Historien grec du Ier siècle av. J.-C., né en Sicile, auteur de la Bibliothèque historique, une vaste encyclopédie de l'histoire universelle en 40 volumes couvrant des origines mythiques jusqu'à César.
Diodore de Sicile(89 av. J.-C. — 19 av. J.-C.)
Diodore de Sicile
Agyrion
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né vers 90 av. J.-C. à Agyrium en Sicile
- A vécu à Rome sous Jules César et Auguste
- Rédige la Bibliothèque historique entre 60 et 30 av. J.-C.
- Son œuvre en 40 livres couvre l'histoire du monde de la création aux guerres de César
- L'une des rares sources sur la mythologie grecque et l'histoire de l'Égypte ancienne
Œuvres & réalisations
Ces livres couvrent l'Égypte, la Mésopotamie, l'Inde et l'Éthiopie, mêlant mythologie, géographie et ethnographie dans une perspective comparatiste pionnière qui fait de Diodore un précurseur de l'anthropologie culturelle.
Diodore y retrace les mythes des grands héros grecs — Héraclès, Jason, Thésée, Orphée — en proposant une lecture évhémériste : les dieux et héros seraient des êtres humains exceptionnels divinisés après leur mort.
Livres les mieux conservés, couvrant les guerres médiques, le siècle de Périclès et les conquêtes d'Alexandre le Grand. Ils constituent une source irremplaçable pour les historiens modernes de cette période.
Partiellement perdus, ces livres traitaient des guerres puniques, de la montée en puissance de Rome et des événements jusqu'à Jules César, mentionné comme borne finale explicite de toute l'œuvre.
Œuvre monumentale dont seuls 15 livres complets et des fragments des autres ont survécu. Elle reste l'une des tentatives les plus ambitieuses de l'Antiquité pour écrire une histoire universelle de l'humanité.
Anecdotes
Diodore de Sicile a consacré plus de trente ans à la rédaction de sa Bibliothèque historique, voyageant jusqu'en Égypte et à Rome pour collecter ses sources. Il voulait offrir aux lecteurs une histoire universelle allant des origines mythiques du monde jusqu'à son époque, un projet d'une ambition sans précédent dans l'Antiquité.
Lors de son séjour en Égypte, Diodore fut témoin d'un incident révélateur : un Romain avait accidentellement tué un chat sacré, et la foule le lyncha malgré les tentatives des autorités pour le protéger. Cet épisode illustrait à ses yeux la puissance des croyances religieuses sur les comportements humains, bien au-delà de toute loi écrite.
Diodore était convaincu que la mythologie grecque contenait une vérité historique voilée. Il proposait une lecture évhémériste des dieux : Héraclès, Dionysos ou Osiris auraient été de grands hommes divinisés après leur mort par la reconnaissance populaire, une idée audacieuse qui choqua certains de ses contemporains.
Sa Bibliothèque historique s'ouvrait sur les mythes de création égyptiens, grecs et mésopotamiens, faisant de lui l'un des premiers auteurs à tenter une histoire comparée des religions du monde antique. Il rapprochait ainsi Osiris de Dionysos et Isis d'Héra, cherchant un fond universel commun à toutes les civilisations.
Bien que critiqué par certains historiens modernes pour s'être largement appuyé sur ses prédécesseurs sans les citer, Diodore nous a transmis des fragments précieux d'auteurs aujourd'hui perdus, comme Éphore ou Ctésias. Sans lui, des pans entiers de l'histoire ancienne nous seraient totalement inconnus.
Sources primaires
Les Égyptiens disent que, au commencement, seuls existaient le Ciel et la Terre, dont la nature était confondue en un seul être. Puis ils se séparèrent l'un de l'autre, et le monde prit la forme que nous lui connaissons aujourd'hui.
Héraclès, par ses travaux innombrables, rendit à l'humanité les plus grands services. C'est pourquoi les hommes, voulant honorer ce bienfaiteur insigne, lui accordèrent les honneurs divins et le rang d'immortel.
Sémiramis, reine de Babylone, fit construire des jardins suspendus pour consoler une épouse qui regrettait les prairies verdoyantes de sa patrie. Elle fit également élever des remparts si puissants qu'aucun ennemi ne put jamais les franchir.
Les Hyperboréens habitent au-delà du souffle de Borée, dans une région bénie où le soleil brille sans cesse et où les hommes vivent dans la félicité, célébrant Apollon par des chants et des danses perpétuels.
Les Amazones, dit-on, habitaient la Libye bien avant celles du Pont-Euxin. Elles formaient une nation gouvernée par des femmes d'une valeur guerrière exceptionnelle, et leur reine Myrina soumit de nombreux peuples par la force de ses armes.
Lieux clés
Ville natale de Diodore, aujourd'hui Agira dans le centre de la Sicile. Cette petite cité d'origine grecque fut le point de départ d'une vie entièrement consacrée à l'érudition et à l'histoire universelle.
Capitale du monde méditerranéen où Diodore séjourna longuement pour accéder aux bibliothèques et aux sources nécessaires à son encyclopédie. C'est là qu'il rédigea la plus grande partie de son œuvre.
Grande métropole égyptienne abritant la célèbre bibliothèque, visitée par Diodore qui y puisa ses informations sur la mythologie et l'histoire des pharaons. Il y fut témoin du lynchage du tueur de chat sacré.
Berceau de l'historiographie grecque et des auteurs que Diodore compilait, d'Hérodote à Thucydide. La tradition intellectuelle athénienne est au cœur de la méthode et de la culture de l'historien sicilien.
Diodore consacre de longs développements à Babylone, ses jardins suspendus et sa reine Sémiramis. Cette cité mythique incarne son projet d'une histoire qui dépasse le seul monde gréco-romain.
Objets typiques

Support d'écriture principal du monde antique, Diodore rédigea ses 40 livres sur des rouleaux de papyrus. Chaque volumus correspondait à un livre de la Bibliothèque historique, rangé soigneusement dans une armoire de bois.

Le calame, roseau taillé en plume, trempé dans de l'encre noire à base de suie, était l'instrument d'écriture des historiens grecs et romains. Diodore l'utilisait pour coucher sur papyrus le fruit de ses longues recherches.

Outil de travail quotidien de l'intellectuel antique, utilisé pour les notes et brouillons avant transcription sur papyrus. Diodore s'en servait lors de ses voyages pour consigner observations et citations à la volée.

Représentation schématique de l'œkoumène (le monde connu), allant de la Gaule à l'Inde. Diodore, qui décrit des peuples de toutes les régions, avait probablement accès à de telles cartes dans les bibliothèques de Rome.

Indispensable pour le travail nocturne, la lampe en terre cuite alimentée à l'huile d'olive éclairait les longues séances de lecture et de rédaction. Les érudits antiques brûlaient littéralement de l'huile pour leur savoir.

Meuble de rangement des volumi, symbole du savoir accumulé de l'érudit. Diodore consulta les grands armaria des bibliothèques de Rome et peut-être d'Alexandrie pour composer son encyclopédie universelle.
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Vie quotidienne
Matin
Diodore se levait avant le lever du soleil, à la fraîcheur du matin méditerranéen. Après une toilette sommaire, il dictait à un scribe ou copiait lui-même ses notes sur des tablettes de cire. La matinée était consacrée à la rédaction, moment le plus propice à la concentration dans la journée antique.
Après-midi
L'après-midi, Diodore fréquentait les bibliothèques publiques ou les collections privées de riches Romains pour consulter les auteurs qu'il comptait citer. Il menait aussi des entretiens avec des érudits, des voyageurs ou des prêtres capables de lui fournir des informations sur les peuples et les mythes des régions lointaines.
Soir
Le soir, à la lueur des lampes à huile, il relisait et corrigeait le travail du jour, confrontant ses notes aux sources consultées. À Rome, il fréquentait peut-être des cercles intellectuels où les débats historiques et philosophiques animaient les dîners des hommes de lettres.
Alimentation
Comme tout intellectuel grec vivant dans le monde romain, Diodore mangeait du pain d'orge ou de blé, des olives, du fromage frais, des légumes secs et du poisson séché ou frais. Il buvait du vin largement coupé d'eau, selon l'usage grec ; les repas des érudits étaient réputés frugaux.
Vêtements
Diodore portait le chiton (tunique longue en lin ou laine légère) et l'himation (grand manteau drapé), tenue typique de l'intellectuel grec résidant dans le monde romain. En public à Rome, il pouvait adapter sa mise aux usages locaux en revêtant une toge.
Habitat
À Rome ou en Sicile, Diodore vivait probablement dans une domus modeste avec cour intérieure, ou en location dans une insula. Son logement était avant tout un espace de travail : rouleaux soigneusement rangés dans des armoires de bois, tablettes de cire empilées, lampes disposées pour la lecture nocturne.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Un style visuel mêlant la sobriété savante de l'érudit gréco-romain et la chaleur dorée du monde méditerranéen antique, entre bibliothèque et grand large sicilien.
Ambiance sonore
L'ambiance sonore d'un érudit gréco-romain au travail : silence studieux du scriptorium ponctué des rumeurs discrètes de la ville méditerranéenne antique.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Bibliothèque historique — Livres I–III : Orient et mythologies du monde
Vers 60–55 av. J.-C.
Bibliothèque historique — Livres IV–VI : Mythologie grecque
Vers 55–50 av. J.-C.
Bibliothèque historique — Livres XI–XX : Guerres médiques et Alexandre
Vers 50–40 av. J.-C.
Bibliothèque historique — Livres XXI–XL : Rome et le monde hellénistique
Vers 40–30 av. J.-C.
Bibliothèque historique — Vue d'ensemble (40 livres)
Vers 60–30 av. J.-C.






