Emil Fischer (1852-1919) est un chimiste allemand considéré comme l'un des fondateurs de la chimie organique moderne. Ses travaux sur les sucres, les purines et les protéines lui valent le prix Nobel de chimie en 1902.
Emil Fischer(1852 — 1919)
Emil Fischer
Allemagne, Empire allemand
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1852 à Euskirchen, près de Cologne (Allemagne)
- Élucide la structure et la stéréochimie des sucres (glucose, fructose) à partir de 1884
- Reçoit le prix Nobel de chimie en 1902 pour ses travaux sur les sucres et les purines
- Formule en 1894 le modèle « clé-serrure » expliquant la spécificité des enzymes
- Meurt en 1919 à Berlin
Œuvres & réalisations
Composé devenu l'outil universel pour l'étude des sucres ; il fonde toute la méthode d'analyse de Fischer.
Première fabrication en laboratoire de sucres naturels, prouvant que la chimie peut recréer les molécules du vivant.
Fischer relie et synthétise caféine, théobromine et acide urique, fondant la chimie d'une grande famille de molécules biologiques.
Concept fondateur de la biochimie : il explique la spécificité des enzymes, toujours enseigné aujourd'hui.
Récompense ses travaux sur les sucres et les purines ; il est le deuxième lauréat de l'histoire de ce prix.
Fischer relie des acides aminés en chaînes, ouvrant la voie à la compréhension de la structure des protéines.
Notation graphique pour représenter la configuration spatiale des molécules, devenue un standard de la chimie organique.
Anecdotes
En 1875, alors jeune chimiste, Emil Fischer découvre la phénylhydrazine, un composé qui deviendra son outil de prédilection pour étudier les sucres. Ironie cruelle : cette substance qu'il manipula toute sa vie lui causa de graves problèmes de santé (eczéma chronique et troubles digestifs), illustrant les dangers méconnus de la chimie à l'époque.
Fischer réussit en 1890 la synthèse totale du glucose, du fructose et du mannose à partir de la glycérine. Ce tour de force prouvait qu'on pouvait fabriquer en laboratoire des molécules jusque-là réservées au vivant, un coup décisif contre l'idée d'une mystérieuse « force vitale » propre aux êtres vivants.
Pour expliquer comment une enzyme reconnaît précisément la molécule sur laquelle elle agit, Fischer propose en 1894 la célèbre image de la « clé et de la serrure » : chaque enzyme s'emboîte dans son substrat comme une clé dans une serrure. Cette métaphore est encore enseignée aujourd'hui dans tous les cours de biologie.
La Première Guerre mondiale brisa Emil Fischer : deux de ses trois fils moururent, l'un au combat, l'autre par suicide après un entraînement militaire éprouvant. Accablé par ces deuils, malade et déprimé, le grand chimiste mit fin à ses jours en 1919.
Quand Fischer reçut le prix Nobel de chimie en 1902, il n'était que le deuxième lauréat de l'histoire de cette récompense, tout juste créée. Son nom reste attaché à d'innombrables notions de chimie organique : projection de Fischer, estérification de Fischer, synthèse indolique de Fischer.
Sources primaires
Pour utiliser une image, je dirai qu'enzyme et glucoside doivent s'emboîter l'un dans l'autre comme une clé et sa serrure, afin de pouvoir exercer une action chimique l'un sur l'autre.
La synthèse artificielle du sucre de raisin (glucose) et de plusieurs sucres apparentés montre que ces composés, longtemps considérés comme exclusivement produits par la nature vivante, sont accessibles au chimiste.
Les transformations que j'ai pu réaliser dans le groupe des purines m'ont conduit à la synthèse de la caféine, de la théobromine et de l'acide urique, établissant la parenté de ces substances naturelles.
En reliant les acides aminés entre eux par une liaison amide, j'ai pu obtenir des chaînes que j'appelle polypeptides, lesquelles se rapprochent par leurs propriétés des protéines naturelles.
Lieux clés
Ville natale de Fischer, près de Cologne, où il grandit dans une famille de commerçants prospères.
Fischer y obtient son doctorat en 1874 auprès d'Adolf von Baeyer et y découvre la phénylhydrazine.
Professeur de chimie de 1885 à 1892, Fischer y mène ses travaux décisifs sur la synthèse des sucres.
Fischer y occupe à partir de 1892 la prestigieuse chaire de chimie, où il étudie les purines, les protéines et bâtit l'un des plus grands laboratoires d'Europe.
Fischer y suit von Baeyer et débute sa carrière de chercheur, dans l'effervescence de l'école de chimie organique bavaroise.
Objets typiques

Réactif chimique découvert par Fischer en 1875, utilisé pour identifier et caractériser les sucres en formant des cristaux d'osazones. Sa manipulation lui ruina la santé.

Verrerie de base du laboratoire de chimie organique, où Fischer chauffait, mélangeait et cristallisait ses composés. Le travail patient à la paillasse était au cœur de sa méthode.

Représentation graphique inventée par Fischer pour dessiner sur papier la configuration spatiale des sucres et autres molécules à carbones asymétriques. Outil toujours enseigné aujourd'hui.

Instrument indispensable pour peser exactement les réactifs et les produits obtenus, garantissant la rigueur quantitative des analyses de Fischer.

Appareil mesurant la déviation de la lumière polarisée par une solution, essentiel pour distinguer les sucres aux structures en miroir (isomères optiques) qu'étudiait Fischer.

Cahier où Fischer consignait méticuleusement protocoles, observations et résultats de ses centaines d'expériences sur les sucres et les protéines.
Programmes scolaires
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Fischer arrivait tôt à son institut de chimie, parcourant les paillasses pour suivre l'avancée des expériences de ses nombreux étudiants et assistants. Il discutait protocoles et résultats, exigeant rigueur et précision dans chaque manipulation.
Après-midi
L'après-midi se passait au laboratoire et dans son bureau, à concevoir de nouvelles synthèses, analyser les cristaux obtenus et rédiger ses articles. Il dirigeait l'un des plus grands groupes de recherche d'Europe, formant des dizaines de futurs grands chimistes.
Soir
Le soir, Fischer lisait la littérature scientifique, correspondait avec d'autres savants européens et préparait ses cours. Il participait aussi à la vie académique berlinoise et aux sociétés savantes.
Alimentation
Bourgeois aisé de l'Allemagne wilhelmienne, Fischer prenait des repas copieux typiques de la cuisine allemande : viandes, pommes de terre, pain, accompagnés de vin ou de bière. Ses troubles digestifs chroniques, liés à l'exposition aux produits chimiques, l'obligèrent toutefois à surveiller son alimentation.
Vêtements
Comme tout professeur d'université de l'époque impériale, il portait costume sombre trois-pièces, col dur, cravate ou nœud, et au laboratoire une blouse pour protéger ses vêtements. Sa barbe et sa moustache soignées étaient de rigueur chez les notables du Kaiserreich.
Habitat
Fischer vivait dans une confortable maison bourgeoise à Berlin, proche de son institut universitaire. Veuf très tôt, il y éleva ses trois fils et y recevait collègues et étudiants.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Découverte de la phénylhydrazine
1875
Synthèse des sucres (glucose, fructose, mannose)
1890
Élucidation de la chimie des purines
1882-1899
Modèle « clé-serrure » de l'action enzymatique
1894
Prix Nobel de chimie
1902
Synthèse des polypeptides
1901-1907
Projection de Fischer
1891






