Femme de la bourgeoisie française rencontrée par Gustave Flaubert à Trouville en 1836, alors qu'il avait quinze ans. Cette rencontre marqua durablement l'écrivain : elle inspira le personnage de Madame Arnoux dans L'Éducation sentimentale.
Élisa Schlésinger(1810 — 1888)
Élisa Schlésinger
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Rencontre avec le jeune Gustave Flaubert à Trouville en 1836
- Inspira le personnage de Madame Arnoux dans L'Éducation sentimentale (publié en 1869)
- Figure d'un amour platonique et durable qui marqua l'œuvre de Flaubert
Œuvres & réalisations
Élisa servit de modèle au personnage de Marie Arnoux, l'épouse inaccessible aimée par Frédéric Moreau, figure centrale du roman.
Première œuvre de jeunesse où Flaubert raconte, à peine voilée, sa rencontre éblouie de Trouville.
Récit de jeunesse de Flaubert nourri du même émoi sentimental, prolongeant l'image idéalisée d'Élisa.
Aux côtés de son mari Maurice, Élisa participa à la vie d'une maison qui diffusa les plus grands compositeurs romantiques de l'époque.
Anecdotes
À l'été 1836, sur la plage de Trouville, le jeune Gustave Flaubert, âgé de quinze ans, voit Élisa Schlésinger ramasser un manteau emporté par la marée. Cette image fugace le bouleversa : il en gardera le souvenir toute sa vie et en fera la scène d'ouverture de L'Éducation sentimentale.
Élisa était mariée à Maurice Schlésinger, un éditeur de musique parisien turbulent et endetté, qui publia des œuvres de Chopin, Berlioz et Liszt. Sa situation matrimoniale était compliquée : elle vivait avec Maurice avant même que son premier mari, Émile Judée, ne soit officiellement écarté.
Flaubert et Élisa entretinrent une correspondance et se revirent à plusieurs reprises au fil des décennies, mais leur relation resta vraisemblablement platonique. L'écrivain conserva pour elle une tendresse mêlée de mélancolie qui irrigua toute son œuvre.
Le personnage de Madame Arnoux, dans L'Éducation sentimentale (1869), est largement inspiré d'Élisa : l'épouse inaccessible d'un marchand d'art, objet d'un amour idéal et jamais consommé du héros Frédéric Moreau.
À la fin de sa vie, Élisa Schlésinger fut internée en Allemagne, frappée de troubles mentaux. Elle mourut à Mannheim en 1888, loin de la France où sa silhouette avait marqué l'imaginaire d'un des plus grands romanciers français.
Sources primaires
Ce fut comme une apparition : elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne, dans l'éblouissement que lui envoyèrent ses yeux.
Je ne sais quel sentiment de béatitude m'enivrait à voir cette femme, et je la regardais ; il me semblait que je l'avais connue ailleurs, et que cette enfant, je la retrouvais.
Flaubert évoque dans ses lettres « la grande passion de ma jeunesse » et le souvenir vivace de Trouville, qui revient comme une obsession au fil des années.
Lieux clés
Station balnéaire normande où Flaubert, âgé de quinze ans, rencontra Élisa Schlésinger durant l'été 1836. Le lieu fondateur de sa grande émotion de jeunesse.
Ville où vivait le couple Schlésinger, au cœur de l'effervescence musicale et littéraire de la monarchie de Juillet et du Second Empire.
Ville allemande où Élisa Schlésinger, atteinte de troubles mentaux, fut internée et mourut en 1888.
Propriété près de Rouen où Flaubert écrivit L'Éducation sentimentale, transposant le souvenir d'Élisa dans le personnage de Madame Arnoux.
Objets typiques

Pièce d'étoffe luxueuse que les bourgeoises drapaient sur leurs épaules en promenade. Sur la plage de Trouville, un vêtement emporté par les flots fixa l'image d'Élisa dans la mémoire de Flaubert.

Petit parasol que les femmes de la bourgeoisie portaient pour préserver la blancheur de leur teint. Accessoire indispensable des promenades estivales en bord de mer.

Feuillet imprimé que la maison d'édition de Maurice Schlésinger diffusait dans toute l'Europe. Ces partitions firent connaître Chopin, Berlioz et Liszt au public parisien.

Support de la correspondance qu'Élisa et Flaubert échangèrent au fil des décennies. Le courrier était le principal lien entre proches éloignés au XIXe siècle.

Toilette féminine à large jupe soutenue par une armature, emblématique de la mode bourgeoise du Second Empire. Symbole de respectabilité et de raffinement.

Voiture à cheval découverte utilisée par la bourgeoisie pour les promenades et les déplacements urbains. Lieu de sociabilité et de représentation dans le Paris du XIXe siècle.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
La matinée d'une bourgeoise parisienne commençait par une longue toilette assistée d'une domestique : coiffure, corset et robe soignée. On lisait ensuite le courrier et l'on planifiait les visites et les achats de la journée.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux promenades, aux visites mondaines et, l'été, aux bains de mer à Trouville. Élisa, mariée à un éditeur de musique, fréquentait aussi les salons où l'on jouait du piano.
Soir
La soirée se passait souvent au théâtre, à l'opéra ou lors de réceptions où se croisaient artistes et compositeurs. Les Schlésinger, au cœur du milieu musical, recevaient et sortaient beaucoup.
Alimentation
La table bourgeoise du XIXe siècle était abondante : viandes en sauce, pâtisseries, fruits et café. Les repas, codifiés, étaient autant de moments de sociabilité et de représentation sociale.
Vêtements
Élisa portait les toilettes raffinées de la bourgeoisie : robes à jupe ample, châle de cachemire, ombrelle et bonnet. La mode évolua de la taille marquée des années 1830 à l'ampleur de la crinoline sous le Second Empire.
Habitat
Le couple vivait dans un appartement parisien bourgeois, meublé avec soin et pourvu d'un piano, instrument indispensable d'un foyer mêlé au monde musical. L'été ramenait la famille vers les stations balnéaires normandes.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Inspiration de Madame Arnoux (L'Éducation sentimentale)
1869
Inspiration des Mémoires d'un fou
1838
Inspiration de Novembre
1842
Soutien à la maison d'édition musicale Schlésinger
1834-1846






