Duke Ellington(1899 — 1974)

Duke Ellington

États-Unis

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MusiqueCompositeur/triceXXe sièclePremière moitié et milieu du XXe siècle aux États-Unis : essor du jazz à l'époque de la Renaissance de Harlem, des années folles et du swing, dans une Amérique encore marquée par la ségrégation raciale.

Duke Ellington (1899-1974) est un pianiste, compositeur et chef d'orchestre américain, figure centrale du jazz. Pendant près d'un demi-siècle, il dirige son big band et compose des milliers d'œuvres qui élèvent le jazz au rang d'art majeur.

Questions fréquentes

Duke Ellington (1899-1974) est un pianiste, compositeur et chef d'orchestre américain qui a dirigé son big band pendant près d'un demi-siècle. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a élevé le jazz au rang d'art majeur, en composant des milliers d'œuvres qui mêlent sophistication harmonique et énergie rythmique. Moins un simple entertainer qu'un véritable architecte sonore, il a su imposer le jazz dans des salles prestigieuses comme le Carnegie Hall dès 1943. Son importance historique tient aussi à sa longévité : il a traversé l'ère du swing, la guerre, et le mouvement des droits civiques, tout en restant créatif.

Citations célèbres

« Il n'existe que deux sortes de musique : la bonne et la mauvaise. »

Faits marquants

  • Né le 29 avril 1899 à Washington D.C., il apprend le piano enfant et est surnommé « Duke » pour son élégance.
  • De 1927 à 1931, son orchestre est en résidence au Cotton Club de Harlem ; les retransmissions radio le rendent célèbre dans toute l'Amérique.
  • En 1931, il enregistre « It Don't Mean a Thing (If It Ain't Got That Swing) », qui annonce l'ère du swing.
  • En 1943, il donne un concert historique au Carnegie Hall et y crée sa suite « Black, Brown and Beige ».
  • Mort le 24 mai 1974 à New York, il laisse une œuvre de plusieurs milliers de compositions.

Œuvres & réalisations

Mood Indigo (1930)

L'une de ses ballades les plus célèbres, à la sonorité douce et mélancolique, devenue un standard du jazz.

It Don't Mean a Thing (If It Ain't Got That Swing) (1932)

Morceau qui popularisa le mot « swing » et annonça toute une ère de la musique de danse.

Sophisticated Lady (1933)

Ballade élégante illustrant son talent de mélodiste, reprise par d'innombrables musiciens.

Take the 'A' Train (1941)

Signé Billy Strayhorn, ce morceau devint l'indicatif de l'orchestre et son thème le plus reconnaissable.

Black, Brown and Beige (1943)

Vaste suite créée au Carnegie Hall racontant l'histoire des Afro-Américains, ambition rare pour le jazz de l'époque.

Concert de Newport (Diminuendo and Crescendo in Blue) (1956)

Performance légendaire qui ressuscita sa carrière et fit de lui une figure de la couverture du Time.

Sacred Concerts (1965-1973)

Série de concerts mêlant jazz, gospel et musique sacrée, qu'Ellington considérait comme son œuvre la plus importante.

Music Is My Mistress (1973)

Son autobiographie, où il revient sur près d'un demi-siècle de carrière et de vie de tournée.

Anecdotes

Son vrai prénom est Edward, mais un ami d'enfance le surnomme « Duke » (le Duc) à cause de ses manières raffinées et de son élégance vestimentaire. Le surnom lui restera toute sa vie et deviendra une véritable marque.

À partir de 1927, son orchestre devient célèbre au Cotton Club de Harlem, dont les concerts sont diffusés à la radio dans toute l'Amérique. Pourtant, ce club réservait sa salle à une clientèle blanche : les musiciens noirs y jouaient mais les spectateurs noirs n'y étaient pas admis, en pleine époque de ségrégation.

Au festival de Newport en 1956, le saxophoniste Paul Gonsalves enchaîne 27 chorus (refrains improvisés) d'affilée dans « Diminuendo and Crescendo in Blue ». Le public se lève et danse, relançant la carrière d'Ellington qui fera la couverture du magazine Time peu après.

En 1965, le jury du prix Pulitzer refuse de lui accorder une distinction spéciale. Ellington, alors âgé de 66 ans, répond avec humour : « Le destin est bon avec moi. Le destin ne veut pas que je devienne trop célèbre trop jeune. »

Sa chanson la plus célèbre, « Take the 'A' Train », a été composée par son collaborateur Billy Strayhorn à partir des indications de métro qu'Ellington lui avait données pour venir chez lui à Harlem : il fallait « prendre la ligne A ».

Sources primaires

Music Is My Mistress (autobiographie) (1973)
La musique est ma maîtresse, et elle ne joue les seconds violons pour personne.
Réaction au refus du prix Pulitzer (1965)
Le destin est bon avec moi. Le destin ne veut pas que je devienne trop célèbre trop jeune.
It Don't Mean a Thing (If It Ain't Got That Swing) — refrain (1932)
Ça ne veut rien dire si ça n'a pas le swing.
Définition personnelle de la bonne musique (vers 1960)
Il n'existe que deux sortes de musique : la bonne musique, et l'autre.

Lieux clés

Washington D.C.

Ville natale d'Ellington, où il grandit dans une famille de la classe moyenne noire et apprit le piano.

Cotton Club, Harlem (New York)

Club célèbre où son orchestre se produisit à partir de 1927 et acquit une renommée nationale grâce à la radio.

Carnegie Hall, New York

Salle prestigieuse où Ellington créa en 1943 sa grande suite « Black, Brown and Beige », hissant le jazz au rang d'art savant.

Newport, Rhode Island

Lieu du festival de jazz de 1956 où un concert mémorable relança sa carrière.

Paris, France

Étape de ses tournées européennes dès 1933, où le public accueillit le jazz américain avec enthousiasme.

New York

Ville où Ellington vécut une grande partie de sa vie et où il mourut en 1974.

Voir aussi