Marlène Dietrich(1901 — 1992)
Marlène Dietrich
États-Unis, Troisième Reich, république de Weimar, Empire allemand, Reich allemand
9 min de lecture
Actrice et chanteuse germano-américaine, Marlène Dietrich s'imposa comme une icône du cinéma hollywoodien des années 1930. Refusant de collaborer avec le régime nazi, elle s'engagea aux côtés des Alliés durant la Seconde Guerre mondiale.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je ne suis pas une légende, je suis une femme. »
« L'Amérique m'a pris en charge quand l'Allemagne m'a abandonnée. »
Faits marquants
- 1901 : naissance à Berlin (Empire allemand)
- 1930 : révélation mondiale avec L'Ange bleu de Josef von Sternberg
- 1939 : naturalisée citoyenne américaine, refusant de rentrer en Allemagne nazie
- 1944-1945 : tourne dans les camps alliés pour soutenir les soldats américains sur le front européen
- 1992 : décès à Paris ; inhumée à Berlin après des obsèques controversées
Œuvres & réalisations
Premier grand film sonore allemand réalisé par Josef von Sternberg, dans lequel Dietrich incarne la chanteuse de cabaret Lola Lola. Ce rôle révèle au monde entier son talent et sa présence scénique unique, lui ouvrant les portes de Hollywood.
Film hollywoodien de Von Sternberg dans lequel Dietrich incarne Shanghai Lily, une aventurière mystérieuse. Ce film illustre à son apogée l'esthétique glamour et les jeux de lumière qui définissent leur collaboration.
Dernier film de la collaboration Von Sternberg–Dietrich, considéré par le réalisateur comme son chef-d'œuvre visuel. Il marque la fin d'une période créative unique dans l'histoire du cinéma.
Dietrich parcourut l'Afrique du Nord, l'Italie, la France et l'Allemagne pour chanter devant plus de 500 000 soldats alliés, souvent à quelques kilomètres du front. Cet engagement lui valut la Médaille de la Liberté américaine.
Version anglaise de la célèbre chanson allemande enregistrée pour les soldats alliés, devenue l'un des symboles musicaux de la Seconde Guerre mondiale. Dietrich s'appropria cette chanson née du camp adverse pour en faire un hymne à la paix.
Film documentaire réalisé par Maximilian Schell dans lequel Dietrich, refusant d'être filmée, se confie uniquement en voix off. Document exceptionnel sur sa vie et ses souvenirs, tourné alors qu'elle vivait déjà recluse.
Anecdotes
Marlène Dietrich fut l'une des premières actrices à porter des pantalons en public dans les années 1930, ce qui scandalisa la bourgeoisie parisienne. La ville de Paris lui interdit même temporairement l'accès à certains lieux pour « travestissement ». Elle continua malgré tout, faisant de ce choix vestimentaire un acte de liberté féminine.
Lorsque Adolf Hitler lui proposa de revenir en Allemagne pour devenir la grande star du cinéma du IIIe Reich, Dietrich refusa catégoriquement. Elle obtint la nationalité américaine en 1939 et consacra une large part de sa fortune personnelle à soutenir les réfugiés juifs fuyant le nazisme.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Marlène Dietrich parcourut plus de 500 000 kilomètres pour chanter devant les troupes alliées, souvent à quelques kilomètres du front. Elle se produisit en Afrique du Nord, en Italie et jusqu'en Allemagne occupée, malgré les risques réels pour sa vie. Le général Patton lui remit personnellement la Médaille de la Liberté en 1947.
Sur le tournage de L'Ange bleu (1930), le réalisateur Josef von Sternberg tomba éperdument amoureux d'elle. Leur collaboration donna naissance à sept films et une esthétique visuelle unique — jeux d'ombres, lumières de studio sophistiquées — qui redéfinit le glamour au cinéma. Dietrich contrôlait elle-même les éclairages qui la filmaient, exigeant que la lumière vienne toujours d'en haut.
À la fin de sa vie, Dietrich vécut recluse dans son appartement parisien de l'avenue Montaigne pendant près de douze ans, refusant d'être photographiée ou filmée. Elle accordait encore des interviews téléphoniques, mais ne voulait plus que le monde voie son visage vieilli. Elle mourut en 1992 à l'âge de 90 ans et fut enterrée à Berlin, la ville qu'elle avait fuie cinquante ans plus tôt.
Sources primaires
Je n'ai jamais voulu être une légende. Je voulais simplement vivre ma vie selon mes propres règles, sans me soumettre à ceux qui voulaient me dicter qui je devais être.
Je suis venue chanter pour vos soldats parce que c'est la seule chose que je pouvais faire contre Hitler. Ma voix était mon arme.
Je jure allégeance aux États-Unis d'Amérique et renonce à toute fidélité envers tout autre État ou souverain étranger.
Glamour is what I sell, it's my stock in trade. But I have never confused it with life itself.
Lieux clés
Quartier natal de Marlène Dietrich, aujourd'hui marqué d'une étoile dorée à son nom sur le trottoir de la Leberstrasse. C'est dans la bouillonnante Berlin de Weimar qu'elle fit ses premières armes de chanteuse de cabaret.
C'est dans ces studios légendaires que fut tourné L'Ange bleu en 1929-1930, le film qui lança la carrière internationale de Dietrich. Les studios UFA étaient alors le Hollywood européen.
Dietrich s'installa à Hollywood dès 1930 sous contrat avec la Paramount, tournant sept films emblématiques avec Josef von Sternberg. Elle y vécut pendant la guerre et y construisit sa légende américaine.
La salle de spectacle parisienne où Marlène Dietrich triompha à plusieurs reprises dans les années 1950-1960. Bruno Coquatrix lui réserva un accueil triomphal qui consacra son statut de star mondiale du music-hall.
C'est dans son appartement de l'avenue Montaigne que Dietrich passa les douze dernières années de sa vie, recluse et refusant de paraître en public. Elle y mourut le 6 mai 1992.
Lieu de sépulture de Marlène Dietrich, selon son souhait d'être enterrée près de la tombe de sa mère à Berlin. Son retour posthume symbolise la réconciliation avec la ville qu'elle avait quittée pour fuir le nazisme.






