Créon

Créon

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MythologieAvant J.-C.Grèce mythologique du cycle thébain, héritière des légendes liées à la fondation et aux malheurs de Thèbes

Créon est un personnage de la mythologie grecque, roi de Thèbes. Frère de Jocaste et oncle d'Antigone, il prend le pouvoir après la mort des fils d'Œdipe. Il incarne l'autorité de l'État face aux lois divines et familiales.

Questions fréquentes

Créon est un roi de Thèbes dans le cycle thébain, frère de Jocaste et oncle d'Antigone. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne l'autorité politique face aux lois divines et familiales. Contrairement à un héros comme Œdipe, dont le destin est marqué par la tragédie personnelle, Créon est l'homme du pouvoir qui gouverne par décrets, notamment celui interdisant d'enterrer Polynice. Son nom même, Kreôn en grec, signifie « celui qui règne », ce qui souligne son rôle de souverain légitime mais inflexible.

Faits marquants

  • Frère de Jocaste, il devient régent de Thèbes après la mort de Laïos puis d'Œdipe
  • Dans l'Antigone de Sophocle (vers 441 av. J.-C.), il interdit la sépulture de Polynice, traître à la cité
  • Il condamne sa nièce Antigone à être emmurée vivante pour avoir enterré son frère
  • Sa rigidité provoque le suicide d'Antigone, puis de son fils Hémon et de son épouse Eurydice
  • Figure centrale des tragédies thébaines de Sophocle (Œdipe roi, Antigone) et d'Euripide

Œuvres & réalisations

Régence de Thèbes après la mort de Laïos (Âge mythique)

Créon gouverne provisoirement la cité après l'assassinat du roi Laïos et institue la récompense pour qui vaincra le Sphinx.

Défense de Thèbes contre les Sept (Âge mythique)

Comme chef militaire, Créon organise la résistance de la cité face à l'expédition argienne menée par Polynice et Adraste.

Accession au trône de Thèbes (Âge mythique)

Après l'entre-tuerie d'Étéocle et de Polynice, Créon devient roi en titre, dernier souverain de la lignée avant les Épigones.

Édit interdisant l'ensevelissement de Polynice (Âge mythique)

Décret fondateur du drame d'Antigone : Créon affirme la primauté de la loi de l'État sur les obligations religieuses envers les morts.

Condamnation d'Antigone (Âge mythique)

Créon fait emmurer Antigone pour avoir enfreint son édit, déclenchant la catastrophe qui ruine sa propre maison.

Personnage central des tragédies du cycle thébain (Ve siècle av. J.-C.)

Créon devient une figure littéraire majeure chez Eschyle, Sophocle et Euripide, incarnant le pouvoir politique intransigeant.

Anecdotes

Dans la tragédie d'Antigone, Créon interdit sous peine de mort d'enterrer Polynice, considéré comme un traître à Thèbes. Antigone, sa nièce, brave l'interdit pour offrir des funérailles à son frère : tout le drame naît de ce conflit entre la loi de la cité et les devoirs sacrés envers les morts.

Créon n'est pas roi par naissance mais par circonstances : il prend le pouvoir à Thèbes à chaque vide laissé par la chute des autres, après la mort de Laïos, après l'exil d'Œdipe, puis après l'entre-tuerie d'Étéocle et Polynice. Les Grecs voyaient en lui l'homme du pouvoir qui dure quand les héros tombent.

Selon le mythe, le devin aveugle Tirésias avertit Créon que les dieux sont offensés par son refus d'enterrer Polynice. Créon refuse d'abord de l'écouter, l'accusant d'être acheté, puis cède trop tard : sa femme Eurydice et son fils Hémon, fiancé d'Antigone, se donnent la mort.

Le nom même de Créon, en grec ancien (Kreôn), signifie « celui qui règne », « le souverain ». Plusieurs personnages de la mythologie portent ce nom presque générique, mais le plus célèbre reste le roi de Thèbes du cycle thébain et d'Œdipe.

Avant la guerre des Sept contre Thèbes, on raconte que pour sauver la cité assiégée, le devin annonça qu'un descendant des hommes nés des dents du dragon devait se sacrifier. Ménœcée, fils de Créon, se donna la mort du haut des remparts pour que Thèbes soit épargnée.

Sources primaires

Sophocle, Antigone (vers 441 av. J.-C.)
Créon : « Celui qui place un ami au-dessus de sa patrie, je n'en fais aucun cas. » Il proclame que nul n'enterrera Polynice, ennemi de la cité, et que son corps restera la proie des chiens et des oiseaux.
Sophocle, Œdipe roi (vers 429 av. J.-C.)
Créon, beau-frère d'Œdipe, revient de Delphes annoncer l'oracle : Thèbes est souillée parce que le meurtrier de Laïos vit impuni dans la cité.
Eschyle, Les Sept contre Thèbes (467 av. J.-C.)
La pièce raconte le siège de Thèbes par les fils d'Œdipe et l'interdiction faite aux Thébains d'ensevelir Polynice, le frère venu attaquer sa propre ville.
Euripide, Les Phéniciennes (vers 410 av. J.-C.)
Créon assiste à la mort de son fils Ménœcée, sacrifié pour sauver Thèbes, puis prend le pouvoir et bannit Œdipe de la cité.
Apollodore, Bibliothèque (Ier-IIe siècle apr. J.-C.)
Après la mort d'Étéocle et de Polynice qui s'entre-tuèrent, Créon, devenu roi de Thèbes, jeta les cadavres des ennemis sans sépulture et défendit qu'on les ensevelît.

Lieux clés

Thèbes (Béotie)

Cité grecque dont Créon est roi à plusieurs reprises. Théâtre du cycle thébain : malédiction des Labdacides, siège des Sept et conflit d'Antigone.

Palais royal de Thèbes

Demeure des souverains thébains où Créon exerce le pouvoir et prononce ses édits. Lieu central des tragédies de Sophocle et d'Euripide.

Les sept portes de Thèbes

Remparts et portes que défendent les Thébains lors de l'assaut des Sept chefs argiens. Devant l'une d'elles, Étéocle et Polynice s'entre-tuent.

Plaine devant Thèbes

Champ de bataille où l'armée d'Argos assiège la cité. C'est là que gît le corps de Polynice, que Créon interdit d'ensevelir.

Sanctuaire de Delphes

Oracle d'Apollon d'où Créon rapporte à Œdipe la cause de la peste de Thèbes. Lieu où la parole des dieux oriente le destin des héros thébains.

Tombeau d'Antigone

Caveau de pierre, hors les murs, où Créon fait enfermer Antigone vivante. Antigone s'y pend, entraînant la mort d'Hémon et d'Eurydice.

Voir aussi