Clora Bryant (1927-2019) est une trompettiste de jazz américaine, l'une des très rares femmes à s'imposer comme soliste dans le bebop. Figure de la scène de Central Avenue à Los Angeles, elle a côtoyé les plus grands musiciens de son temps.
Clora Bryant(1927 — 2019)
Clora Bryant
États-Unis
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née le 30 mai 1927 à Denison (Texas), morte le 25 août 2019 à Los Angeles.
- Devient dans les années 1940 l'une des seules trompettistes femmes du bebop, sur la scène de Central Avenue à Los Angeles.
- Joue et se produit aux côtés de figures majeures comme Dizzy Gillespie, Charlie Parker et Billie Holiday.
- Enregistre en 1957 son unique album comme leader, « Gal with a Horn ».
- Invitée à se produire en Union soviétique en 1989.
Œuvres & réalisations
Orchestre de swing entièrement féminin avec lequel elle se produit pendant la guerre, jusqu'à l'Apollo Theater de Harlem.
Elle s'impose dans les clubs de Los Angeles aux côtés des grands noms du bebop, fait exceptionnel pour une femme instrumentiste.
Son unique album en tant que leader, où elle joue de la trompette et chante : une rareté pour une femme à cette époque.
Tournée en Union soviétique qu'elle a elle-même sollicitée, symbole d'ouverture culturelle pendant la Guerre froide.
Elle contribue à cet ouvrage de référence sur l'histoire du jazz à Los Angeles, transmettant la mémoire de sa génération.
Anecdotes
Clora Bryant n'a jamais choisi la trompette : ce sont ses deux frères aînés, Fred et Mel, qui en jouaient. Quand ils sont partis à l'armée pendant la Seconde Guerre mondiale, l'un d'eux a laissé son instrument à la maison. Clora, adolescente, s'est mise à l'apprendre seule, encouragée par son père qui élevait seul ses enfants au Texas.
Étudiante au Prairie View College, elle rejoint les Prairie View Co-Eds, un orchestre de swing entièrement féminin. Pendant la guerre, ces musiciennes remplaçaient les hommes partis au front et se produisaient jusqu'au célèbre Apollo Theater de Harlem, à New York.
Sur Central Avenue à Los Angeles, le cœur de la vie jazz afro-américaine, Clora participait aux 'jam sessions' nocturnes et aux 'cutting contests', des joutes où les musiciens rivalisaient d'improvisations. Très rare femme trompettiste dans ce milieu d'hommes, elle tenait tête aux plus grands solistes.
Elle vénérait Dizzy Gillespie, l'un des inventeurs du bebop, qu'elle considérait comme son modèle et son mentor. Elle alla jusqu'à composer un morceau en son honneur, et leur amitié dura des décennies.
En 1989, elle écrivit elle-même aux autorités soviétiques pour demander à venir jouer en URSS. Invitée, elle devint l'une des premières musiciennes de jazz américaines à s'y produire, à l'époque de Mikhaïl Gorbatchev.
En 1996, une grave opération du cœur l'empêcha de rejouer de la trompette, qui demande un souffle puissant. Loin d'abandonner la musique, elle continua à chanter et à improviser en 'scat' avec sa voix jusqu'à un âge avancé.
Sources primaires
Sur Central Avenue, on pouvait passer d'un club à l'autre toute la nuit et entendre les meilleurs musiciens du monde. C'était notre université de la musique.
Clora Bryant y joue de la trompette et chante, accompagnée d'un quartet, démontrant qu'une femme pouvait être à la fois soliste de bebop et chanteuse.
Je voulais qu'on me juge comme musicienne, pas comme 'femme trompettiste'. Dizzy Gillespie a été mon mentor et mon idole.
Lieux clés
Ville du nord du Texas où Clora Bryant naît en 1927, dans le Sud américain alors ségrégué.
Université historiquement noire où elle étudie et rejoint l'orchestre féminin des Prairie View Co-Eds.
Artère du jazz afro-américain de Los Angeles, foisonnante de clubs où Clora se forge une réputation de soliste.
Ville où elle vécut l'essentiel de sa vie, mena sa carrière et s'éteignit en 2019.
Capitale soviétique où elle se produisit en 1989, parmi les premières musiciennes de jazz américaines invitées dans le pays.
Objets typiques

L'instrument auquel Clora Bryant a consacré sa vie, qu'elle apprit seule sur la trompette laissée par l'un de ses frères. Elle en fit un outil rare entre les mains d'une femme dans le bebop.

Petit dispositif que les trompettistes de jazz glissent dans le pavillon pour produire un son feutré et nasillard. Indispensable au vocabulaire sonore du bebop qu'elle pratiquait.

Son unique album comme cheffe, gravé en 1957 sur 33-tours. Il témoigne de sa double maîtrise de la trompette et du chant.

Les grilles d'accords rapides et complexes du bebop que les musiciens improvisaient lors des jam sessions. Clora les déchiffrait et les transformait en solos.

Tenue élégante portée sur scène, où l'on attendait des musiciennes une apparence soignée. Clora devait à la fois séduire le public et imposer son talent d'instrumentiste.

Après son opération du cœur en 1996, le micro devint son principal instrument : elle continua à chanter et à improviser en scat.
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Vie quotidienne
Matin
Pour une musicienne de jazz, la matinée est souvent un temps de repos après les concerts nocturnes. Clora consacrait ses débuts de journée aux exercices de trompette : gammes, tenues de notes et travail du souffle, essentiels pour garder des 'chops' (lèvres) en forme.
Après-midi
L'après-midi servait aux répétitions avec les autres musiciens et à l'apprentissage de nouveaux morceaux de bebop, aux grilles d'accords exigeantes. C'était aussi le moment des contacts pour décrocher des 'gigs', les engagements dans les clubs.
Soir
Le soir venu, la vraie vie commençait sur Central Avenue : concerts dans les clubs, puis 'jam sessions' improvisées jusqu'au petit matin, où les musiciens se mesuraient les uns aux autres dans des joutes effrénées.
Alimentation
L'alimentation puisait dans la cuisine afro-américaine du Sud (la 'soul food') : poulet frit, légumes verts mijotés, pain de maïs. Les musiciens mangeaient souvent tard, entre deux prestations, dans les petits restaurants ouverts la nuit.
Vêtements
Sur scène, on attendait d'une femme une élégance soignée : robes habillées et coiffures impeccables. Clora devait composer avec cette exigence d'apparence tout en imposant son statut d'instrumentiste sérieuse.
Habitat
Elle vécut surtout à Los Angeles, dans les quartiers afro-américains proches de Central Avenue, dans un contexte de ségrégation qui limitait les zones d'habitation accessibles aux Noirs. Elle y éleva ses quatre enfants.






