Dakota Staton(1930 — 2007)

Dakota Staton

États-Unis

6 min de lecture

MusiqueXXe siècleÂge d'or du jazz vocal américain de l'après-guerre, entre swing, bebop et naissance du rhythm and blues, dans une Amérique encore marquée par la ségrégation raciale.

Dakota Staton (1930-2007) est une chanteuse de jazz et de blues américaine. Révélée à la fin des années 1950, elle connaît un immense succès avec son album The Late, Late Show en 1957.

Questions fréquentes

Dakota Staton (1930-2007) est une chanteuse de jazz et de blues américaine qui a marqué l'âge d'or du jazz vocal de l'après-guerre. Ce qui la rend singulière, c'est sa capacité à passer du murmure intime au plein éclat, ce qui lui a valu d'être élue « révélation la plus prometteuse » par le magazine DownBeat en 1955, juste avant de signer chez Capitol Records. Son premier album, The Late, Late Show (1957), a atteint la 4e place des ventes aux États-Unis, un exploit rare pour une chanteuse de jazz noire à une époque encore marquée par la ségrégation. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle incarne à la fois le succès commercial et la reconnaissance critique dans un milieu dominé par les hommes.

Faits marquants

  • Née le 3 juin 1930 à Pittsburgh (Pennsylvanie), aux États-Unis
  • Signe chez Capitol Records au milieu des années 1950
  • Publie en 1957 son album phare The Late, Late Show, grand succès commercial
  • Élue meilleure révélation vocale par le magazine Down Beat en 1955
  • Décède le 10 avril 2007 à New York

Œuvres & réalisations

The Late, Late Show (1957)

Premier album et plus grand succès de la chanteuse, classé 4e des ventes aux États-Unis ; la chanson-titre devient son indicatif.

In the Night (1958)

Album de ballades aux arrangements soignés qui confirme son statut de vedette du chant de jazz.

Dynamic! (1958)

Disque énergique qui met en avant sa puissance vocale et son ancrage dans le swing.

Crazy He Calls Me (1959)

Recueil de standards romantiques illustrant sa maîtrise de la ballade et de l'interprétation intime.

Time to Swing (1959)

Album orienté vers le jazz rythmé, où elle dialogue avec un orchestre dans une veine plus enlevée.

Dakota at Storyville (1961)

Enregistrement en public dans un club réputé, qui capte son énergie de scène devant un vrai public.

Anecdotes

Née à Pittsburgh en 1930, Dakota Staton chante très jeune dans les clubs et les églises de sa ville. C'est en se produisant au Flame Show Bar de Detroit qu'elle est repérée par Dave Cavanaugh, producteur du label Capitol, qui la fait signer à la fin des années 1950.

En 1955, le célèbre magazine de jazz DownBeat lui décerne le titre de "révélation la plus prometteuse" de l'année. Cette distinction, attribuée par un vote de critiques, lance véritablement sa carrière nationale aux États-Unis.

En 1957, son premier album The Late, Late Show grimpe jusqu'à la 4e place des classements de ventes américains. La chanson-titre devient son morceau emblématique, celui qu'on lui réclame à chaque concert pendant des décennies.

Dans les années 1950, Dakota Staton se convertit à l'islam et épouse le trompettiste Talib Ahmad Dawud. Le couple s'oppose publiquement à la Nation of Islam d'Elijah Muhammad, ce qui les place au cœur des débats religieux qui agitent alors la communauté afro-américaine.

À partir des années 1960, elle s'installe plusieurs années à Londres et tourne en Europe et au Moyen-Orient. Cet exil illustre le parcours de nombreux musiciens de jazz noirs américains, mieux accueillis sur les scènes européennes que dans une Amérique encore ségréguée.

Sources primaires

DownBeat — sondage annuel des critiques, catégorie "révélation vocale" (1955)
Dakota Staton est citée par les critiques de la revue comme la chanteuse la plus prometteuse de l'année, distinction qui précède de peu sa signature chez Capitol.
Capitol Records — album The Late, Late Show (référence T 876), pochette et notes de présentation (1957)
Premier 33 tours de la chanteuse, qui réunit standards et ballades arrangés pour orchestre ; la chanson-titre devient son indicatif.
Billboard — classement des albums pop les plus vendus (1957)
The Late, Late Show figure parmi les meilleures ventes d'albums, atteignant la 4e position du classement national.
Chanson « The Late, Late Show » (paroles de Roy Alfred, musique de Murray Berlin), interprétation de Dakota Staton (1957)
Composition de 1953 qui évoque l'ambiance nocturne des clubs et devient, dans sa version de 1957, le morceau signature de la chanteuse.

Lieux clés

Pittsburgh, Pennsylvanie

Ville industrielle où Dakota Staton naît en 1930 et fait ses premières armes dans les clubs et les chœurs locaux.

Flame Show Bar, Detroit

Célèbre cabaret afro-américain où la chanteuse se produit et où elle est repérée par Capitol. Une scène clé du circuit du jazz et du rhythm and blues.

Studios Capitol, Los Angeles

Studios du label Capitol Records où elle enregistre ses albums de la fin des années 1950, dont The Late, Late Show.

Londres, Royaume-Uni

Ville où elle s'installe dans les années 1960, base de ses tournées européennes à une époque où l'Europe accueille chaleureusement les jazzmen américains.

New York

Ville où Dakota Staton poursuit sa carrière à son retour aux États-Unis et où elle meurt en 2007.

Voir aussi