Dizzy Gillespie(1917 — 1993)

Dizzy Gillespie

États-Unis

6 min de lecture

MusiqueCompositeur/triceXXe siècleJazz américain du XXe siècle, de la fin du swing à l'avènement du bebop et du jazz moderne d'après-guerre

Trompettiste, compositeur et chef d'orchestre de jazz américain, Dizzy Gillespie est, avec Charlie Parker, l'un des principaux fondateurs du bebop dans les années 1940. Virtuose à la trompette reconnaissable à son pavillon coudé et à ses joues gonflées, il fut aussi un pionnier du jazz afro-cubain.

Questions fréquentes

Dizzy Gillespie (1917-1993) est l'un des pères du bebop, ce style de jazz né dans les années 1940 qui a révolutionné la musique par sa virtuosité et ses harmonies complexes. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'avec Charlie Parker, il a transformé le jazz d'une musique de danse en un art d'improvisation exigeant. Mais Gillespie ne s'est pas arrêté là : il a aussi inventé le jazz afro-cubain (ou cubop) avec le percussionniste Chano Pozo, mariant les rythmes latins au bebop. Moins un simple musicien qu'un inventeur de genres, il a marqué le XXe siècle par sa créativité débordante et son humour.

Citations célèbres

« It's taken me all my life to learn what not to play. »

Faits marquants

  • Naît le 21 octobre 1917 à Cheraw, en Caroline du Sud (États-Unis)
  • Co-fonde le bebop avec Charlie Parker au début des années 1940
  • Compose des standards majeurs comme « A Night in Tunisia », « Salt Peanuts » et « Groovin' High »
  • Pionnier du jazz afro-cubain à la fin des années 1940, notamment avec le percussionniste Chano Pozo (« Manteca »)
  • Meurt le 6 janvier 1993 à Englewood, dans le New Jersey

Œuvres & réalisations

A Night in Tunisia (vers 1942)

Composition de Gillespie devenue l'un des standards les plus joués du jazz, emblématique du bebop.

Salt Peanuts (1945)

Thème de bebop survolté co-écrit avec Kenny Clarke, où Gillespie chante le titre d'un cri joyeux.

Groovin' High (1945)

Enregistrement avec Charlie Parker qui contribua à faire connaître le bebop au grand public.

Manteca (1947)

Pièce créée avec Chano Pozo, considérée comme l'acte fondateur du jazz afro-cubain.

Cubana Be, Cubana Bop (1947)

Suite associant orchestre de jazz et percussions cubaines, prolongeant l'aventure du cubop.

Con Alma (1954)

Ballade aux harmonies raffinées, l'une des plus belles compositions personnelles de Gillespie.

To Be or Not to Bop (1979)

Autobiographie où il raconte sa vie, la naissance du bebop et ses tournées à travers le monde.

Anecdotes

En janvier 1953, lors d'une fête d'anniversaire pour sa femme Lorraine, deux danseurs trébuchèrent sur la trompette de Dizzy posée sur un pied : le pavillon se retrouva tordu vers le haut. En la rejouant, Gillespie trouva qu'il s'entendait mieux et que le son lui plaisait. Il fit ensuite fabriquer ses trompettes avec ce pavillon coudé à 45°, qui devint sa marque de fabrique.

Le surnom « Dizzy » (l'« étourdi », le « farfelu ») lui vient de ses pitreries permanentes sur scène comme dans la vie. Blagueur infatigable, il aimait faire rire son public autant que l'émerveiller par sa virtuosité, ce qui détonnait avec l'image sérieuse que cultivaient beaucoup de musiciens de bebop.

Quand il jouait, les joues de Gillespie se gonflaient comme deux ballons, au point d'être étudiées par des médecins. Cette technique d'embouchure, que tous les professeurs déconseillent, était pourtant la sienne depuis l'enfance et elle est devenue l'une des images les plus célèbres du jazz.

En 1947, Dizzy fit entrer dans son grand orchestre le percussionniste cubain Chano Pozo. Ensemble ils créèrent « Manteca » et « Cubana Be, Cubana Bop », mariant le jazz aux rythmes afro-cubains et inventant un style qu'on appela le « cubop ».

En 1964, par dérision et pour dénoncer le racisme, Gillespie mena une fausse campagne pour devenir président des États-Unis. Il promettait de rebaptiser la Maison-Blanche « la Maison du Blues » et imaginait un gouvernement composé de musiciens comme Miles Davis ou Max Roach.

Sources primaires

To Be or Not to Bop, autobiographie de Dizzy Gillespie (avec Al Fraser) (1979)
Gillespie y raconte comment, après que sa trompette eut été tordue lors de la fête d'anniversaire de sa femme, il découvrit qu'il appréciait ce nouveau son et décida de conserver le pavillon coudé.
« A Night in Tunisia », composition de Dizzy Gillespie (vers 1942)
Le thème, l'un des plus célèbres du bebop, fut composé par Gillespie au début des années 1940 ; il l'enregistra avec ses orchestres et le morceau devint un standard repris dans le monde entier.
« Manteca », Dizzy Gillespie et Chano Pozo (enregistrement RCA Victor) (1947)
Cet enregistrement réunissant l'orchestre de Gillespie et le percussionniste Chano Pozo est considéré comme l'un des actes fondateurs du jazz afro-cubain.

Lieux clés

Cheraw, Caroline du Sud

Petite ville du Sud des États-Unis où Gillespie naît en 1917 et découvre la musique enfant.

Minton's Playhouse, Harlem (New York)

Club de Harlem où se déroulaient les jam-sessions nocturnes qui virent naître le bebop au début des années 1940.

52e Rue, Manhattan (New York)

« The Street » bordée de clubs de jazz où Gillespie et Parker imposèrent le bebop dans les années 1940.

Carnegie Hall, New York

Prestigieuse salle où Gillespie donna en 1947 un concert marquant mêlant bebop et rythmes afro-cubains.

Englewood, New Jersey

Ville où Gillespie résida une grande partie de sa vie et où il mourut en 1993.

Voir aussi