Conseiller municipal communiste du 19e arrondissement de Paris, Corentin Cariou fut arrêté par les Allemands et fusillé en 1942 comme otage en représailles. Son nom a été donné à une station du métro parisien (ligne 7).
Corentin Cariou(1898 — 1942)
Corentin Cariou
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Conseiller municipal communiste du 19e arrondissement de Paris avant la guerre
- Arrêté par les autorités d'occupation allemandes
- Fusillé comme otage en 1942 en représailles contre la Résistance
- Son nom est commémoré par la station de métro Corentin Cariou sur la ligne 7 à Paris
Œuvres & réalisations
Élu sous l'étiquette communiste, Cariou défend les intérêts des ouvriers et des classes populaires de son arrondissement au sein du Conseil municipal, intervenant sur les questions sociales, de logement et de conditions de travail.
Après l'invasion de l'URSS et l'entrée du PCF en résistance armée (FTP), Cariou poursuit son engagement militant dans la clandestinité, au risque de sa vie, jusqu'à son arrestation puis son exécution par les Allemands en avril 1942.
Avant et pendant son mandat municipal, Cariou s'implique dans la vie syndicale et politique locale, contribuant à structurer le mouvement ouvrier dans un quartier à forte concentration industrielle autour de La Villette.
Anecdotes
Né en 1898 à Plouha, en Bretagne, Corentin Cariou est le fils d'une famille ouvrière qui migre vers Paris au début du XXe siècle, comme des milliers de Bretons attirés par les emplois industriels de la capitale. Il s'installe dans le 19e arrondissement, quartier populaire autour des anciens abattoirs de La Villette, et devient ouvrier d'usine avant de s'engager en politique.
Militant du Parti communiste français, Corentin Cariou est élu conseiller municipal du 19e arrondissement de Paris dans les années 1930. Il représente les ouvriers et les classes populaires de son quartier, luttant notamment pour l'amélioration des conditions de vie et de travail dans ce secteur industriel de Paris.
Après l'invasion de l'URSS par l'Allemagne nazie en juin 1941, le PCF entre ouvertement en résistance armée. Les autorités d'occupation ripostent en arrêtant des militants communistes connus et fichés. Cariou, en raison de son profil d'élu politique, est arrêté et incarcéré par les Allemands.
Le 17 avril 1942, Corentin Cariou est fusillé au fort du Mont-Valérien, à Suresnes, en tant qu'otage — mesure de terreur collective visant à décourager la Résistance. Il fait partie d'un groupe de militants communistes et résistants exécutés ce jour-là sans jugement ni procès régulier.
En 1946, la station de métro de la ligne 7 desservant le nord du 19e arrondissement est baptisée 'Corentin Cariou' en hommage au conseiller municipal fusillé. Cette décision illustre la mémoire ouvrière et résistante qui marque encore aujourd'hui la toponymie de Paris.
Sources primaires
Les archives policières de la Préfecture de Paris conservent les fiches d'arrestation et de surveillance des militants du PCF établies sous l'Occupation, souvent en collaboration avec les autorités allemandes du SD et de la Gestapo.
Le Mont-Valérien fut le principal lieu d'exécution d'otages et de résistants en région parisienne sous l'Occupation. Les registres allemands et les archives françaises conservent les noms et dates d'exécution, parmi lesquels figure Corentin Cariou, fusillé le 17 avril 1942.
Le journal du PCF, publié illégalement sous l'Occupation, rend hommage aux militants fusillés et dénonce les exécutions d'otages perpétrées par les Allemands en représailles aux actes de résistance.
Les archives de la Ville de Paris conservent les débats du Conseil municipal dans lesquels apparaissent les interventions des élus communistes, dont celles de Corentin Cariou pour le 19e arrondissement sur les questions sociales et les conditions ouvrières.
Lieux clés
Quartier populaire et ouvrier où Cariou exerçait son mandat de conseiller municipal. Zone industrielle autour des anciens abattoirs de La Villette, à forte tradition syndicale et communiste, particulièrement visée par la répression allemande.
Principal site d'exécution d'otages et de résistants en région parisienne sous l'Occupation : plus de 1 000 personnes y furent fusillées. Corentin Cariou y fut exécuté le 17 avril 1942 ; le lieu est aujourd'hui un mémorial national.
Station renommée en 1946 en hommage au conseiller municipal fusillé. Située au cœur du 19e arrondissement qu'il représentait, elle constitue un lieu de mémoire quotidien pour les habitants du quartier.
Siège du Conseil municipal de Paris où Cariou siégeait comme représentant élu du 19e arrondissement avant l'interdiction du PCF en 1939 et la dissolution du conseil municipal par le régime de Vichy.
Commune natale de Corentin Cariou, né en 1898. Comme des milliers de Bretons de sa génération, il quitte sa région natale pour trouver du travail dans les usines et industries de Paris.
Objets typiques

Document d'adhésion au PCF, à renouveler chaque année. Posséder cette carte sous l'Occupation était un acte particulièrement dangereux, car le parti était interdit et ses membres activement traqués par la police et la Gestapo.

Feuille imprimée illégalement et diffusée de main en main pour informer et mobiliser la population contre l'occupant. Les militants communistes comme Cariou en produisaient et distribuaient au péril de leur vie dès 1940.

Insigne porté lors des séances officielles du Conseil municipal, symbole de la légitimité démocratique que Cariou défendait au nom des habitants du 19e arrondissement avant l'interdiction du PCF en 1939.

Document obligatoire délivré par l'autorité d'occupation pour circuler, travailler ou se déplacer dans Paris. Pour les militants clandestins, en être dépourvu ou en posséder un falsifié constituait un risque permanent d'arrestation.

Édition illégale du journal communiste, tirée à la ronéo dans des imprimeries secrètes. Principal moyen d'information et de mobilisation du PCF sous l'Occupation, sa simple possession pouvait conduire à l'arrestation et à la déportation.

Document officiel permettant d'obtenir sa ration hebdomadaire de pain, viande, sucre et matières grasses. La pénurie alimentaire touchait durement les quartiers ouvriers comme le 19e arrondissement, où les files d'attente devant les commerces étaient quotidiennes.
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Vie quotidienne
Matin
Sous l'Occupation, la matinée d'un militant ouvrier comme Cariou commence tôt, marquée par les contraintes du rationnement. Se procurer pain ou vivres exige de faire la queue dès l'aube devant les commerces du quartier, carnet de tickets à la main, avant de rejoindre son lieu de travail ou ses activités militantes.
Après-midi
L'après-midi est partagé entre le travail en usine et les activités clandestines — distribution discrète de tracts, réunions secrètes entre militants, collecte d'informations à transmettre aux réseaux. Chaque déplacement requiert prudence et méfiance des inconnus, les délateurs et la police étant omniprésents dans Paris occupé.
Soir
Le soir, après le couvre-feu (fixé à 21h puis à 23h selon les périodes), la vie se replie dans l'espace domestique. Les discussions politiques se tiennent à voix basse ; les postes de radio sont cachés pour capter la BBC ou Radio Moscou, malgré l'interdiction formelle par l'occupant.
Alimentation
L'alimentation des ouvriers parisiens sous l'Occupation est appauvrie par les restrictions : pain de qualité médiocre, légumes de saison, très peu de viande et de matières grasses. Le marché noir, coûteux, permet de compléter les rations officielles insuffisantes pour les familles ouvrières.
Vêtements
Les vêtements reflètent la condition ouvrière : bleu de travail, veste en drap solide, casquette plate. La pénurie de textiles oblige à repriser et recycler les habits ; les semelles de chaussures sont remplacées par du bois ou du carton faute de cuir disponible dans le commerce.
Habitat
Dans le 19e arrondissement, les ouvriers vivent dans des logements modestes — deux ou trois pièces dans des immeubles anciens aux cours sombres. Le chauffage au charbon est rationné, et les hivers 1941 et 1942 sont particulièrement rudes, les familles manquant souvent de combustible pour se chauffer.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Mandat de conseiller municipal du 19e arrondissement de Paris
années 1930
Engagement dans la résistance communiste clandestine
1941-1942
Militantisme syndical et politique ouvrier dans le 19e arrondissement
années 1920-1930






