Edward Albee(1928 — 2016)

Edward Albee

États-Unis

7 min de lecture

SpectacleLettresDramaturgeÉcrivain(e)XXe siècleThéâtre américain de l'après-guerre et de la seconde moitié du XXe siècle, marqué par l'influence du théâtre de l'absurde européen

Dramaturge américain majeur du XXe siècle, figure du théâtre de l'absurde aux États-Unis. Il s'impose en 1962 avec *Qui a peur de Virginia Woolf ?* et remporte trois fois le prix Pulitzer de théâtre.

Questions fréquentes

Edward Albee est un dramaturge américain majeur du XXe siècle, souvent considéré comme la figure américaine du théâtre de l'absurbe. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a imposé un langage scénique cruel et provocant, en rupture avec le réalisme psychologique dominant. Son chef-d'œuvre, Qui a peur de Virginia Woolf ? (1962), a fait scandale par sa violence verbale et a remporté le Tony Award. Albee a obtenu trois fois le prix Pulitzer du théâtre, une rareté qui souligne son influence durable sur la dramaturgie contemporaine.

Faits marquants

  • Né en 1928 à Washington, adopté par une riche famille new-yorkaise
  • 1959 : premier succès avec la pièce en un acte *Zoo Story* (Histoire du zoo)
  • 1962 : triomphe de *Qui a peur de Virginia Woolf ?*, adapté au cinéma en 1966 avec Elizabeth Taylor et Richard Burton
  • Lauréat de trois prix Pulitzer de théâtre (1967, 1975, 1994)
  • Mort en 2016 à Montauk (État de New York)

Œuvres & réalisations

The Zoo Story (Histoire du zoo) (1959)

Pièce en un acte mettant face à face deux hommes sur un banc de Central Park. Premier succès d'Albee, elle l'impose comme une voix nouvelle du théâtre américain.

The American Dream (Le Rêve américain) (1961)

Satire grinçante de la famille américaine et de ses idéaux factices, dans la veine du théâtre de l'absurde.

Qui a peur de Virginia Woolf ? (Who's Afraid of Virginia Woolf?) (1962)

Son chef-d'œuvre : une nuit de joutes verbales féroces entre un couple universitaire et leurs invités. Triomphe à Broadway, porté à l'écran en 1966.

A Delicate Balance (Délicate Balance) (1966)

Drame familial sur la peur et les liens du sang qui lui vaut son premier prix Pulitzer en 1967.

Seascape (Paysage marin) (1975)

Pièce où un couple humain rencontre sur une plage deux créatures lézard sorties de l'océan ; deuxième prix Pulitzer.

Three Tall Women (Trois femmes grandes) (1991)

Portrait d'une femme âgée à trois âges de sa vie, inspiré de sa mère adoptive ; troisième prix Pulitzer, signe de son grand retour.

The Goat, or Who Is Sylvia? (La Chèvre) (2002)

Tragédie provocante sur les limites de l'amour et de la tolérance, récompensée par le Tony Award de la meilleure pièce.

Anecdotes

Edward Albee est adopté à l'âge de dix-huit jours par un couple richissime : son grand-père adoptif, Edward Franklin Albee II, possédait l'un des plus grands empires de théâtres de vaudeville des États-Unis. Le petit Edward reçoit son prénom mais grandira en conflit avec sa famille, surtout avec sa mère adoptive Frances, autoritaire et distante.

Sa première pièce, *The Zoo Story* (*Histoire du zoo*), écrite pour ses trente ans, ne trouve d'abord aucune salle à New York. C'est finalement à Berlin, en 1959, qu'elle est créée — en allemand ! — avant de revenir triompher off-Broadway. Un début de carrière à rebours, de l'Europe vers l'Amérique.

En 1963, le jury du prix Pulitzer recommande *Qui a peur de Virginia Woolf ?* pour le prix de théâtre, mais le conseil d'administration refuse, jugeant la pièce trop crue et choquante. Résultat : aucun Pulitzer de théâtre n'est décerné cette année-là, et deux jurés démissionnent en signe de protestation. Albee finira par en remporter trois autres fois.

Le titre énigmatique *Qui a peur de Virginia Woolf ?* serait né d'un graffiti : Albee raconte avoir vu la phrase écrite au savon sur le miroir d'un bar de Greenwich Village. C'est un jeu de mots sur la chanson de Disney « Qui a peur du grand méchant loup ? » (en anglais « Who's Afraid of the Big Bad Wolf? »), où le « loup » devient la célèbre écrivaine Virginia Woolf.

Avant le succès, Albee enchaîne les petits boulots à New York, dont celui de coursier pour la compagnie de télégrammes Western Union. Ces années de bohème dans Greenwich Village, au milieu d'artistes désargentés, nourriront son regard acéré sur les illusions et les faux-semblants de la société américaine.

Sources primaires

Qui a peur de Virginia Woolf ? (Who's Afraid of Virginia Woolf?), réplique finale (1962)
GEORGE (chantant très doucement) : Who's afraid of Virginia Woolf... MARTHA : I... am... George... I... am.
Histoire du zoo (The Zoo Story), réplique d'ouverture de Jerry (1959)
I've been to the zoo. (Peter ne réagit pas) I said, I've been to the zoo. MISTER, I'VE BEEN TO THE ZOO!
Which Theatre Is the Absurd One? (essai d'Edward Albee, The New York Times Magazine) (25 février 1962)
The Theatre of the Absurd is an absorption-in-art of certain existentialist and post-existentialist philosophical concepts having to do, in the main, with man's attempts to make sense for himself out of his senseless position in a world which makes no sense.

Lieux clés

Washington (District de Columbia)

Ville de naissance d'Edward Albee en 1928, avant son adoption par la famille Albee.

Larchmont, New York

Banlieue cossue du comté de Westchester où Albee grandit dans la grande demeure familiale, entre nounous, précepteurs et tensions avec sa mère adoptive.

Greenwich Village, New York

Quartier bohème de Manhattan où le jeune Albee vit de petits boulots et fréquente le milieu artistique des années 1950, terreau de ses premières pièces.

Schiller-Theater, Berlin

Théâtre où *The Zoo Story* connut sa première mondiale en 1959, en allemand, lançant la carrière d'Albee depuis l'Europe.

Quartier des théâtres de Broadway, New York

Cœur du théâtre américain, où *Qui a peur de Virginia Woolf ?* triompha en 1962 et consacra Albee comme grand dramaturge.

Montauk, New York

Pointe est de Long Island où Albee possédait une maison et la fondation accueillant des artistes ; il y meurt en 2016.

Voir aussi