
Django Reinhardt
Django Reinhardt
1910 — 1953
France
guitariste de jazz français
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Faits marquants
Œuvres & réalisations
Composition en mineur devenue le standard absolu du jazz manouche, enregistrée avec le Quintette du Hot Club de France. Sa structure harmonique brillante et ses improvisations vertigineuses en font l'une des pièces les plus reprises de l'histoire du jazz.
Ballade mélancolique composée pendant l'Occupation, elle devint l'hymne de la résistance culturelle parisienne et le morceau le plus célèbre de Django. Sa mélodie poignante fut diffusée clandestinement sur Radio Londres et symbolisa l'espoir en des temps sombres.
Composition virtuose mettant en valeur le dialogue entre la guitare de Django et le violon de Grappelli. Ce titre donna naissance au terme 'djangologie', utilisé pour désigner l'ensemble du répertoire et de la technique inventée par Django.
Hommage en musique au quartier populaire parisien de Belleville, mêlant influences manouches et swing américain. Ce titre illustre parfaitement la synthèse unique opérée par Django entre la musique tzigane européenne et le jazz américain.
Composition d'une grande richesse harmonique, enregistrée pendant la guerre, qui témoigne de la maturité artistique de Django à son apogée. Le titre américain 'Django's Tiger' fut adopté lors de la diffusion internationale après-guerre.
L'une des dernières compositions de Django, d'une grande sérénité, enregistrée à Samois peu avant sa mort. Elle illustre son évolution vers un style plus introspectif et la maîtrise totale de la guitare électrique en fin de carrière.
Anecdotes
En novembre 1928, Django Reinhardt échappe de justesse à la mort dans l'incendie de sa roulotte. Ses deux derniers doigts de la main gauche sont gravement brûlés et partiellement paralysés. Les médecins lui annoncent qu'il ne pourra plus jamais jouer de la guitare, mais Django réinvente entièrement sa technique en n'utilisant que deux doigts valides pour les accords complexes.
En 1946, Django Reinhardt est invité par Duke Ellington à tourner aux États-Unis, le pays du jazz. Mais le voyage tourne au désastre organisationnel : Django arrive sans guitare, sans partitions, avec des heures de retard aux répétitions. Pourtant, dès qu'il commence à jouer, le public américain est subjugué par ce génie européen venu des roulottes manouches.
Django Reinhardt était passionné de billard et de pêche à la ligne, au point de disparaître pendant des heures avant un concert pour jouer au billard. Ses partenaires musiciens, notamment Stéphane Grappelli, désespéraient de le trouver et devaient parfois commencer les concerts sans lui, avant qu'il n'arrive en retard, sourit aux lèvres, et illumine immédiatement la scène.
Pendant l'Occupation allemande, Django Reinhardt, en tant que Manouche, aurait dû fuir ou se cacher. Pourtant, il joua pendant toute la guerre à Paris, devenant étrangement populaire auprès des officiers nazis qui adoraient son jazz, malgré la politique officielle du régime contre cette musique jugée 'dégénérée'. Il tenta néanmoins de fuir en Suisse en 1943, sans succès.
Django composait sans savoir lire ni écrire la musique. Il mémorisait tout à l'oreille et improvisait constamment. Lorsque des musicologues ou des éditeurs voulaient noter ses compositions, ils devaient le suivre avec du papier à musique et transcrire en direct, car Django était incapable de leur dicter une partition écrite.
Sources primaires
Les disques 78 tours enregistrés entre 1934 et 1939 constituent le témoignage sonore direct du génie de Django. Des titres comme 'Minor Swing' ou 'Djangology' sont captés dans des studios parisiens et diffusés dans toute l'Europe.
Django y évoque ses origines manouches, son apprentissage autodidacte et sa vision du jazz : 'Le jazz, c'est comme une conversation, il faut écouter l'autre avant de répondre.'
Grappelli décrit leur première rencontre au bal Blomet à Paris et la naissance spontanée du Quintette : 'Nous avons commencé à jouer ensemble et c'était comme si nous nous connaissions depuis toujours. Django entendait tout, retenait tout, inventait tout.'
Document attestant la tournée américaine de Django aux côtés de Duke Ellington, témoignage de la reconnaissance internationale du musicien européen sur la scène jazz mondiale.
Les enregistrements de 1947-1953 montrent Django adoptant la guitare électrique et évoluant vers le bebop, prouvant sa capacité constante à se renouveler jusqu'à sa mort.
Lieux clés
Bidonville à la périphérie de Paris où vivaient de nombreuses familles manouches, dont celle de Django. C'est là qu'il grandit, apprit la guitare dans les bals musette et forgea son identité musicale dans la misère et la créativité.
Célèbre dancing parisien où Django et Stéphane Grappelli se rencontrèrent et jouèrent ensemble pour la première fois, donnant naissance à leur partenariat légendaire et au futur Quintette du Hot Club de France.
Prestigieuse salle de concert parisienne où Django et le Quintette du Hot Club de France donnèrent certains de leurs concerts les plus mémorables, consolidant la réputation du jazz manouche auprès du grand public parisien.
Village au bord de la Seine où Django passa les dernières années de sa vie à pêcher et composer. Depuis 1983, un festival annuel de jazz manouche y est organisé en son honneur, attirant des milliers de passionnés du monde entier.
Village de Wallonie où naquit Jean Reinhardt le 23 janvier 1910, dans une famille de Sinti itinérants. Sa naissance dans un campement de roulottes symbolise le destin nomade et libre qui marquera toute sa vie.
Objets typiques
Guitare à grande bouche fabriquée par Mario Maccaferri pour la maison Selmer, devenue l'instrument emblématique du jazz manouche. Django en fit la sonorité caractéristique de sa musique, chaude et percussive, grâce à ses cordes en acier et sa caisse de résonance unique.
Django utilisait un médiator particulièrement épais et rigide pour obtenir une attaque franche et puissante sur les cordes en acier. Cet accessoire, combiné à sa technique à deux doigts, donnait à son jeu une précision et une vélocité stupéfiantes.
Support d'enregistrement de l'époque, les disques 78 tours en gomme laque permettaient de diffuser la musique de Django dans les cafés, les dancings et les foyers. Chaque face ne durait que trois minutes, contraignant les musiciens à condenser leur génie improvisateur.
Habitat traditionnel de la communauté Sinti et Manouche, la roulotte tirée par des chevaux constituait le foyer itinérant de Django. C'est dans une roulotte semblable qu'il faillit mourir dans l'incendie de 1928 et que sa vie de musicien fut radicalement transformée.
Après sa tournée américaine de 1946, Django adopta la guitare électrique, symbolisant sa volonté constante de se renouveler. La Gibson ES-300 lui permit d'explorer le bebop et d'élargir ses sonorités vers de nouveaux horizons musicaux.
Objet de prédilection de Django hors scène, la canne à pêche symbolisait sa passion pour la nature et la vie tranquille au bord de la Seine à Samois. Il disparaissait souvent des heures, voire des jours, pour pêcher, au grand désespoir de ses partenaires musicaux.
Programmes scolaires
Vie quotidienne
Matin
Django se levait rarement avant midi, fidèle au rythme des musiciens de nuit. Il commençait la journée lentement, café fort et cigarette, souvent dans sa roulotte ou dans un appartement de fortune à Paris. Il ne lisait pas les journaux et s'informait de l'actualité au café, par la conversation.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés à la pêche au bord de la Seine ou à des parties de billard interminables dans les cafés de Montparnasse ou Saint-Germain. Il pouvait aussi disparaître des heures pour jouer aux cartes avec d'autres Manouches, oubliant répétitions et rendez-vous professionnels.
Soir
Les soirées commençaient avec les répétitions tardives, souvent improvisées, puis les concerts dans les clubs de jazz parisiens — le Hot Club, le Melody's Bar, les caves de Saint-Germain. Django jouait jusqu'à l'aube, improvisant interminablement, puis s'attardait avec les musiciens autour d'un verre de vin rouge.
Alimentation
Django mangeait simplement, avec les habitudes de la communauté manouche : ragoûts, gibier, plats mijotés cuisinés sur feu de bois ou par sa mère Négros. Il aimait le vin rouge ordinaire et la bière, et ne s'embarrassait pas des raffinements de la cuisine bourgeoise parisienne.
VĂŞtements
Django portait des costumes sombres, souvent légèrement froissés, avec une cravate et parfois un chapeau à larges bords. Son style était celui d'un musicien de jazz européen des années 1930-40, entre élégance de scène et désinvolture naturelle. Il arborait fréquemment une cigarette aux lèvres, y compris sur scène.
Habitat
Django a longtemps vécu dans des roulottes avec sa famille et la communauté manouche en périphérie de Paris. Avec le succès, il loua des appartements à Paris, mais retournait régulièrement vivre au campement. En fin de vie, il s'installa dans une maison à Samois-sur-Seine, au bord de l'eau, restant toujours proche de la nature et de l'eau.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie
30e festival Django Reinhardt Samois-sur-Seine
Django Reinhardt (Gottlieb 07301)

Christian Cascio au Forum des images
(Portrait of Django Reinhardt, Aquarium, New York, N.Y., ca. Nov. 1946) (LOC) (4843142229)
Django Reinhardt (Gottlieb 07301)
Django Reinhardt Plaque Samois

Maccaferri G40 DeLuxe Arch-top - Plastic Mac
Django Reinhardt (Gottlieb 07301) - Original
Style visuel
Esthétique jazz parisien des années 1930-40 : clair-obscur dramatique, tons sépia et ambre, ambiance cave enfumée avec affiches Art Déco et silhouettes élégantes en costumes d'époque.
Prompt IA
1930s-1940s Paris jazz scene, warm sepia and amber tones, film noir aesthetic with dramatic chiaroscuro lighting. A Romani Manouche guitarist on a small wooden stage, dark suit slightly worn, cigarette dangling from lips, paralysed fingers visible on the fretboard. Parisian café interior: bentwood chairs, marble-topped tables, smoke-stained walls, low hanging lamps casting golden pools. Art Deco typography on jazz club posters. Black-and-white photography style with warm brown undertones. Crowd of elegant Parisians in wartime fashion, 78 rpm record sleeves with vintage graphic design, Seine riverbank at twilight with caravans and campfire smoke in the distance.
Ambiance sonore
Ambiance de cave jazz parisienne des années 1930-40, guitare manouche en dialogue avec un violon, brouhaha de brasserie et atmosphère enfumée d'un Paris sous l'Occupation.
Prompt IA
Warm swing jazz in a Parisian cave or dance hall, 1930s-1940s. Acoustic Selmer-Maccaferri guitar with rapid arpeggios and syncopated rhythms, upright double bass walking steadily, violin soaring with vibrato above the chords. Background noise of clinking glasses, murmuring café crowd, occasional laughter, cigarette smoke implied in the warm reverb. Rain on Parisian cobblestones outside. Wax cylinder or 78 rpm recording ambience, slightly warm and saturated sound. Occasional tram passing in the street. The intimate atmosphere of the Hot Club de France, small stage, close microphones, musicians breathing with the music.
Source du portrait
Wikimedia Commons




