont la destinée était liée à celle de l'Empire.

Voir aussi