Fidèle compagnon d'Henri IV, Sully fut surintendant des finances de 1598 à 1610. Il assainit les finances royales, réduisit la dette et favorisa l'agriculture et les infrastructures. Huguenot convaincu, il incarna la reconstruction du royaume après les guerres de Religion.
Maximilien de Béthune duc de Sully
Maximilien de Béthune, duc de Sully
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France.»
Faits marquants
- 1560 : Naissance à Rosny-sur-Seine ; compagnon d'Henri de Navarre dès l'adolescence
- 1598 : Nommé surintendant des finances ; rembourse une grande partie de la dette royale
- 1604 : Introduction de la paulette, taxe annuelle permettant la transmission héréditaire des offices
- 1599–1610 : Grand maître de l'artillerie, développement des routes, ponts et canaux
- 1610 : Démissionne après l'assassinat d'Henri IV ; se retire dans ses terres
Œuvres & réalisations
En douze ans, Sully assainit les finances du royaume en traquant la fraude, réduisant les pensions inutiles et rationalisant la levée des impôts. Il parvint à rembourser une large part de la dette et à constituer une réserve de plusieurs millions de livres à la Bastille.
En tant que grand voyer de France, Sully supervisa la construction et l'entretien de routes royales reliant les grandes villes du royaume, favorisant le commerce et la circulation des troupes sur l'ensemble du territoire.
Premier canal à point de partage construit en France, destiné à relier la Loire à la Seine pour faciliter le transport des marchandises. Les travaux lancés par Sully en 1604 ne s'achèveront qu'en 1642.
Rédigés sous sa dictée par plusieurs secrétaires, ces Mémoires en plusieurs volumes retracent sa gestion des finances et sa vision politique. Ils constituent une source historique majeure sur le règne d'Henri IV.
Plan de paix européenne attribué à Henri IV et Sully, visant à établir une confédération de quinze États chrétiens pour prévenir les guerres. Ce projet, consigné dans les Économies royales, fascina les penseurs des siècles suivants.
Sully fit voter des édits interdisant la saisie du bétail et des outils des paysans pour dettes et limita les conversions de terres arables. Sa formule « labourage et pâturage » résume cette politique volontariste qui inspira plus tard les physiocrates.
Anecdotes
Lors du massacre de la Saint-Barthélemy en août 1572, le jeune Maximilien de Béthune, âgé de treize ans, se trouvait à Paris pour ses études. Selon ses propres Mémoires, il dut sa survie à des écoliers catholiques du Collège de Bourgogne qui le dissimulèrent et le protégèrent pendant plusieurs jours au milieu des tueries.
Sully est l'auteur de la célèbre formule : « Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France. » Par cette expression frappante, il affirmait que la richesse du royaume reposait sur l'agriculture et l'élevage bien plus que sur le commerce ou les manufactures, et fit voter des édits interdisant la saisie du bétail et des outils des paysans pour dettes.
Huguenot convaincu dans un royaume redevenu catholique, Sully était l'une des rares personnalités protestantes à occuper une si haute fonction sous Henri IV. Le roi, qui avait lui-même abjuré le protestantisme en 1593, lui conserva toute sa confiance, preuve d'une amitié forgée sur les champs de bataille des guerres de Religion et que la politique religieuse ne put entamer.
Lorsque Henri IV fut assassiné le 14 mai 1610 par Ravaillac, Sully arriva trop tard au Louvre pour voir le roi agoniser. Selon ses Mémoires, il s'effondra en larmes, le visage contre le sol, sous les yeux des courtisans. Anéanti, il remit presque aussitôt sa démission à la régente Marie de Médicis et se retira définitivement de la vie politique.
Pour assainir les finances royales, Sully traquait personnellement les détournements avec une rigueur quasi obsessionnelle : il contrôlait chaque entrée et sortie du Trésor, réduisait les pensions excessives accordées aux nobles et pourchassait les traitants malhonnêtes. En douze ans, il remboursa une large part des dettes de la couronne et accumula plusieurs millions de livres en réserve dans les tours de la Bastille.
Sources primaires
« Labourage et pâturage sont les deux mamelles dont la France est alimentée et les vraies mines et trésors du Pérou. » Sully y retrace sa gestion des finances, ses réformes fiscales et sa vision du royaume prospère qu'il entendait bâtir aux côtés d'Henri IV.
Henri IV écrit à Sully : « Mon amy, je vous prie de m'envoyer l'estat de mes finances, afin que je voye en quel poinct elles se trouvent et ce que je puis faire pour le bien de mes subjects. »
« Nous avons, par cet édit perpétuel et irrévocable, éteint et assoupi les troubles, divisions et guerres civiles […] et permettons à ceux de ladite religion prétendue réformée de vivre et demeurer par toutes les villes et lieux de notre royaume. » Sully participa activement à sa rédaction.
Les ordonnances rédigées sous l'autorité de Sully précisent les modalités de perception des impôts, interdisent la saisie du bétail des paysans pour dettes et instaurent des contrôles sur les receveurs pour lutter contre la fraude fiscale.
Lieux clés
Résidence favorite de Sully, qui y fit édifier un château et aménager de vastes jardins. C'est là qu'il se retira après la mort d'Henri IV et travailla à la rédaction de ses Mémoires.
Magnifique hôtel particulier du Marais (rue Saint-Antoine), acquis par Sully en 1634, qui porte encore aujourd'hui son nom. Il illustre la fortune et le prestige du ministre à la fin de sa vie.
Sully y installa ses bureaux en tant que grand maître de l'artillerie et fit de cet établissement un centre névralgique de la défense du royaume, supervisant la fabrication des canons et la gestion des poudres.
Sully reçut le titre de duc grâce à ce château médiéval de la Loire en 1606. Il symbolise l'ascension sociale extraordinaire de Maximilien de Béthune, simple gentilhomme protestant devenu duc et pair de France.
C'est dans son château de Villebon que Sully passa les dernières années de sa vie en retraite forcée, loin de la cour, et qu'il mourut en 1641 à l'âge de 81 ans.
Objets typiques

Sully tenait personnellement d'épais registres où étaient consignées toutes les entrées et sorties des finances royales. Cet instrument de contrôle rigoureux lui permit de débusquer fraudes et détournements parmi les receveurs des provinces.

Symbole de la politique agricole de Sully, la charrue incarne sa conviction que la prospérité de la France reposait sur ses terres cultivées. Il fit voter des mesures concrètes pour protéger les paysans contre les saisies abusives de leur bétail et de leurs outils.

Avant d'être ministre, Sully fut un soldat aguerri aux côtés d'Henri IV pendant les guerres de Religion. Son armure et son arquebuse rappellent qu'il participa à de nombreuses batailles et fut blessé à plusieurs reprises au combat.

Sully fit stocker les réserves d'or du royaume dans les tours de la Bastille, forteresse réputée imprenable. Les clés de ce trésor royal symbolisaient son pouvoir sur les finances du royaume et la confiance totale d'Henri IV.

Grand promoteur des infrastructures, Sully supervisa la construction de routes, ponts et canaux en tant que grand voyer de France. Le compas d'arpenteur représente cette politique de grands travaux qui permit de désenclaver les provinces.

Protestant fervent, Sully lisait quotidiennement la Bible dans la traduction réformée et pratiquait sa foi tout au long de sa vie. Sa fidélité au protestantisme, assumée jusqu'à la fin, en fit un symbole pour la communauté huguenote française.
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Vie quotidienne
Matin
Sully se levait tôt, habitué à la discipline militaire acquise sur les champs de bataille. Il commençait la journée par la prière selon le rite réformé, puis recevait dès l'aube les rapports de ses commis sur les rentrées fiscales et les dépenses de la veille, vérifiait les comptes et dictait ses instructions aux receveurs des provinces.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux audiences, aux réunions avec les conseillers du roi et aux visites d'inspection de l'Arsenal ou des chantiers de travaux publics. Sully se rendait régulièrement au Louvre pour rendre compte à Henri IV de l'état des finances, souvent à cheval dans les rues de Paris.
Soir
Le soir, Sully recevait dans ses appartements les intendants et receveurs des provinces venus présenter leurs états de compte. Il lui arrivait de travailler fort avant dans la nuit à la rédaction d'ordonnances ou à la vérification des registres, réputé pour son intransigeance face aux irrégularités.
Alimentation
À la table de Sully, on servait une cuisine robuste et sans excès inutiles, à l'image de sa personnalité. Le pain, la viande rôtie, les légumes des potagers de ses domaines et le vin de ses terres constituaient l'ordinaire de ses repas, bien loin du faste des banquets de cour.
Vêtements
Sully s'habillait en gentilhomme de cour mais sans ostentation excessive : pourpoint sombre, haut-de-chausses, fraise blanche bien empesée et manteau de drap. Comme beaucoup de huguenots, il affectait une sobriété vestimentaire par opposition au luxe tapageur de certains grands seigneurs catholiques.
Habitat
Sully résidait principalement à l'Arsenal de Paris dans ses appartements de fonction, mais possédait plusieurs châteaux dont celui de Rosny-sur-Seine, sa résidence favorite. Ces demeures étaient meublées avec soin et richesse, mais sans le baroque surchargé de certains grands seigneurs proches de la cour.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Réforme des finances royales
1598-1610
Développement du réseau routier
1599-1610
Canal de Briare (lancement des travaux)
1604
Économies royales (Mémoires)
1611-1617
Le Grand Dessein
vers 1608
Protection de l'agriculture française
1599-1610





