Colbert(1619 — 1683)

Jean-Baptiste Colbert

France

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PolitiqueÉconomieTemps modernesFrance du Grand Siècle sous le règne de Louis XIV, apogée de la monarchie absolue

Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) fut le principal ministre de Louis XIV, contrôleur général des finances à partir de 1665. Architecte d'une politique économique dirigiste, il réorganisa les finances royales et développa l'industrie et le commerce français.

Questions fréquentes

Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) fut le principal ministre de Louis XIV, surtout connu comme contrôleur général des finances à partir de 1665. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il n'était pas un noble de sang mais un bourgeois de Reims, ce qui explique son goût pour le travail méticuleux et le commerce. Il centralisa les finances royales, développa l'industrie et le commerce, et posa les bases du mercantilisme français, souvent appelé « colbertisme ». Son ascension fulgurante commença après la disgrâce de Fouquet en 1661, dont il démasqua les malversations.

Citations célèbres

« L'art de l'imposition consiste à plumer l'oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris.»

Faits marquants

  • Nommé contrôleur général des finances en 1665 par Louis XIV
  • Mit en place une politique mercantiliste (le « colbertisme ») favorisant les exportations et limitant les importations
  • Créa les manufactures royales (Gobelins, glaces de Saint-Gobain) et développa la Marine de guerre
  • Fonda plusieurs compagnies de commerce (Compagnie des Indes orientales et occidentales, 1664)
  • Participa à la chute de Nicolas Fouquet en 1661 et réorganisa les finances de l'État

Œuvres & réalisations

Compagnie des Indes orientales (1664)

Compagnie de commerce créée pour concurrencer les Hollandais et les Anglais dans le commerce avec l'Asie. Elle illustre sa politique mercantiliste.

Manufactures royales (Gobelins, Saint-Gobain, Beauvais) (1662-1667)

Réseau d'ateliers d'État produisant tapisseries, glaces et tissus de luxe. Elles devaient enrichir la France et limiter les importations.

Académie royale des sciences (1666)

Institution savante fondée pour encourager la recherche scientifique en France. Elle attira de grands savants européens grâce à des pensions.

Ordonnance sur les Eaux et Forêts (1669)

Grande réforme protégeant et réglementant l'exploitation des forêts royales. Elle visait à garantir le bois nécessaire à la marine.

Code de la Marine (Ordonnance de la Marine) (1681)

Ensemble de règles organisant la marine de guerre et le droit maritime. Il fit de la France une grande puissance navale.

Canal du Midi (soutien et financement) (1666-1681)

Canal reliant l'Atlantique à la Méditerranée, conçu par Pierre-Paul Riquet et soutenu financièrement par l'État de Colbert. Prouesse technique du siècle.

Tarif douanier protectionniste (1667)

Hausse des droits de douane sur les produits étrangers pour protéger l'industrie française. C'est le cœur du système appelé « colbertisme ».

Anecdotes

Colbert avait pour devise un serpent : la couleuvre (en latin *coluber*), un jeu de mots sur son nom. On le retrouve sculpté sur ses armoiries et certains monuments qu'il a commandités, comme un clin d'œil à son patronyme.

Réputé pour son acharnement au travail, Colbert dormait peu et arrivait à son bureau dès l'aube. Ses contemporains le surnommaient « le Nord » à cause de son visage glacial et taciturne, et Madame de Sévigné l'appelait ironiquement « Monsieur le Nord ».

C'est Colbert qui, en 1661, démasqua et fit tomber le surintendant des finances Nicolas Fouquet. Lors d'une fête fastueuse au château de Vaux-le-Vicomte, Fouquet voulut éblouir Louis XIV ; trois semaines plus tard, il était arrêté, et Colbert récupérait peu à peu son pouvoir.

Colbert fonda en 1666 l'Académie des sciences et fit venir à Paris de grands savants étrangers, comme l'astronome italien Cassini, en leur offrant des pensions royales. Il voulait que la France brille aussi par ses connaissances.

Pour développer la marine, Colbert créa l'« inscription maritime », un registre qui obligeait les hommes des côtes à servir sur les navires du roi à tour de rôle. Il fit aussi planter des forêts de chênes pour fournir le bois des futurs vaisseaux, pensant déjà aux générations suivantes.

Sources primaires

Lettres, instructions et mémoires de Colbert (publiés par Pierre Clément) (vers 1670)
Il faut, autant qu'il est possible, augmenter l'argent qui entre dans le royaume et diminuer celui qui en sort.
Mémoires de Saint-Simon (début XVIIIe siècle (sur les années 1660-1680))
Colbert était un homme d'un esprit médiocre, mais d'une application infatigable et d'une probité reconnue dans le maniement des finances.
Correspondance de Madame de Sévigné (1670-1675)
Monsieur le Nord, comme on l'appelle, ne se déride jamais.
Édit de création de la Compagnie des Indes orientales (1664)
Sa Majesté, désirant rétablir le commerce de ses sujets dans les Indes orientales, a résolu d'établir une Compagnie.

Lieux clés

Reims

Ville de Champagne où Jean-Baptiste Colbert naquit en 1619 dans une famille de marchands drapiers. Son origine bourgeoise marqua son goût du commerce et du travail.

Château de Versailles

Résidence royale dont Colbert supervisa les chantiers et le financement pour Louis XIV. Il y veilla aux dépenses tout en organisant le prestige du roi.

Manufacture des Gobelins (Paris)

Manufacture royale de meubles et tapisseries que Colbert réorganisa en 1662 pour produire le mobilier de la Couronne. Symbole de sa politique industrielle.

Arsenal de Rochefort

Port militaire fondé sur l'initiative de Colbert en 1666 pour construire et armer les vaisseaux de la marine royale sur la façade atlantique.

Paris

Capitale où Colbert exerça ses fonctions de contrôleur général et où il mourut en 1683. Il y fonda plusieurs académies et embellit la ville.

Voir aussi