Cornélie
Éléonore Duplay
1768 — 1832
France
Fille de Scipion l'Africain et épouse de Tiberius Sempronius Gracchus, Cornélie (v. 190-100 av. J.-C.) est le modèle de la matrone romaine vertueuse. Elle éleva seule ses douze enfants après son veuvage, refusant un remariage royal. Elle est célèbre pour avoir désigné ses fils Tiberius et Caius comme « ses plus beaux joyaux ».
Citations célèbres
« « Voici mes joyaux », dit-elle en montrant ses fils Tiberius et Caius à une femme qui lui présentait ses parures (rapporté par Valère Maxime, IV, 4) »
Faits marquants
- Vers 190 av. J.-C. : naissance, fille de Scipion l'Africain vainqueur d'Hannibal
- Vers 172 av. J.-C. : mariage avec Tiberius Sempronius Gracchus, consul et censeur
- 163 av. J.-C. : veuvage, elle refuse la main du roi Ptolémée VIII d'Égypte
- 133 et 121 av. J.-C. : assassinats de ses fils tribuns Tiberius puis Caius Gracchus
- Vers 100 av. J.-C. : mort à Misène ; elle reçoit des honneurs publics et une statue est élevée en son nom
Œuvres & réalisations
Fragments conservés de la correspondance de Cornélie à son fils Caius, dans lesquels elle lui demande de modérer ses ambitions politiques pour préserver la République. Ces lettres constituent l'un des rarissimes témoignages directs d'une voix féminine dans la littérature latine.
Cornélie organisa et supervisa personnellement l'éducation de ses fils, faisant venir les meilleurs rhéteurs grecs. Cette œuvre pédagogique fut unanimement reconnue comme la source de l'éloquence et de la culture des Gracques.
Cornélie aurait rédigé des mémoires sur la vie de ses fils et sur ses propres souvenirs, cités par des auteurs antiques. Ces textes sont aujourd'hui perdus mais leur existence témoigne de son engagement littéraire.
Anecdotes
Un jour, une matrone romaine s'enorgueillissait devant Cornélie de ses bijoux précieux et lui demanda de montrer les siens en retour. Cornélie attendit que ses fils Tiberius et Caius reviennent de l'école, puis les désigna d'un geste : « Voici mes joyaux. » Cette répartie, rapportée par Valère Maxime, est devenue l'un des mots les plus célèbres de l'Antiquité.
Après la mort de son mari Tiberius Sempronius Gracchus, le roi Ptolémée VIII d'Égypte lui fit demander sa main. Cornélie refusa, préférant rester veuve pour se consacrer à l'éducation de ses enfants. Ce refus d'une couronne royale fut unanimement salué comme un acte de grandeur morale par les Romains.
Cornélie supervisa personnellement l'éducation de ses fils en faisant venir à Rome les meilleurs rhéteurs grecs. Elle leur parlait en grec et en latin avec une égale maîtrise, et ses lettres témoignent d'une culture littéraire et philosophique exceptionnelle pour une femme de son époque.
Après la mort tragique de ses deux fils — Tiberius assassiné en 133 av. J.-C., Caius contraint au suicide en 121 av. J.-C. — Cornélie se retira dans sa villa de Misène. Elle y recevait des lettrés et des philosophes, et parlait de ses fils sans larmes, comme si elle racontait l'histoire d'hommes de l'âge héroïque, selon Plutarque.
Cornélie fut la première femme romaine à avoir une statue érigée en son honneur de son vivant. L'inscription disait simplement : « Cornelia, mère des Gracques. » Cette statue, placée dans un lieu public, témoignait d'une reconnaissance exceptionnelle pour une citoyenne romaine.
Sources primaires
Tu me diras que c'est une belle chose de se venger de ses ennemis. Cela me semble grand et beau, pourvu que cela puisse se faire sans que la République en soit compromise. Mais si cela n'est pas possible, que nos ennemis vivent encore longtemps et continuent à faire ce qu'ils font, plutôt que de voir la République ruinée et détruite.
On dit que Cornélie supporta la mort de ses fils avec noblesse et grandeur d'âme, et que, parlant des lieux saints où ils avaient été tués, elle dit qu'ils avaient reçu des tombeaux dignes de leurs vertus.
Une femme d'une grande richesse, qui s'était vantée de ses bijoux devant Cornélie, voulut les voir. Cornélie retarda la conversation jusqu'au retour de ses fils de l'école, puis dit : « Voici mes joyaux. »
Nous avons lu les lettres de Cornélie, mère des Gracques : il est clair que ses fils ont été nourris non tant dans le giron de leur mère que dans son langage.
Galerie
Quatrevingt-treize Le club des Jacobins Chez Duplay, 2017.0.1231
Wikimedia Commons, CC0 — Méaulle, Fortuné Louis (Angers, 11–04–1844 - en 1901), graveur
Musée Ingres-Bourdelle - Cornélie mère des Gracques - Jean-François-Pierre Peyron - Joconde06070000189
Wikimedia Commons, Public domain — Didier Descouens
Notice sur les ruines les plus remarquables de Naples et de ses environs
Wikimedia Commons, Public domain — Bourke, Edmund
